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dimanche, août 12 2012

Delphine de Vigan: "Rien ne s'oppose à la nuit"/ VS réseau sociaux


Voici un livre presque choisi par défaut: il me semblait en avoir entendu parler favorablement; donc, adhérente "France Loisirs" depuis le début des années 1970 pourquoi ne pas choisir celui là comme livre trimestriel...Depuis m'est revenu qu'il a été le vainqueur, catégorie roman, du prix 2012 des lectrices de "Elle".
Il est de bon ton ,en ce moment, de considérer avec beaucoup de mépris cet hebdomadaire. Et si je suis d'accord depuis quelques mois pour trouver que les articles n'ont plus la même qualité qu'auparavant, au point de songer à ne pas renouveler mon abonnement, moi qui le lis depuis mon adolescence; j'ai, par contre, rarement été déçue  à la lecture du livre gagnant ce prix (contrairement aux prix Goncourt, Fémina ou autres). De plus j'adore les livres et les sagas familiales.

L'histoire telle qu'elle est décrite en 4ième de couverture commence ainsi: "Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts et le retentissement du désastre."
Diantre!
Mais ce n'est pas tout: "aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence."
Je dois avouer que j'ai trouvé ceci un peu obscure, et me suis plongée dedans sceptique, ayant pris, à mes côtés  comme roue de secours une BD en ce jour où je me sentais un peu fatiguée.

L'HISTOIRE

Elle commence par la découverte de la mère décédée; très vite on comprends qu'elle s'est suicidée.
Au bout de quelques pages je vérifie sur la couverture qu'il s'agit bien d'un roman car Delphine semble raconter l'histoire de sa famille.
Il est bien indiqué "roman" sous le titre.

La première partie remonte à l'enfance et à la jeunesse de cette mère.
Mais bien que Delphine n'apparaisse pas dans cette partie, je suis certaine maintenant qu'elle parle de sa famille. Elle précise même combien il lui fut difficile de trouver certains éléments et comment elle a du enquêter avec persévérance pour recueillir un maximum d'informations.

Dans la deuxième et la troisième partie le "je" prend toute sa place et on ressent avec elle toutes les difficultés à vivre la folie de sa mère bipolaire. Les doutes, l'envie de fuir, l'envie de protéger, l'amour, la haine, la honte, l'angoisse jusqu'au moment où tout craque...Puis s'apaise, l'espoir...

L’ÉCRITURE

Si l'histoire de cette famille est prenante, ce livre est cependant beaucoup plus.
Pourquoi l'avoir publié comme roman et non comme biographie, ou auto-biographie?
Par honnêteté: elle n'a pas connu sa mère enfant; ce qu'on lui a dit l'a été par des personnes qui ne pouvaient pas être neutres.
De plus jusqu'où a-t-on le droit d'écrire sur d'autres personnes elles aussi impliquées? Ainsi du père, dont elle dit que chez lui elle a connu d'autre violences, différentes; et plus tard on apprend que la seconde femme de ce père s'est suicidée; sans autres précisions.
Pourtant ces éléments pourraient expliquer certains comportements de sa mère...
Elle a aussi demandé à ses oncles, tantes et à sa soeur si elles l'autorisaient à écrire ce livre.
Voilà pourquoi pour elle ce n'était qu'un roman, non seulement parce qu'elle ne savait pas tout; mais surtout parce que pour protéger les autres, et par respect, elle n'avait pas le droit de dire tout ce qu'elle savait.

Et maintenant pourquoi dans mon titre je parle des réseaux sociaux
?

Parce que lorsque je vois les précautions prises par l'auteure de ce livre j'ai toute de suite pensé à la facilité avec laquelle nous pouvions communiquer sur nos états d'âmes, au vu et au sus de tous.
Que ce soit sur les blogs, sur Facebook, ou sur Twitter la plupart des personnes que je lis, évitent de citer nommément ou de mettre des photos, des gens dont ils parlent.
Mais il m'est arrivé d'être gênée. Notamment par des blogs ouverts à tous, sur lesquels des parents fiers de leur progéniture, les exposent aux regards, sans protection.
Même si c'est de plus en plus rare cela arrive encore.
Je trouve que Delphine de Vigan nous donne à tous une belle leçon de respect de l'autre.

Sinon, cela faisait des années que je n'avais pas lu d'une traite, en une journée, un roman. J'en ai même oublié de manger le plat que j'avais mis à chauffer au micro-onde. C'est dire à quel point cette histoire m'a prise aux tripes.


lundi, février 13 2012

Mo Yan: "la dure loi du Karma"


DEPAYSANT-INSTRUCTIF-JUBILATOIRE parfois PICARESQUE

 Mo Yan est  né en 1956 au sein d'une famille paysanne du Shandong et il connait l'univers qu'il décrit.
Ce livre a pour cadre un village de la Chine profonde et raconte la vie de Ximen Nao, condamné à être ré-incarné en divers animaux.
Qu'il vive la vie d'un âne, d'un boeuf, d'un chien ou d'un singe, en fait c'est lui le narrateur principal, avec un de ses petits fils par alliance...(Vous comprendrez en lisant).
Parmi les personnages on trouve aussi un enfant enquiquinant car mettant son grain de sel partout, et qui, adulte, deviendra un écrivain nommé Mo Yan.

Pendant environ 50 ans (de 1950 à nos jours) nous suivons les aventures d'une communauté de villageois.
Nous découvrons l'impact du maoïsme, de la révolution culturelle et de la société marchande sur des individus qui vont se débrouiller comme ils peuvent pour survivre ou prospérer. Chacun va s'adapter et gérer son existence, ses amours en dépit des règles qui changent au gré de la politique mise en oeuvre à Pékin.
Quant à nous, nous pénètrerons un peu dans la vie quotidienne des chinois et nous rendrons compte que, malgré toutes nos différences, nous avons souvent les mêmes rêves et les mêmes désirs.

On pourrait sous-titrer ce livre: "comment la grande Histoire percute les petites histoires"

vendredi, novembre 11 2011

"Kapisa" par Jean Christophe Hanché

J'ai toujours été attirée par les livres et les expos de photo.
Peu à peu j'affine mes goûts: je n'aime pas trop les photos transformées qui s'approchent de la peinture. J'aime les portraits, les images volées, la vie quotidienne et ma préférence va aux reportages photos.
Depuis deux ans je me fait plaisir en allant à Perpignan visiter les différentes expositions présentées à "Visa pour l'image".

