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Il était une fois.....

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dimanche, septembre 19 2010

Hommage suite: "mi scappa la pipi papa"


Un de nos souvenirs le plus emblématique de notre séjour: hélas nous n'avons pas enregistré Peter chantant cette chanson.
Comme quoi un universitaire intelligent sait ne pas se prendre au sérieux!




samedi, août 8 2009

L'Education Nationale et moi (12-2)

Suite du 12-1
Quand il faut y aller, faut y aller...Surtout que j'arrive au bout!
Bientôt à moi la liberté...Car à un peu moins de 20 ans je n'ai toujours pas le droit de sortir, d'aller au ciné etc... Maison-lycée-maison!
Bon d'accord, comme c'est toujours moi qui fait les courses, ma mère ne fait plus semblant de ne pas savoir qu'en cherchant le pain le soir, en fait je rejoins les copains-copines à la gare de Gagny où ils prennent le train; elle va jusqu'à me donner directement l'argent pour m'éviter de repasser par la maison.
Par contre ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'au début de l'année, j'ai un peu trafiqué mon emploi du temps pour avoir quelques zones de liberté.
Quel plaisir d'aller nous promener à l'automne, avec Joëlle et éventuellement d'autres camarades et de pouvoir ensemble refaire le monde comme de vraies adolescentes.
Et comme de vraies adolescentes, de pouvoir retomber en enfance et d'aller jouer à Tarzan sur "le plateau d'Avron", qui était un lieu en friche...C'est comme cela, qu'un jour, nous avions décidé de nous suspendre aux "lianes" pour sauter par dessus des branchages. Mais comme il ne fallait pas nous salir, nous nous étions mises en soutien-gorge.
Soudain un bruit de pas! la trouille de notre vie...vite rhabillées, nous sommes parties en courant, honteuses, nous rappelant soudain notre grand âge...
L'automne c'est bien...Mais voilà l'hiver; trop froid pour se promener; chacun rentre chez soi; joëlle a un petit copain; que faire de mes heures en plus?
Il y a bien eu une épidémie de grippe qui a fait manquer les profs juste aux heures qui m'arrangeaient. Mais bon, ce ne pouvait pas être crédible sur le long terme...Et me voilà, obligée d'aller travailler toute seule au café...Je m'ennuie...Et j'ai craqué en inventant un changement d'emploi du temps, et tant pis pour le printemps et ses promenades prometteuses...

De toute façon il va falloir réviser le Bac: bien entendu, même si je suis devenue un peu plus sérieuse (je n'ose écrire "mature", après vous avoir racontée mes tarzaneries...), je fais toujours des impasses.
Churchill étant mort dans l'année, c'est certain qu'on va avoir une question sur lui...sauf que nous ne l'avons pas étudié en cours; sauf qu'on n'en parle pas dans notre livre d'histoire...pas d'Internet...je ne trouve rien sur lui...Et bien entendu j'avais raison: j'essaie de me souvenir vaguement des nécrologies entendues...C'est rageant d'avoir deviné sans avoir pu en profiter.
Mais je vais connaitre pire!
Il y avait plusieurs degrés dans mes impasses: en premier le sujet que j'étais certaine d'avoir et que j'étudiais à fond (notes et livre); un ou plusieurs sujet possibles, que j'étudiais correctement, mais sans plus; et enfin, tous ceux dont je ne me préoccupais pas.
Bien entendu je ne décidais pas au hasard: je tenais compte des sujets sortis les années précédentes, de l'actualité, des suggestions des profs en cours d'année; je secouais tout cela, et je faisais mon tiercé.
En général je me retrouvais souvent dans la seconde catégorie, avec parfois quelques nuances...Et donc toujours sur le fil du rasoir...Tant pis pour moi, je n'avais qu'à tout apprendre!

Et voilà, que pour la première fois la chance me sourit: en sciences nat, je tombe pil poil sur le sujet dont je connais notes et livre par coeur.
N'ayant par ailleurs pas trop mal réussi le reste, c'est le coeur en joie que "je forme le monôme" dans les rues de Paris, comme c'était alors la coutume pour fêter la fin des examens....Formez le monôme, formez le mônome....

