Après une échappée dans le privé, le retour à l'Education Nationale.

Nous voilà à Villemomble, ville où je resterais de nombreuses années.Maman devient mère au foyer.papa travaille à l'extérieur.Cliché de la famille classique.Seule année où les 4 soeurs seront réunies : la première ira au lycée,la seconde au cours complémentaire, la troisième (moi) à l'école primaire et la quatrième en maternelle.

Dans ce temps là, le système scolaire voulait qu'à la fin de la 7ième l'on choisisse entre études longues et études courtes.

Si l'on (comme maintenant, je suppose que le "on" était varié et rarement l'élève...) optait pour les études courtes l'élève allait au "cours complémentaire" qui s'arrêtait à la troisième.

Pour les études longues l'élève passait un "examen d'entrée en sixième" pour intégrer le lycée éventuellement jusqu'à l'obtention des deux bacs ( hé oui il y en avaient deux; et contrairement à ce que pourraient penser les mauvais esprits pas un pour l'aller et l'autre pour le retour; mais seulement l'occasion de redoubler deux fois...).

Les volontaires pouvaient passer en 5ième le "certificat d'études" et en troisième le " brevet élémentaire".

Après la troisième quelques uns intégraient "l'Ecole Normale", devenaient instituteurs avec un engagement à servir quelques années, car leurs études étaient payées par la Nation.

En 6ième, en dehors des options langues vivantes l'on devenait "classique" ou "moderne" selon que l'on choisissait ou non le latin en matière enseignée supplémentaire.

En 4ième, outre une seconde langue vivante, l'on pouvait rajouter le grec ancien au latin.

Si mes parents nous ont dirigées vers les études longues, c'est grâce ( j'ai longtemps pensé "à cause") ma soeur ainée qui a eu l'idée saugrenue d'être excellente élève; par conséquent à la fin du primaire les instits ont supplié mes parents de la laisser continuer.

Et comme père et mère ne voulaient pas faire d'injustice, ce fut études obligatoires pour tous.

Sauf qu'il s'est avéré que soeur2 avait un gros problème d'orthographe, et qu'à ce moment là l'on ne parlait pas de dyslexie, ni d'orthophonie.

De ce fait elle ne put faire des études longues et même son CAP fut un problème pour elle,alors qu'elle n'était pas plus bête que nous, bien au contraire...

Mais revenons à moi.Pour l'instant je suis toujours en 7ième à l'école primaire.

Je n'ai aucun souvenir extraordinaire de cette année ; Au cours du premier trimestre deux filles sont venues nous rejoindre car elles avaient vite dépassé le niveau de la 8ième qui aurait due être leur classe pour l'année.Ces filles vont devenir très importantes pour moi : il s'agit d'Evelyne B. et de Joëlle M. qui seront mes meilleurs amies pendant longtemps.

Joëlle et moi, nous éloignerons peu à peu au quotidien d'Evelyne, élève trop sage pour nous, tout en lui gardant notre affection (et ce sera réciproque).

Quant à Joëlle seule notre vie d'adultes nous séparera et cela fait des années que je la recherche......

Quant à moi, je n'étais pas une élève précoce. Etaient-ce mes changements de vie successifs, mais à la fin de l'année j'étais avant dernière de ma classe.

Ce qui ne m'a pas empêchée de me présenter à l'examen d'entrée en sixième (pour les bon élèves le contrôle continue c'est bien; mais pour les cancres qui ne rentrent pas dans les "petites cases" un examen c'est mieux....)

Nous étions six à nous présenter ; arrivée devant le lycée, je vois la maman d'Evelyne vérifier une dernière fois si dans sa trousse sa fille avait bien tout ce qu'il fallait.

Etonnement de ma part : j'étais venue les mains vides et n'avaient même pas de trousse.Cette maman s'est alors précipitée à l'épicerie-librairie du coin et m'a vite achetée ce qu'il me fallait.Je ne me souviens plus si mes parents l'ont su et l'on remerciée ;en tous cas : Merci Madame je vous dois beaucoup .......

En fait mon père était toujours absent et ma mère n'étant pas faite pour être mère au foyer est devenue dépressive, s'est mise à boire et ne s'habillait que le Week-end.Elle faisait ce qu'elle pouvait pour s'occuper de nous , nous faisait à manger ,mais pour ce qui était de l'école nous nous débrouillions toutes seules.

Ma soeur ainée demandera vite à repartir à Montpellier chez ma grand mère paternelle; mais ne pleurez pas sur mon sort , car j'ai toujours eu une innocence et une inconscience qui m'ont permis de vivre ma vie dans la bonne humeur en m'adaptant aux évènements....

L'examen d'entrée en sixième fut tellement difficile, qu'un second fut organisé.

Pour ma part je fus reçue dés la première édition; mais l'avais-je vraiment mérité, car figurez vous que j'avais un peu triché!

En effet en Français, le texte parlait d'une histoire de bille coincée dans un trou (en tous cas je ne me souviens que de ce passage là.....)

Et à la dernière question, l'on nous demanda de dessiner la bille coincée dans le trou.

Or pour moi (allez savoir pourquoi? ) ce trou ne pouvez être que rond.

Comment dessiner une bille ronde coincée dans un trou rond pour que l'on voit à la fois la bille et le trou?

Je n'y arrivais pas, et j'ai donc levée la tête désespérée, me disant que ce devait-être un piège, que les autres non plus ne devaient pas y arriver.....Que nenni!!! Ils avaient tous la tête baissée.mais qu'est ce qu'ils pouvaient bien faire ? et alors que vis-je ?

Mon voisin avait dessiné UN TROU CARRE ...j'ai trouvé cela génial et.....Oh Honte....j'ai copié et fait un trou carré..

Et depuis, je me demande toujours si ma réussite à cet examen était mérité ?

Extrait de " Les doigts pleins d'encre" de Doisneau et Cavana (édition "France Loisirs")