Aussi lorsque Grand Fiston m'a transmis un lien pour une souscription, permettant l'édition d'un livre de photo-reportage concernant la guerre en Afghanistan, je n'ai pas résisté. Et encore moins après avoir vu quelques une des photos de l'auteur sur FB.

Je viens enfin de recevoir son livre: j'ai craint le pire car il ressemble à celui d'un reporter photographe "embedded" plusieurs semaines, suivant les hommes de l'armée française dans leurs différentes actions et leur vie quotidienne.

Mais dés que j'ai feuilleté l'ouvrage ses photos, magnifiques, m'ont de suite séduites.
J'ai ensuite aimé ses commentaires qui vont au delà de la guerre et d'une vision simplement militaire.

En effet, si à travers ses images on voit bien entendu la guerre, il arrive surtout à nous faire ressentir la peur des soldats, leurs états d'âmes parfois et pas seulement leur courage.
On entre aperçoit aussi à quel point le métier de reporter peut-être dangereux.
Et il n'oublie pas les habitants de la Kapisa, province à l'est de l'Afghanistan, qui subissent cette guerre depuis des années; dont les hommes aimeraient se rapprocher mais dont chacun doit se méfier , comme les autochtones se méfient des soldats, car c'est la guerre et on ne peut faire confiance à personne...
JC Hanché ne cache pas ses émotions que ce soit vis à vis de ces très jeunes militaires loin de chez eux, des habitants qui ne peuvent vivre une vie ordinaire; et il est capable de nous les faire ressentir en trois mots

En refermant ce livre j'ai regretté de ne pouvoir me promener dans ces paysages grandioses et haï les Hommes qui gâchaient tout cela.

Voilà tout ce que ce petit livre, avec ses quelques photos et ses petites phrases, a suscité en moi.

Si vous êtes tenté, vous pourrez le trouver ici

Et comme d'habitude ce billet n'est pas sponsorisé (au contraire d'ailleurs)...Et je ne connais pas l'auteur!

mardi, juillet 19 2011

Arnaud Le Guilcher: "PAS MIEUX"


"J'ai mis mes paumes sur les genoux. J'ai inspiré. J'ai expiré.

 A peu de choses près, j'ai mis trois poumons à m'en remettre"
Arnaud Le Guilcher

Je ne vois pas pourquoi chaque chapitre de son livre commençant par une citation, vraie ou fausse, d'un auteur connu je n'en ferais pas autant!

Son dernier livre paru "PAS MIEUX" est la suite du premier intitulé "EN MOINS BIEN" et dont je vous avais parlé ici.
Il est possible de lire l'un sans avoir lu l'autre, mais c'est quand même mieux préférable de commencer par l'un avant l'autre.

Que s'est-il passé depuis la dernière fois? Rassurez vous je ne vais pas tout vous dévoiler: ce serait dommage et surtout impossible.

Déjà dans le premier tome je trouvais qu'ALeG (qu'est ce qu'il y a? Il n'a qu'à se choisir un pseudo court s'il veut qu'on parle de lui!) avait un petit vélo qui se baladait dans sa tête. Hélas, pour mon bonheur, un second a rejoint le premier et depuis ils se font la course.

Parlons déjà de son style: un commentateur de mon précédent billet s'en est plaint.
Il est certain qu'il n'écrit pas comme un certain Marcel P.
Son écriture ressemble au langage parlé, sauf que son texte fourmille de trouvailles rigolotes, à la limite parfois du contre sens et avec même des aphorismes farfelus...Il a son style à lui, et je crois que j'ai encore plus ri en lisant ce livre qu'en lisant le précédent.
Il trouve même le moyen de parler de lui comme auteur de "En Moins Bien", ou de suggérer comment il serait possible de filmer tel ou tel passage de ce qu'il est en train d'écrire.
En tous cas, ce n'est pas parce qu'il m'a offert son livre avec son auto portrait dessiné, mon blog ayant été le premier à parler du tome 1, que je vais le flagorner: je trouve qu'il aurait pu éviter d'écrire au moins deux fois qu'il allait "s'en toucher une sans faire bouger l'autre"!
Déjà c'est du plagiat.
Ensuite si c'est toujours la même cela va créer un déséquilibre...

Et l'Histoire, l'Histoire?
Il y a toujours notre Héros looser; sauf qu'il est moins looser.
Il apprend même à être père, se lance dans la Finance sans arrière pensée; pas possible de tout vous raconter...Il y a un côté chansonnier chez lui; il se moque de notre Monde, de nos Modes... mais soudain page 330:

Elle se dirige vers moi...
Elle a quelque chose de sombre dans le regard...

Je pose mon café.

Faut que je vous laisse"

Fin du roman!



Avertissement solennel à Arnaud Le Guilcher:
Si le troisième tome n'arrive pas très vite, j'efface mes deux critiques  et les remplace par une interdiction d'acheter l'un ou l'autre de vos livres!!!



Un sac rose ou une valise ? Marié ou célibataire ? Amidonner ou blanchir ? Neverland ou Graceland ? Drogues dures ou drogues douces ? Impala ou Cayenne ? Fétichisme ou missionaire ? Un chien ou un rat ? Dolce ou Gabbana ? Un imbécile ou un génie ? La ville ou la cambrousse ? La bourse ou la vie ? Des rires ou des larmes ? Billet vert ou billet doux ? Schizophrénie ou paranoïa ? Être ou ne pas être ? Pas mieux... Quinze ans après Sandpiper, un soir de Noël, Emma revient… avec le fiston !

Je rajouterais juste à cette présentation faite sur le site de son éditeur:
Million ou Deluxe?

mercredi, juin 8 2011

"L'immeuble Yacoubian" par Alaa El Aswany

Ce livre paru pour la première fois en 2002 se passe au Caire et raconte la vie des habitants d'un immeuble.
Après l'avoir lu, on comprend mieux les révolutions du printemps dernier, notamment en Egypte: corruption, institutions non fiables, humiliations permanentes des "non puissants"; autant d'éléments qui génèrent le désespoir des habitants, qui, quoiqu'ils fassent ne peuvent sortir de leur misère.
On arrive même à comprendre celui qui d'étudiant sage en arrive à vouloir devenir "martyre"!