Et je pars même, avec l'UCPA, faire un stage escalade, avant de connaitre les résultats. C'est la première fois que je peux partir en vacances avec un organisme; mais c'est le début de l'amitié franco-allemande et l'UCPA, subventionnée par l'office Franco-Allemand organise des stages mixtes ( Français et Allemands réunis) à très bas prix. Etant "allemand première langue", sans avoir jamais eu les moyens de faire un séjour en Allemagne, mes parents sont tout à fait d'accord pour m'offrir ce séjour dans les Alpes.
Bon! je vais découvrir que l'escalade n'est pas vraiment ma tasse de thé; si dans quelques années, en vue de préparer un brevet de sauvetage, je vais constater que mon derrière est trop léger en s'obstinant à vouloir flotter eu lieu de descendre au fond de la piscine ne serait-ce que pour toucher la croix, je dois constater que pour l'instant il est trop lourd, ne serait-ce que pour m'élever d'un petit centimètre le long de la roche. De plus, avec les vieilles chaussures de montagnard prêtées, je me retrouve au retour de la première balade avec 20 ampoules à un pied et 18 à l'autre; dégâts constatés par les animateurs qui se sont vus à leur grand dam, obligés de m'accorder une journée de repos.
Pour autant, je n'avais pas envie de repartir...Et pourtant!
Télégramme de ma mère, m'enjoignant de rentrer immédiatement: je dois passer l'oral de rattrapage! Je n'y comprends rien...Mais pas le choix!

Les épreuves du Bac ne se passaient jamais dans notre lycée; pour les banlieusards que nous étions ( mais encore immatriculés 75 et non 93) tout se passait dans un lycée parisien.
Evidemment en arrivant à la maison je regarde mes notes: tout est comme prévu, c'est à dire moyen, sauf en sciences nat ou j'ai 1 sur 20 (oui, j'ai bien écrit UN). Je ne comprends pas?
Dés que j'arrive au lycée j'interroge la prof, avec qui je dois passer l'oral et qui a corrigé mon écrit; il s'agit d'une bonne femme revêche: "vous avez de la chance que les autres professeurs aient plaidé votre cause car je vous avais mis zéro, ce qui était éliminatoire. Vous avez triché mademoiselle! il y a des phrases entières du livre au mot à mot!"
J'ai essayé de plaider ma cause! mais difficile de prouver qu'on n'a pas triché, surtout lorsqu'on est sidérée, abasourdie, écoeurée!
J'avais joué; pour une fois j'avais gagné le gros lot; on me vole ma victoire...
Heureusement qu'il me reste suffisamment de lucidité pour ne pas me mettre en colère et rester calme; mais aussi que j'avais aimé les sciences naturelles étudiées en terminale: elle n'est pas arrivée à me coincer et l'air toujours mauvais et pincé, elle a du me mettre une bonne note!

JE SUIS ENFIN BACHELIERE.



J'en ai fini avec l'école, je vais pouvoir travailler et enfin vivre ma vie. Adieu l'Education Nationale! En tous cas c'est ce que je crois, pauvre innocente que je suis...

samedi, juillet 11 2009

L'Education Nationale et Moi (12-1)

Suite des épisodes 1, 2, 3,4, 5, 6, 7, 8, 9, 10-1, 10-2,11

Je vous avais laissé le 26 octobre 2008 alors que j'allais passer en terminale après avoir été reçue à mon premier BAC.
L'année scolaire se termine, et je suis certaine que vous vous demandez si je suis enfin bachelière après toutes ces années passées au lycée papillon...

L'année qui commence a bien failli être aussi ennuyeuse que la précédente.
En ce temps là nous avions le choix entre 3 terminales seulement: math-élem (= mathématiques élémentaires), sciences ex (= sciences expérimentales) et philo (pas besoin de traduire...).
On parlait peu d'économie car nous n'étions pas encore dans un monde de consommation, même si nous en approchions.
Moi j'ai abouti tant bien que mal (cf billet 10-2 et 11) en terminale philo...

Plus de filles que de garçons; non je n'étais pas particulièrement attirée par les garçons, au contraire d'ailleurs des filles de mon âge qui minaudaient et tortillaient du croupion: mais pour le chahut et la rigolade, mes activités scolaires préférées, il me faut reconnaitre leur suprématie.
Heureusement, nous avons bénéficié d'un super prof de philo dont le nom était, me semble-t-il Monsieur Morelli et que l'autre classe de philo nous enviait.
Il était un peu fou sur les bords, ce qui nous autorisait à l'être aussi.

Lors de son premier cours il nous a demandé de lire pour le suivant la préface de " La phénoménologie de la perception" de Merleau Ponty.
Pour moi, qui n'avais lu que des romans, où dans la préface on nous parlait un peu de l'auteur et de son oeuvre, ce premier exercice m'a semblé être une mise en bouche agréable, dont j'allais vite venir à bout en ce premier dimanche après midi après la reprise des cours, même si cette préface paraissait un peu longue.
Première lecture: je n'ai rien compris! Surement parce que j'avais du lire trop vite en pensant  à autre chose.
Deuxième lecture: je comprends quelques mots courants, mais pas le fond de la pensée.
Troisième lecture: je comprends une phrase par ci par là, mais l'ensemble me semblant sans queue ni tête.
J'ai abandonné à la quatrième lecture, car je n'arrivais même plus à donner un sens aux mots communs.
Aussi n'étais-je pas trop fière au début du cours de philo suivant:
"Qui n'a pas compris ce que je vous ai donné à lire?"
Quelques doigts se lèvent, dont le mien...
"c'est normal!"
Ouf! Bien que je lui en veuille de m'avoir gâché tout un dimanche après midi pour ça:

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Mais pendant un trimestre nous n'avons eu comme cours que ce livre, étudié chapitre après chapitre, que je ne suis toujours pas certaine d'avoir compris en totalité pour autant, mais qui m'a ouvert l'esprit malgré tout à une autre forme de pensée.

Cependant, monsieur Morelli, ce n'était pas que cela: c'était aussi le premier prof qui nous a obligés à faire des exposés. Maintenant c'est courant dés le primaire, peut-être même en maternelle; mais de mon temps,en général, on était assis, on écoutait, on se taisait et surtout on ne posait pas de questions.
Ces exposés se déroulaient le samedi après midi (oui! il y avait cours le samedi après midi...) et nous avions le choix parmi un certain nombre de livres à exposer et commenter. Parmi ceux-ci "La Princesse de Clèves" de Madame de La Fayette que je n'étais jamais arrivé à finir (Bonjour Nicolas S.) tellement que il m' (excusez moi, rien qu'en marquant ses initiales, son style m'attaque...) celui-ci avait généré chez moi un ennui profond (j'ai toujours été très romantique!).
Mais voilà, je ne devais pas être la seule et personne ne se proposait. Et comme le prof attendait un volontaire en se taisant, j'ai craqué. Depuis j'ai eu des cours de psycho, de conduite de groupe, et même des séminaires de "dynamique de groupe" de plusieurs jours. Mais là j'étais encore une pauvre innocente et j'ai été la première à craquer.
Furieuse! J'ai été obligée de lire (pour de vrai, moi!) ce satané livre. Mais c'était mal me connaitre! je me suis vengée, en le démolissant page après page, traitant la Princesse de pauvre fille...etc...Morelli me contredisant, moi contre-argumentant...Résultat? une des meilleures notes pour ce type d'exercice, et une classe, qui au lieu de dormir à force d'ennui comme tous les samedis après midi, s'était peu à peu réveillée et avait participé à la discussion...






Morelli c'était aussi celui qui ne mettait que trois note: 7 ou 10 ou 13.
J'ai très vite compris comment avoir 10: j'apprenais 5 mots spécifiques-philo et il fallait que je les place quelque soit le sujet, quitte à dire le contraire de ce que je pensais.
J'obtenais ainsi 5 accolades "très bien" et au minimum un 10. Un peu comme en quatrième lorsque je parlais de bondieuseries dans mes rédacs.

Première leçon de vie: il faut toujours parler la langue des ennemis!