Ce livre, du coup, nous fait poser d'une façon encore plus aigüe la question, oh combien d'actualité: par quoi va être remplacée la dictature? comment la démocratie va-t-elle pouvoir chasser la corruption?
Bref: qui va prendre le pouvoir et pour en faire quoi, tellement la situation décrite dans cet ouvrage semble désespérée!

Je me souviens d'une promenade en calèche dans les rues de Louxor en 2005: j'ai vu derrière des grilles ouvragées des femmes enfermées; j'ai vu une mariée qui donnait l'impression d'aller à l'abattoir...
Mais ce qui m'a le plus marquée est le regard haineux d'une fillette de 10-12ans, alors que nous passions dans un quartier "informel, c'est à dire fabriqué de bric et de broc.

La récente révolution va-t-elle permettre à toutes ces personnes de mieux vivre et de trouver la place dont elles rêvent dans cette société?

Voilà toutes les interrogations qui me sont venues à l'esprit en lisant ce livre...

Il va sans dire que je vous le recommande vivement; d'autant qu'il est de lecture facile.


mardi, mars 22 2011

CELINE...


Définition du fou
:

"Un fou, ce n'est que les idées ordinaires d'un homme bien enfermées dans une tête. Le monde n'y passe pas à travers sa tête et ça suffit. Ca devient comme un lac sans rivière une tête fermée, une infection".

Louis-Ferdinand CELINE dans " Voyage au bout de la nuit"

En cette année "Céline" avortée par bêtise; en cette période, où l'ignorance est reine alors qu'il n'y a jamais eu autant de diplômé(e)s et qu'un soi-disant "politiquement correcte" prédomine; en ce moment où l'on confond l'auteur et son oeuvre: je verrais bien cette phrase comme sujet de philo au Bac...

mercredi, novembre 24 2010

Le Poulpe: "la Brie ne fait pas le moine"

Il me restait un chèque cadeau de 10€, offert l'an dernier pour Noël par mon Administration, valable jusqu'au 30 novembre 2010.
J'aurais pu avec remplir "le panier de la ménagère. Mais un cadeau de Noël ne saurait être trivial.
Aussi ne possédant qu'une petite centaine de livres en attente de lecture et n'ayant repéré que quelques livres de la bibliothèque municipale qu'il me plairait d'emprunter, je me suis précipitée chez les "Gibert" oncle et neveu pour dépenser cette manne.
Mon dévolu s'est jeté sur un livre de Siddharth Dhanvant SHANGHVI auteur totalement inconnu de moi; j'adore les cadeaux de Noël surprises et je vous en parlerai, peut-être, lorsque j'aurais lu "Les derniers flamants de Bombay".
Cependant je n'ai pu en sortant empêcher mon regard d'errer par ci par là; et voilà que sous une table j'aperçois de vieux "Poulpe" d'occasion. Et parmi ceux-ci un titre m'a particulièrement attiré, puisque habitant la Seine et Marne: "La Brie ne fait pas le moine" de Christian Rauth.

Comment cela? Vous ne connaissez pas le Poulpe?
Non! il ne s'agit pas de Paul: celui-ci est né à environ 40 ans en 1995: il s'agit de polars, dont l'auteur change régulièrement et qui a pour héros un personnage qui n'est pas un flic, ni un détective mais un type un peu anar, qui se paie sur les méchants qu'il punit (parfois définitivement...).
Bref le livre idéal, qui se lit en une soirée et qui lave la tête de quelqu'un qui a momentanément envie de s'éloigner des "amérindiens", de la vie quotidienne et du "télérama" prévu pour son trajet retour en TER.

Je suis maudite!
L'histoire se passe en Brie, dans un tout petit village et voilà que page 127 je découvre un petit libraire de la Brie profonde qui s'est entiché des "Hopis" et qui tous les ans va à Oraibi en Arizona participer à une cérémonie religieuse dans une Kiva...Bref trois pages parlant de ce dont je cherche à me désintoxiquer pour mieux vous le raconter plus tard!

Ce n'est pas tout: la réalité va continuer au fil des pages à me poursuivre...
Comme vous le savez je suis élue dans mon village.
La ville principale du canton est Coulommiers; l'augmentation de la population qui ne trouve pas d'emploi sur place est à l'origine d'une saturation de la circulation, matin et soir aux alentours de la ville. Il est absolument nécessaire de désenclaver.
Une déviation est donc prévu depuis des années.
Au début des années 2000 les communes du canton se sont mises d'accord pour que cette déviation passe au Nord de la ville: moins d'habitations, moins "d'ouvrages remarquables" à construire.
Soudainement, quelques années plus tard est apparue, sans véritable concertation, l'idée d'une déviation Sud, nécessitant 2 immenses viaducs coûteux, passant par une zone urbanisée et notamment coupant notre village en deux...
Bien entendu, depuis que ce projet se précise, nous protestons énergiquement et une association est en train de se créer, ou plus exactement de renaitre.
La plupart des villages siégeant au comité décisionnaire ne sont concernés ni par le passage Nord, ni par le passage Sud; mais sont tous pour le Sud puisque c'est l'idée du Député Maire: et ce sans que nous sachions pourquoi cette dernière option a été soudainement choisie: c'est bien là un des problème.
Certains osent même mettre en doute l'existence d'un projet "Nord"!

Revenons maintenant à mon livre: après avoir lu tout un passage sur les amérindiens  de la page 126 à 128 et croyant pouvoir à nouveau m'échapper de ce qui est actuellement mon quotidien, voilà que je lis page 130 dans ce livre écrit en 1999: "Un large trait rouge longeait les deux vallées, partant de Disney, passant par l'aéroport et contournant Coulommiers par le Nord (...) ".
Ce qui montre, non seulement que certains auteurs de cette collection sont bien documentés, mais aussi qu'un 1999 il était bien question d'une déviation "Nord"...

Bon je vous rassure: le livre se termine bien, avec quelques morts violentes; j'ai pu penser à autre chose et j'ai fait de beaux cauchemars cette nuit...

samedi, août 14 2010

Annie ERNAUX: "les années"

Elle qualifie elle même cette autobiographie d'impersonnelle.