Mais pour en revenir à mon prof de philo préféré: il a été aussi celui qui m'a obligé à mettre pour la première fois des boules quiès!
En effet, pendant "les compotes" (pour mémoire = composition = contrôle) il sortait dans le couloir fumer: résultat très vite c'était le brouhaha.
Or j'ai toujours eu des difficultés à me concentrer. Alors comment voulez vous que je place mes 5 mots dans ce bruit infernal?

Et maintenant, revenons à la question du début: l'ai-je eu ou pas? et si oui, du premier coup ou pas?

Suite au prochain épisode...

dimanche, octobre 26 2008

L'Education Nationale et moi (11)

Je vous ai laissé début septembre en pleine rigolade.
Mais ces années à côtoyer quelques sur-doués, avec des professeurs à leur niveau, m'ont tirée vers le haut.
Si certains redoublements sont plus nocifs que bénéfiques, car ils génèrent de l'ennui, celui de l'année scolaire 1962-1963 fut pour moi très positif.
Non seulement parce que j'ai eu la chance d'arriver dans une classe hors norme; mais peut-être aussi parce que je ne l'ai pas vécu comme une sanction injuste mais comme une aide qui allait me permettre de redémarrer.

Bien entendue, je n'étais pas devenue tête de classe! mais je me situais dans une honnête moyenne, ce qui signifiait déjà un bon niveau vus les énergumènes qui m'entouraient .
J'avais toujours autant de mal à me concentrer sur les leçons à apprendre, comme l'histoire et la géographie.Par contre tout ce qui était un apprentissage plus actif, avec des exercices, m'amusait plus et ce même si j'avais des difficultés.
En latin par exemple, j'aimais traduire Ciceron; par contre César, qui suscitait l'enthousiasme de mes camarades me posait problème; même traduit, je ne comprenais rien au récit de ses stratégies militaires, ce qui aboutissait à de nombreux contre sens (moins 4 points chacun!) chaque fois que je mettais ma traduction littéral en "bon français".
La littérature et les dissertations était mon point fort; d'autant que l'obligation de ne pas bouger de chez moi, et de ne faire aucun bruit, ne me laissait comme seule loisir que la lecture.J'avais le droit (quand même!) d'aller à la bibliothèque de Villemomble et ai ainsi pu lire in extenso de nombreux classiques du Lagarde et Michard...

En fait ce qui m'était un peu plus difficile étaient les matières scientifiques.Malgré tout, comme j'aimais cela, je ne m'en serais pas trop mal sorti sans la géométrie dans l'espace et en physique l'optique qui a un lien avec la géométrie dans l'espace.
Je fais partie des gens qui sont mal latéralisés; de ceux qui n'ont aucun sens de l'orientation; il m'a été dit que cette difficulté d'abstraction était lié à l'immaturité? J'y ai cru avec honte! à bientôt 64 ans je commence à me poser des questions?Est-ce du au fait que je sois "débile psychomotrice", ainsi que me l'a asséné une psychomotricienne lors de mon second stage d'éducatrice spécialisée?

Mais ceci étant, cela me vaudra mon échec au premier passage de mon premier bac.
Je ne m'étais pas trop mal sorti de mes matières de mémoire car assez douée en ce qui concerne les impasses(ce qui a d'ailleurs failli me faire rater le second bac...on en reparlera!) : en fait il suffisait de regarder les sujets des années précédentes, l'actualité et de faire un "top7" qui chez moi était un "top3".Ainsi, par exemple, si j'apprenais à fond l'industrie de la Chine, même si le sujet devenait "l'économie de la Mandchourie" région que j'étais incapable de situer correctement, j'arrivais, malgré tout, à m'approcher de la moyenne!

Mais ceci ne m'a pas permis de rattraper les maths dont le coefficient s'élevait à 8 :cette année là le problème démarrait par la construction d'une figure de géométrie dans l'espace.A partir de cette figure se déclinaient des questions de géométrie, mais aussi d'algèbre etc....
Lorsque j'ai montré mon brouillon à Monsieur Grange, celui ci m'a dit que mon raisonnement était bon, mais à partir d'une figure fausse car montée, en partie, à l'envers, ce qui donnait des résultats faux à toutes les questions.
Donc soit j'étais jugé sur mon raisonnement et je pouvais atteindre 14 sur 20; soit sur mes réponses et j'obtiendrai alors un zéro éliminatoire; j'ai eu 1 sur 20.Irrécupérable vu mon niveau moyen!

J'ai donc redoublé ma Première.Joëlle aussi: elle était beaucoup plus douée que moi en français; mais ne comprenait rien à la physique et à la chimie.
Nous avons donc décidée toutes les deux de passer cette seconde Première en section littéraire: elle parce qu'elle était une pure littéraire; moi parce que je savais qu'aucun redoublement ne me permettrait de réussir une figure dans l'espace.Je sentais que le problème était plus profond.

Nous avons vécu une année de profond ennui: nous nous baladions en math-physique-chimie (oui, même Joëlle!); quant au français-latin: le niveau était très inférieur à la classe que nous venions de quitter.
De plus les élèves, en majorité des filles, n'étaient pas drôles : pas chahuteuses, mais chichiteuses, manièrées, et même déjà mariables...
C'est ainsi, qu'après avoir somnolé toute l'année, nous avons enfin obtenu notre premier bac sans gloire, sans mention et peut-être bien, sur nos acquis antérieurs.
Ce redoublement ne fut pas un redoublement productif


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dimanche, septembre 7 2008

L'Education Nationale et moi (10-2)

La semaine dernière je vous avais promis quelques bêtises faites par Joëlle et moi pendant ces deux années; car les meilleures bêtises ne se font jamais seules


Bien entendu je ne parlerai pas de celles pour lesquelles nous nous sommes faites régulièrement "coller", comme les bavardages intempestifs tenus dans les classes où les profs dispensaient leur savoir sans laisser la place au moindre échange, ce qui était la norme avant 1968! Certains avaient même essayé de nous mettre chacune à un bout opposé de la classe : ce fut pire, car notre complicité était telle, que nous arrivions à échanger par mimiques et gestes, ce qui faisait rire les copains.
Nos parents étaient tellement habitués à nos heures de colle que c'est tout juste si le mercredi soir ils ne nous demandaient pas où était le billet à signer!
Une semaine je suis même arrivée à avoir 3x2h ce qui était un tiercé gagnant puisqu'il n'était possible de rester que 2 heures au lycée le jeudi.Bon, il y avait bien un devoir pour chacune des colles, mais en général afférent au cours, ce qui ne me faisait pas de mal.
Sauf une fois où un pion, parce qu'en permanence J.et moi échangions à voix basse sur un devoir, nous a filé une version latine.Heureusement notre prof de français latin, a accepté que nous fassions cette version là, à la place de celle qu'elle nous avait demandée pour la semaine suivante!
Mais pour en venir à ces 3X2h, deux d'entre elles étaient du même prof pour le même motif: donc j'ai fait signer la première le mardi et le mercredi la seconde en disant que j'avais perdu la précédente et que donc j'avais demandé un nouveau bulletin; cela a limité les dégats

Normalement le règlement intérieur du lycée prévoyait qu'au bout de 3 colles, un conseil de discipline se réunisse ce qui aurait pu aboutir à une exclusion de 3 jours.
En dehors du fait que je ne me souvienne pas que le lycée ait beaucoup utilisé cette mesure je pense que pour nous, 2 circonstances peuvent expliquer la relative indulgence dont nous bénéficiions.
D'une part, nos punitions étaient toujours la conséquence de faits bénins; nous respections nos professeurs et la plupart du temps étions curieuses de ce que nous racontait l'enseignant et même parfois captivée; ce qui suscitait nos commentaires......
D'autre part, nous étions un peu les cas sociaux du lycée; en ce temps là, entrait au lycée l'élite; il y avait dans nos classes une majorité d'enfants de médecins, pharmaciens, entrepreneurs; il y avait aussi quelques enfants d'employés et d'ouvriers, mais il s'agissait d'enfants qui avaient toujours été premiers de la classe.
Joëlle faisait parti de cette catégorie, sauf que vers la fin de la troisième ses parents avaient divorcés, ce qui étaient extrêmement rare à cette époque; je me demande si elle n'était pas la seule du lycée?
Quand à moi, j'étais au lycée car ma soeur ainée nous avait ouvert la porte en étant bonne élève; mon père était bien issu de la bourgeoisie militaire et avait eu ses bacs vers les année trente,mais il n'était pas resté dans le rang; de plus j'étais beaucoup livrée à moi même pour mes études, avec un père souvent absent, et une mère en dépression qui arrivait juste à nous faire à manger (et à nous garder enfermer à la maison de peur que ?).
Et comme de plus nous étions toutes les deux vives et intelligentes, finalement, je crois que le monde enseignant nous aimait bien et qu'il ne désespérait pas de faire quelque chose de nous.