L'explication se trouve après avoir lu les 3/4 de l'ouvrage; c'est à dire au moment où l'envie d'écrire une autobiographie lui vient.
Comment parler de soi? Et première question, quel pronom utiliser?
Le Je? Non car : "il y a dans le Je trop de permanence, quelque chose de rétréci et d'étouffant".
Le Elle? Non: "trop d'extériorité, d'éloignement dans le Elle".

Elle va alors choisir le Nous et le On. Le Nous qui nous concerne tous: celui de notre Histoire, de l'évolution de notre société; des nouveaux objets qui apparaissent, des gouvernements qui changent...
Et c'est réussi! Quelque soit notre âge, il y a toujours un moment où, grâce à elle des souvenirs nous reviennent. N'ayant que 5 années d'écart avec Annie Ernaux, pour moi cela arriva très vite; pour d'autres ce sera un peu plus tard ou alors ils comprendront mieux ce que leurs parents ou leurs grands parents leurs auront raconté...

Mais où est l'autobiographie vont demander les plus curieux?
Régulièrement et au milieu des paragraphes ( il n'y a pas de chapitres, juste des paragraphes), va apparaitre un "Elle" qui nous met à distance.
Elle regarde une photo, se décrit physiquement sur cette photo, puis se situe dans son contexte qu'elle élargit peu à peu jusqu'à nous y inclure.

Et c'est ainsi que sa vie est parfois devenue la mienne, que ma vie s'est mêlée à la sienne; nous n'avons pas toujours vécu, intimement, les mêmes choses; malgré tout j'ai souvent eu les mêmes sentiments ou les mêmes indifférences générationnelles face aux évènements.

Je me suis pensée originale; je l'ai été bien moins que le croyais...

L'histoire commence avec une photo d'elle bébé et finit quand elle va commencer ce livre.
Sa conclusion devient par conséquent l'introduction d'un livre dont:
"la forme ne peut donc surgir que d'une immersion dans les images de sa mémoire pour détailler les signes spécifiques de l'époque, l'année (...)
(...)En retrouvant la mémoire de la mémoire collective dans une mémoire individuelle, rendre la dimension vécue de l'histoire."

Je me suis régalée en lisant ce livre; je ne l'ai pas dévoré d'une traite, mais souvent posé car ses souvenirs ravivaient certains des miens...


samedi, février 6 2010

"L'ombre de ce que nous avons été" par Luis Sepùlveda


L'histoire se passe au Chili de nos jours; 35 ans après  le coup d'état de Pinochet.
Trois sexagénaires, plus ou moins anarchistes, avaient alors combattu...Avaient eu peur...Avaient souffert.
Et voilà que par une série de coïncidences, très drôles pour qui aime l'humour noir, ils se retrouvent; un quatrième les rejoint un peu par hasard.
Et si...
Je n'en dirai pas plus, car tout le charme du livre est dans sa découverte...
Beaucoup de nostalgie, d'espoir, d'espièglerie...
Et si...
On y croit encore? Robin des Bois, où es-tu?
J'ai fermé le livre le coeur léger, le sourire aux lèvres...A coeur vaillant, le nombre d'années...
Mais dites donc les jeunes, elle est où la relève?


mardi, février 2 2010

L'Affaire des Affaires

"L'Affaire des Affaires" est une bande dessinée  de Denis Robert (scénariste), Yann Lindingre (co-scénariste) et Laurent Astier (dessinateur).
Deux tomes sont parus: "l'argent invisible" et "l'enquête".

Denis Robert est le journaliste qui dévoila l'affaire Clearstream à la fin du siècle dernier.
Affaire actuellement occultée par une bataille d'égo politicarde qui n'honore aucun des protagonistes.
L'affaire Clearstream est en fait une affaire de "banque des banques", qui blanchirait de l'argent sale via des paradis fiscaux, à partir d'un pays qui n'est pas un pays qui émerge de la liste officielle des paradis fiscaux: le Luxembourg.
On peut d'ailleurs se demander (je n'ai pas de réponse; donc ne me poursuivez pas pour diffamation), jusqu'à quel point ces procès secondaires auxquels nous assistons actuellement, n'arrangent pas beaucoup de monde?

Le problème est que Denis Robert, journaliste investigateur, a failli être broyé par une machine qui depuis des années lui reprochait d'avoir utilisé des sources apparemment, si j'ai bien compris, trafiquées à son insu par certains.
Il vient, enfin, d'être relaxé au nom de la Liberté d'Expression.

Mais pour en revenir à cette BD, elle vient d'être couronnée par le 16ième prix "France Info de la BD d'actualité et de reportage"; prix que je trouve justifié, car, en la lisant, j'ai enfin eu l'impression de saisir un peu ce qu'était réellement " l'affaire Claerstream" et son trafic d'argent.
Ce sont des banques comme celles là qui ont aidé à engendrer la crise que nous subissons  actuellement.

J'attends avec impatience le troisième tome qui devrait paraitre d'ici la fin de l'année; ce qui me donnera l'occasion de relire les deux premiers, sachant que j'en aurais d'autant plus oublié le contenu, qu'ils concernent un sujet , l'Economie et la Finance, que je maitrise très peu.
En ce domaine mes connaissances dépassent à peine le cadre du "panier de la ménagère" et le "livret A".
Je corresponds tout à fait à la cible visée par cette BD, puisque Denis Robert a dit lors d'une interview qu'avec son co-scénariste Yann Lindingre, ils avaient eu le souhait d'écrire "un Clearstream pour les Nuls".
Opération réussie! Je vais peut-être enfin mieux comprendre de quoi on parle dans le poste...


vendredi, janvier 29 2010

Quelques lectures...

Je n'oublie pas la Chine, mais le train a beaucoup de retard et nous ne sommes pas encore arrivés à Xi'an. Il faut par conséquent que je m'occupe...

Commençons donc par "American Tabloïd" de James Ellroy qui m'attendait depuis un moment sur ma, ou plutôt, mes piles "A lire".



Dans un de mes derniers billets j'avais écrit que je vous dirai si cette ouvrage, premier d'une trilogie, allait suffisamment me plaire pour acheter les tomes suivants.
Et bien hier j'ai acheté le tome 2...
Et pourtant ce n'était pas gagné, car j'ai été, au départ très déstabilisée par ma lecture. Il faut dire que je m'attendais à lire un polar ce que j'adore; un peu noir, ce que j'aime moins; mais si Grand Fiston, connaissant mes goûts me l'avait rajouté sur une de mes piles, ce ne devait pas être sans raison...
En fait ce livre est un hybride: ni complètement un polar, ni complètement un livre d'histoire mais un peu tout cela...
Ce livre raconte l'avant et le pendant de l'ère Kennedy; l'accointement de la Famille avec la Mafia; le rôle de l'argent; les ambitions de chacun qui font que la Politique n'est en fait que de la politique; chacun croit manipuler l'autre; le pouvoir n'est pas où on croit; et les morts s'accumulent.
Dans ce livre les personnages de fictions se mélangent aux personnages réels, peut-être pour mieux nous faire comprendre l'illusion de ce que nous croyons voir.
Surtout pour moi, qui avais 15 ans en 1960 et qui rêvait devant la famille Kennedy si belle et si romantique...je vous rassure cependant: cela faisait un bon moment que je savais que la réalité était loin d'être aussi belle!
L'écriture de James Ellroy est une écriture sèche, faite de petites phrases: on est loin de Proust...Et pourtant malgré l'effort qu'il m'a demandé, j'ai envie de lire la suite, car si tout n'est pas exacte, je pense qu'il y a beaucoup de vrai.
J' espère ne pas être déçue par cette suite  dans la mesure où le critique du "canard enchainé" écrit dans un article  cette semaine :" le numéro un, "American Tabloïd" est un chef d'oeuvre. Le numéro deux, "American Death Drip", est un grand roman. Le numéro trois est...un aboutissement". Et il finit par :" ce "sale con" d'Ellroy a encore gagné".

A Suivre donc!

Le second ouvrage dont j'aimerais vous entretenir est une BD (ou plus précisément une série de BD puisque nous en sommes au tome 5): "AYA de Yopougon" écrite par Marguerite Abouet et illustrée par Clément Oubrerie.



L'histoire se passe en Côte d'Ivoire et l'auteure, qui y est née et y a vécue jusqu'à l'âge de 12 ans, avant de rejoindre son grand frère à Paris, sait de quoi elle parle; aussi bien lorsqu'elle aborde la vie au Pays que lorsque elle parle du déracinement et du mal du Pays. Elle décrit le quotidien des habitants d'un quartier populaire d'Abidjan loin des clichés qui perdurent malheureusement. On y apprend plus que dans tous les livres de voyageurs, de chercheurs etc... Un véritable régal qui a été couronné en 2006 par le "prix du Premier album" au Festival International de la bande dessinée d'Angoulême.
J'attends avec impatience le tome 6 car j'aimerais bien savoir comment va réagir le père de Moussa, si Aya va pouvoir continuer ses études, si un jour Hervé et Félicité...Et puis Inno va-t-il s'acclimater?

Et cerise sur le gâteau, à la fin de chaque ouvrage, en plus d'un petit lexique, nous avons droit à une explication sur certains faits abordés au cours de l'histoire ( par exemple dans le dernier: la prolifération des prêcheurs), ainsi qu'à une ou deux recettes de cuisines.
Qui dit mieux?

Et pour le fun une petite vidéo sur AYA

mercredi, janvier 13 2010

KEN FOLLET: "Un monde sans fin"

On pourrait considérer ce livre comme la suite des "Piliers de la terre" où l'aboutissement de l'histoire est, au 12e siècle, la construction d'une cathédrale après des pages de péripéties fort bien racontées.
Mais ce livre se lit aussi sans problème quand on n'a pas lu le précédent.
Je dirais même au contraire, si j'en crois certaines critiques découvertes sur le web: pour ces lecteurs "Un monde sans fin" jouerait trop sur les mêmes ficelles que "les piliers de la terre", ce qui le rendrait décevant.
Pour ma part je trouve ce jugement idiot, car à ce moment là il faut éliminer beaucoup de livres car des "ficelles" il y en a dans de nombreux ouvrages sinon dans presque tous.
Pour moi un bon roman est un roman dans lequel je me plonge en oubliant le monde extérieur, en éprouvant de l'empathie avec les héros, en luttant de chapitre en chapitre contre le sommeil car je veux savoir la suite...Bref en ne m'ennuyant pas; ce qui a été le cas avec ce pavé de près de 1300 pages qui me narguait depuis que Grand Fiston l'avait acheté il y a un an; je savais que ce n'était pas le genre de bouquin à dévorer petit à petit au gré du temps disponible, aussi a-t-il été la première lecture de ma retraite, à un moment où la neige m'a protégée des tentations et obligations extérieures.

C'est donc l'histoire, deux siècles plus tard, de 1327 à 1361, des descendants des constructeurs de cathédrale. Nous sommes en Angleterre; en plein Moyen-Age; le Roi guerroie contre les Français.
Sous prétexte de suivre 4 enfants ayant assistés à une poursuite meurtrière, dans les bois, entre un Chevalier et deux soldats au service de la Reine, l'auteur nous fait vivre la vie telle qu'elle était à cette période: les épidémies de peste ( dont les soins suscitent autant de débat que la H1N1!); la lutte des pouvoirs entre le clergé et le monde séculier; la lutte des pouvoirs dans le clergé entre moines et religieuses; la lutte des serfs qui aspirent à devenir libres; la lutte de pouvoir entre marchands conservateurs et progressistes.
Bref, les ambitions de uns, les ambitions des autres qui génèrent des alliances et des trahisons.
Le fil conducteur? J'en vois au moins deux: la ville qui entre peu à peu dans un monde moderne et une belle histoire d'amour entre deux personnes de caractère.

Quand j'ai fermé ce livre, j'ai ressenti un vide car il est toujours difficile de quitter des personnages attachants...Si vous avez besoin de vous évader de notre monde, je vous le conseille fortement!