Mais après cette longue introduction, imprévue pour moi aussi, venons en aux bêtises, qui furent surtout téléphoniques!


La plus mémorable et la plus réussie, fut "gratuite" : en effet nous avons téléphoné un jeudi soir à une prof de physique-chimie, qui n'était même pas notre prof.Nous nous sommes faites passer pour quelqu'un du lycée et lui avons demandé de ne pas venir le lendemain, car il allait y avoir des manifestations de l'OAS( bin oui,c'était la période), et que cela risquait d'être violent au lycée du fait que certains profs étaient pour et d'autres contre.....
Bien entendu le lendemain, nous avons trainé du côté de l'amphi dédié à ces sciences, et discutant nonchalamment avec certains élèves de notre connaissance, découvert qu'elle n'était pas venue.
Fait confirmée le lendemain, lorsque cherchant nos "Gaffiot" dans la loge du concierge ( non, ce n'était pas la place habituel pour stocker ce gros livre très lourd et qu'il fallait emmener de chez soi à chaque fois ; mais nous avions écouté de bout en bout le récit de l'opération de l'appendicite de la fille du concierge, qui du coup avait une grande indulgence pour nous, et nous permettait ce stockage en un lieu où seuls les profs pouvaient entrer.) nous entendîmes la prof de physique-chimie se défendre en disant : "Si! Ils m'ont téléphonée jeudi soir pour...."
Nous sommes vite sorties avec notre dico, avant d'éclater de rire...

Les autres blagues téléphoniques furent à côté de celle-ci minimes, comme , par exemple de téléphoner à une prof de français latin qui nous avait collées pour bavardage, en nous taisant! plusieurs fois elle raccroche, et plusieurs fois nous rappelons; jusqu'à ce qu'elle nous crie un "MERDE" retentissant (mot qui à ce moment là était la grossièreté suprême! que jamais nous n'employions!) .Nous étions vengées et avons cessées notre manège....d'autant qu'en fait nous aimions bien cette professeure

Voilà pour les blagues téléphoniques concernant le lycée, car par ailleurs faire livrer 500gr de viande haché à une dame pris au hasard dans l'annuaire, par un boucher, qui se situait dans la même rue (et qui effectivement semblait la connaitre) en nous contentant d'imaginer la tête de cette femme; faire un sondage sur les "yéyés" jusqu'à ce qu'une femme pour nous donner son avis commence sa phrase par " je suis catholique et mère de famille..."; téléphoner à un "Napoléon- Bonaparte" qui s'est avèré être un vieux monsieur, descendant de cette famille et qui nous a raconté des histoires car s'ennuyant autant que nous; et j'en passe des moins amusantes......tout cela n'a pas de lien directe avec le lycée.

En dehors de cela nous fûmes des adolescentes classiques, avec des crises de fou rires intempestives, des questionnements méta physiques, des changements d'humeur rapides.......

Mais contrairement à mes camarades je n'avais pas le droit de sortir que ce soit au ciné ou ailleurs.Heureusement j'ai découvert le théatre grâce à des professeurs qui organisaient le jeudi après midi des sorties au TNP où j'ai pu voir par exemple "Arturo UI de Brecht.
Je séchais aussi certain cours pour participer à la gazette du lycée créée par des élèves de terminal, et où je n'avais pas le droit d'aller après les cours.

Le lycée était donc ma seule liberté, et j'en ai bien profité......