Mais que vois-je là? Sur la pile de livres à lire? Encore un livre que Grand Fiston à rajouté subrepticement: le premier tome de la trilogie dont James Ellroy vient de publier le dernier opus c'est à dire "American Tabloïd". Je vous dirai si j'ai envie d'acheter les tomes suivants... 

jeudi, août 27 2009

Arnaud Le Guilcher: "En moins bien"

J'ai beaucoup lu ces derniers temps; il y a au moins 6 livres dont je voudrais vous parler..
Je suis même allée au cinéma et là aussi j'aimerais vous inciter à découvrir ce film.
Mais je ne peux pas me cultiver, vider mes armoires car au bout de plusieurs années je renonce à perdre 2 tailles,




et même jeter ramener à la pharmacie tous les médicaments périmés qui trainent à travers la maison;





préparer mon voyage en Chine tout en réfléchissant à celui qui m'amènera au  Nouveau Mexique l'an prochain et en plus écrire sur ce blog, où plein de personnes débarquent en tapant "tatouage" ou "mannequin" (avec ou sans frange) sur "Google image".
Mais où plus personne ne commente ma prose, ce qui me donne souvent l'impression de parler aux murs, comme avant l'avènement de l'ordinateur!

Et pourtant je suis tellement snob que je ne résiste pas à vous en mettre plein la vue en vous dévoilant un livre qui ne sortira qu'en septembre et que je n'ai pas encore aperçu dans les présentations avant-gardistes de la rentrée littéraire de l'automne 2009!
Que vous en dire?
Lorsque la quatrième de couverture fait du Prévert en alignant les mots :" Emma; pélican à la con; allemand qui tourne; une dune qui chante"....c'est exactement cela et même plus....Mais pour autant je ne suis pas certaine que dans mes pérégrinations "gibertaine" je l'aurais acheté...

Au départ il y a un looser, qui arrive chez des loosers, et qui va se découvrir super organisateur, mais quand même looser...Cela vous tente-t-il plus? pas certain!
Et pourtant c'est un livre plein d'humour.
Pire, c'est un livre rempli d'amour, à chaque page, à chaque ligne, à chaque mot...
Plus d'un mois que je l'ai lu et je vois encore cet allemand qui tourne sur la plage par amour; je vois encore ces médias qui se rassasient de son désespoir, et ces badauds qui veulent voir de visu en pique niquant...Alors n'hésitez pas: il va paraitre aux éditions "Stéphane Million", et il est déjà répertorié sur Amazon, Alapage et peut-être même ailleurs!


PS: je ne connais pas ce Monsieur; je n'ai aucun intérêt dans cette maison d'édition et seul le hasard représenté par Grand Fiston a fait de moi une lectrice privilégiée qui a réellement aimé ce livre surprenant.

dimanche, août 16 2009

Bernard Werber: La Trilogie du Cycle des Dieux

Et moi, si j'étais Dieu, je ferais quoi?
Et nous voilà partis à Olympie où une promotion de 144 élèves, apprentis Dieu reçoivent l'enseignement prodigué par les Dieux de l'Olympe; et bien entendu avec travaux pratiques puisque l'application de l'enseignement se fera sur T18.
Sorte de Star Académy, puisque à la fin il n'en restera qu'un; sauf qu'ici, on ne chante pas, on ne danse pas, mais on crée un monde, on le fait évoluer, chacun avec son idée...Vous imaginez les dégâts!

J'ai eu un peu de mal à entrer dans le premier tome intitulé: " Nous les Dieux"; cependant au bout d'un moment le plaisir était tel que je ne lâchais plus le livre.
Puis j'ai hésité à commencer tout de suite le tome 2, "Le souffle des Dieux"...Cela aurait été dommage que je ne le fasse pas; je l'ai dévoré d'une traite et me suis précipité sur le troisième tome: "Le mystère des Dieux".
Au bout de quelques pages je me suis demandée si ce n'était pas le tome de trop...Heureusement, la curiosité aidant il est vrai, j'ai continué et ce Diable de B.Werber ne m'a pas déçue me trimbalant de rebondissements en rebondissements.
Finalement seules les 10 dernières pages m'ont un peu déçues; mais comment terminer une telle saga, qui vous fait voyager de Monde en Monde, nous posant les questions existentielles, faisant semblant d'y répondre pour nous obliger à réfléchir par nous même.
Et puis, oui, si j'étais à la place de Dieu, je ferais comment?

N'étant pas particulièrement amatrice de "Science-Fiction" et encore moins de "fantastic" j'ai découvert Bernard Weber par hasard: une année ma soeur nous avait prêté sa caravane; elle y avait laissé quelques livres dont le premier tome, en livre de poche, des "Fourmis"; pas attirée du tout, je l'ai quand même feuilleté; puis reposé; puis repris et ai lu les premières pages...j'étais perdu et n'ai eu de cesse d'avoir immédiatement les tomes suivants, car B.Werber est un fichu conteur. Et le pire est, que non seulement il raconte bien mais qu'en plus il nous instruit.
J'ai découvert la vie des fourmis, je viens de réviser les Dieux de la mythologie.

Et voilà! encore des ouvrages que je vous conseille!
Et vous savez quoi: sur la table à côté de moi, il y a trois livres qui attendent que je vous dise ce que je pense d'eux...Dont un qui ne paraitra qu'en septembre...Hé! Hé!


dimanche, juillet 19 2009

Patrick LAPEYRE et Etienne LIEBIG : deux auteurs, deux plaisirs à lire

Apparemment ces deux écrivains ne se ressemblent pas; ce sont juste les deux auteurs des deux derniers livres que je viens de lire: un roman et un essai.
Mais tous deux ont comme métier de s'occuper des enfants: l'un comme professeur de lettres dans des lycées de banlieue, où il exerce toujours; l'autre comme éducateur spécialisé en Seine St Denis, où vu au regard de ses nombreuses autres activités (musicien, collaborateur régulier à Siné-hebdo"...), je ne suis pas certaine qu'il exerce encore, même si ce métier on l'a toujours dans la peau.
Mais tous les deux ont une écriture limpide, un humour à plusieurs degrés et m'ont donnée envie de lire leurs autres ouvrages, car si je viens seulement de les découvrir ils n'en sont pas à leur coup d'essai.



"L'Homme-soeur" sixième ouvrage de Patrick Lapeyre est paru en 2004 et a reçu le "Prix Inter. Pour ma part je l'ai acheté par hasard après avoir lu la quatrième de couverture lors d'une journée de chasse aux livres d'occasion, armée seulement de ma carte bleue, chez les Gibert oncle et neveu; ce sans même avoir connaissance de sa distinction honorifique. 

Que dit cette quatrième de couverture: "A cet instant précis, Cooper - qui, soit dit en passant, aurait préféré qu'on ne mentionne pas son nom - attend sa sœur. Il l'attend depuis des années. Sans en parler à personne. Il vaut mieux donc ne pas compter sur lui pour s'expliquer sur les raisons d'une conduite aussi étrange. C'est son secret. Sauf qu'à cet instant, justement, il ne sait pas encore ce que son secret va lui coûter "
En fait, Cooper est "possédé" par sa soeur, et au fil de très courts chapitres, de trois pages maximum, nous voyons la vie de cet homme se dérouler.
Tout au long de cette lecture, l'image de Woody Allen m'apparaissait: le même désespoir, la même misanthropie, et le même humour. Le même jeu autour des mots: "grabater devant sa télévision" ou "(il) jette un coup d'oeil dans la glace sur ses génitoires symbolique" etc...
Woody, si tu es en panne d'idée, tu as là un scénario de rêve!
En tous cas, pour ceux qui me connaissent, ils comprendront que j'ai adoré ce livre.
Dis donc Patrick, cela fait 5 ans que tu n'as rien publié! Alors à quand le suivant?

http://media.rtl.fr/online/image/2009/0305/3726596_Les-ados-sont-insupportables-mais-ce-sont-nos-enfants-d-Etienne-Liebig.jpg


Le livre d'Etienne Liebig est à priori totalement différent, même si on ne s'étonnerait pas d'y voir les citations précédentes sur le "grabatage" ou les "génitoires symboliques"... 
Il s'agit en fait d'un essai sur les ados et tout est dans le titre ou presque.
Quant à moi qui ai lu je ne sais combien de livres sur les ados, écrits par des psy (chologues, chiatres ou autres) et parfois ai du relire plusieurs fois certaines pages avant de comprendre ce qui pouvait se résumer en deux lignes : je vous conseille fortement de lire ce livre, car à lui tout seul il résume tous ces bouquins, dans un langage on ne peut plus accessible.
Et bien entendu, l'humour dévastateur en plus...
Deux parties dans cet ouvrage: une première descriptive, sur ce que nous constatons tous: "Rions un peu au dépens de nos ados" et une seconde explicative et en recherche de clés: "Tentative de décryptage des adolescents".
Et pour une fois l'ado qui va bien, mais qui est seulement double ou triple au fil de la journée, parce qu'il se cherche, est bien distingué de l'ado malade au sens psychiatrique ou de l'ado délinquant qu'il ne faut pas confondre avec l'ado qui commet par défi un acte de délinquance.
Même toi, N.S. tu devrais être capable de comprendre cela!

                                                          

jeudi, juillet 2 2009

Jeanne Champion

Qui?
Jeanne Champion!
J'ai découvert cette écrivaine (née en 1931) dans les années 1970, à la bibliothèque de Coulommiers, conseillée par la bibliothécaire que je ne remercierais jamais assez; pourtant cette femme était bénévole, sans diplôme, mais..... elle aimait lire.

Le livre s'intitulait: "les gisants".
Si mes souvenirs sont exactes, il s'agit d'un handicapé mental attiré par les gisants de, peut-être bien, la basilique de St Denis.
Mais plus que par l'histoire, originale en soi, j'ai été subjuguée par le style de Jeanne Champion.
Un style d'un grand classicisme et très poétique.

Depuis j'ai acheté plusieurs de ses oeuvres:
Des romans comme "les frères Montaurian" et "la passion selon Martial Montaurian":  jubilatoires! Notamment une dispute familiale dans un cimetière, qui est un véritable moment d'anthologie.
Des biographies comme "Suzanne Valadon" ou "la hurlevent": passionnants! m'attend dans ma "pile à lire": "le terrible"....
Des essais comme "mémoires en exil": émouvants...
Et même une auto-biographie, présentée comme "essai": "lambeaux de mémoire" et "autoportrait d'une charogne" qui raconte une enfance et une adolescence difficiles en Franche Comté...

Ce Week-end je viens de lire un roman paru en février: " là où tu n'es plus"

                      

photoLivre

"Une ville de province sans nom. A l’intérieur d’une grande maison règne un maître, père de deux fils, dont l’aîné, sujet brillant, va séduire tour à tour trois femmes avant de se noyer dans le regard de l’une d’elles. Cette passion dramatique va provoquer un suicide, socle de ce roman d’amour à quatre voix."

Et toujours le même plaisir à la lire et la même admiration pour son écriture.
En plus d'écrire elle peint; mais je n'ai trouvé que peu de choses sur internet.
Elle n'est même pas dans Wikipedia et pourtant elle a été nommé officier des arts et des lettres en 2001: pour une fois je trouve cela mérité!

Bref, vous avez compris: si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas!
Il y en a pour tous les gouts et si un ouvrage vous intéresse un peu moins, un autre peut vous enthousiasmer; mais de toute façon votre lecture sera belle.

jeudi, juin 4 2009

David LODGE: La vie en Sourdine


Oui, je n'ai pas oublié, j'ai deux séries qui attendent que je les termine: la série sur les musées (qui devrait être, en principe, bouclée en deux billets); et la série Education Nationale dont il ne manque qu'un billet pour les "années lycée", mais qui malgré ce que je pensais alors , donnera matière à une nombreuses suite.

Mais ma plus grande passion étant la lecture, j'arrive de temps en temps malgré un emploi du temps chargé, et des lectures secondaires sans importance, à lire un livre justifiant un court billet.

C'est ainsi que je me suis plongée ce week-end dans la prose d'un de mes auteurs préférés: David Lodge.
J'aime beaucoup cet auteur, et l'humour typiquement Britannique avec lequel il décrit la micro société des universitaires, mettant en valeur la jalousie, les mesquineries et surtout l'univers étroit dans lequel ceux-ci se complaisent.
J'ai donc lu "la vie en sourdine":



























Si je retrouve toujours son style dans le présent ouvrage, celui-ci m'a beaucoup plus touchée; surement parce que l'histoire se passe en grande partie hors de son monde fermé habituel, et que de ce fait je peux mieux m'identifier au héros qui est un professeur en retraite depuis 18 mois ressentant de plus en plus sa solitude du fait d'une perte de vie sociale intense mais, vie, qui était essentiellement liée à sa profession.
Cette solitude est accentuée par une surdité, qui malgré des appareillages perfectionnés, ne lui permet pas de suivre une conversation dans un environnement bruyant.
De ce fait, paradoxalement, au moment où il sort pas force de son monde fermé, il se retrouve dans un monde encore plus fermé.
Malgré le regard distant que David Lodge essaie toujours de garder, transparait une grande souffrance et beaucoup de nostalgie.
Beaucoup d'émotion aussi lorsqu'il parle de son père et nous montre la dégradation liée à la vieillesse et une encore plus grande solitude...

Heureusement,malgré tout, l'humour reprend son droit et il sait toujours brocarder ses compatriotes; par exemple sa description d'un "central parc" anglais est un pur moment d'anthologie.

Et puis quand on est universitaire et enseignant, on le reste à vie; il m'a donné envie d'en savoir plus sur la linguistique et l'aide que celle-ci peut apporter dans la compréhension des phénomènes humains; et ce, même, si les recherches à partir de pseudos lettres de suicidants m'ont fait souvent sourire.

Autre exercice intéressant: lorsque dans un même chapitre il écrit un paragraphe à la première personne, le suivant à la troisième, puis à nouveau à la première etc... pour nous faire comprendre à quel point notre regard change selon la manière dont le texte est présenté.

Bref, je me suis régalée ce Week-end...D'autant qu'il y a malgré tout un fil conducteur avec un très léger suspens!

lundi, mai 11 2009

John Irving : je te retrouverai

Je te retrouverai

Sur la quatrième de couverture on peut lire: " John Irving signe ici son roman le plus abouti et le plus personnel sur la quête d'identité".
Attention: ce gros livre de près de 900 pages est un roman et non pas une auto-biographie...En lisant sa biographie sur internet, le seul point commun que j'ai trouvé, est que John Irving n'a pas connu son père, quand il était enfant.
Je ne vous raconterai pas le livre, car en dehors du fait qu'il soit touffu, il serait dommage que vous ne découvriez pas l'histoire, et les péripéties au moment où elles se déroulent.Mais deux choses m'ont marquée:

Premièrement la non fiabilité des souvenirs d'enfance.
En effet si ce livre se partage en 5 parties, pour moi j'en vois deux importantes: ce que le héros, Jack Burns, a vécu à l'âge de quatre ans et qu'il nous raconte une bonne partie du roman; et ces mêmes évènements qu'il revit dans les mêmes lieux, d'après les témoignages des personnes qui l'ont connu et qu'il retrouve.
Je trouve extrêmement intéressante cette façon de montrer à quel point nos souvenirs d'enfance sont aléatoires: non seulement nous n'avons pas toujours compris se qui se passait réellement; mais même les faits les plus objectifs se sont distordus au fil des années et se sont mélangés avec d'autres.

En deuxième lieu, la révélation, pour moi, du monde du tatouage qui est le deuxième héros de l'histoire.
Dans ce roman, les meilleurs tatoueurs se reconnaissent entre eux et n'ont pas besoin de signer leur oeuvre car celle ci est immédiatement reconnue par leurs aficionados...J'ai essayé, en navigant sur internet, de vérifier la réalité de ceci; j'y ai lu des billets passionnés; j'ai trouvé un syndicats des tatoueurs dont la revendication principale est d'obtenir le statut d'artiste.

Pour moi un bon livre est un livre que j'ai plaisir à lire et qui m'enrichit. Or ne serait-ce que par la découverte du monde du tatouage je me sens plus riche....Quand au plaisir de lire: vous croyez vraiment que je serais arrivée au bout de ce gros bouquin, et ce pendant des vacances que je voulais détendues, si je n'y avais pas pris un minimum de plaisir?



jeudi, mai 7 2009

COLETTE: "la chatte"


Un homme, deux femelles.
Quelle chatte gagnera?

Petit indice: ce court roman a été écrit par Colette en 1931.
Plaisant à lire...



En pleine décompression vacancière, n'attendez pas d'écrits plus fournis de ma part. Suis bien incapable de vous parler des musées et j'espère comprendre la conférence de cet après midi si j'ai le courage de lever mon charmant postérieur du fauteuil, pour y assister....

mardi, mai 5 2009

Jean paul SARTRE: "Les mots"


Ce livre a été écrit en 1953, alors que Jean Paul Sartre a 48 ans.
Il ne sera publié qu'en 1964, année de ma terminale "philo". Je ne me souviens pas en avoir alors entendu parler : nous avons étudié la "Nausée", "huis clos", peut-être bien "les mains sales" mais pas celui là que je découvrirais au moment d'une réédition en poche en 1989; depuis il dormait dans un coin, mais ne désespérons pas! je viens de le ressortir, et ne regrette pas de le lire seulement maintenant, car à 20 ans je l'aurais trop intellectualisé.

Dans ce livre, Sartre résume son enfance au regard de son métier d'écrivain; comment il a découvert les mots oralement puis par l'écriture, encouragé par son grand père maternel, exigeant et ambitieux et par sa mère plus indulgente et imaginative.
Mais n'oublions pas que Sartre a 48 ans et est déjà écrivain reconnu, quand il écrit cet opuscule.Je ne sais pas pourquoi il n'a été publié qu'en 1964?
Au départ, il voulait l'intituler "jean sans terre", au sens de Jean sans racine. Est ce du au fait que son père soit décédé alors qu'il n'avait qu'un an? Pourtant du côté maternel les racines semblent très fortes, avec un grand père très présent.

J'ai aimé découvrir cette enfance qui explique l'adulte; bien entendu ce livre est trés controlé: il cache ses sentiments derrière une grande érudition; semble dire "Adieu" à la littérature car pas assez doué. Mais c'est justement cette relecture de son enfance qui est intéressante...Sa vie dès le plus jeune âge semble s'être passée dans une bibliothèque; j'y ai ressenti beaucoup d'ennui, qu'il compensait par de l'imagination, écrivant des histoires qui devenaient des épopées dont il était le héros.

L'ennui comme école de la vie? Pas obligatoirement de la manière intense où Sartre semble l'avoir vécu.Mais réjouissez vous lorsqu'entre deux activités votre enfant vient vous dire: "je m'ennuie....j'sais pas quoi faire"; surtout laissez le chercher lui même "quoi faire"....Vous n'en ferez pas obligatoirement un nouveau Sartre, mais vous l'aiderez à coup sûr à grandir.

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