Mais en relisant ce billet ( à la chasse des fautes d'orthographe, au cours de laquelle votre butin va être plus imposant que le mien, je suppose!) je réalise que les plus futés d'entre vous vont se demander comment je pouvais téléphoner tout en étant enfermée chez moi avec une mère omni présente ?
En fait j'avais deux occasions: aller "travailler" (hum!) chez Joëlle ( ce qui ne pouvait se faire chez moi car ma mère ne supportait pas le bruit!); ou au moment des courses, pour lesquelles j'étais toujours la seule volontaire et où, à l'heure où je les faisais il y avait toujours une queue inimaginable!


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dimanche, août 31 2008

L'Education Nationale et moi (10-1)

Pour mes nouveaux lecteurs/lectrices qui souhaiteraient découvrir les 9 premiers épisodes de cette saga c'est dans la catégorie " il était une fois....."

A la fin de l'épisode 9 j'ai écrit qu'à plusieurs reprises je voulais aller travailler plutôt que de continuer mes études.
C'est ainsi qu'un jour, accompagnée de ma mère je m'étais présentée dans une école d'hôtesse.Bien que j'aurais aimé voyager, j'ai toujours été assez lucide pour savoir que mon physique m'interdirait d'être hôtesse de l'air (dans le temps, les critères étaient encore plus draconiens que maintenant et la carrière très courte); mais hôtesse au sol, me permettrait peut-être d'avoir des facilités pour voyager......
J'écrivais mal l'allemand car, si vous vous souvenez l'alsacien avait été ma langue maternelle et par conséquent, persuadée que je savais tout j'avais négligée la grammaire allemande qui est au moins aussi complexe que la grammaire française; par contre je parlais couramment cette langue et à fortiori la comprenait.
Mais pour intégrer cette école il fallait un bilan.Pour ce, Joëlle et moi (je n'allais quand même pas y aller seule!) nous sommes rendues à Montreuil, à ce qui devait être l'ancêtre du CIO, un jeudi matin pour passer une série de test.Nous nous sommes beaucoup amusée! c'était encore mieux que les heures de colle, quand le grand jeu consistait à se faire coller pendant ces heures là....notamment le test " des engrenages" qui consiste à regarder des images avec plein de petites roues et de "deviner" dans quelle sens tourne la dernière.Je peux vous assurer que pour nous deux le verbe "deviner" était le bon!
Etait-ce mon jour de chance? sur le moment, je n'en ai pas été persuadée; hélas donc! quand mes parents sont allés chercher les résultats, la personne qui les a reçus leur a dit qu'au vu de mes performances, il ne fallait surtout pas que j'arrête mes études, car j'avais les capacités à devenir ingénieur.Et croyez moi: en 1960 ce métier n'était pas dévoyé et peu pouvaient prétendre le devenir.Moi non plus d'ailleurs la suite le prouvera! mais allez expliquer à des parents fiers de leur fille que tout cela n'était qu'une question de hasard!




Pour autant je ne regrette pas d'avoir fait des études et surtout de ne pas être devenue "hôtesse"!


Nous voilà donc, Joëlle et moi, en ce mois d'octobre 1961, dans notre nouvelle classe de seconde avec de nouveaux compagnons de route.
Nous aimions bien nos copains-copines des classes précédentes, que nous côtoyions depuis la 6ième.Nous avions joué aux gendarmes et aux voleurs avec eux; traversé ensemble une partie de notre adolescence...Tout ce qu'il y a de plus ordinaire!

Mais nous allons adorer la classe dans laquelle ce jour là, nous pénétrons pour la première fois!
Il y a de temps en temps, on ne sait pourquoi, une classe qui regroupe un ensemble d'élèves sortant du lot.
Cela tient souvent à un petit groupe qui tire les autres vers le haut.
Ils étaient deux: Alain B. et Marigold L. et pas loin derrière Annie M. Depuis la sixième ils se disputaient les premières places que ce soit en grec-latin-français ou en math; et même en gym.En plus bon camarades, avec beaucoup d'humour.
Toute la classe était d'un bon niveau et surtout rigolarde.
Nous ne sommes pas arrivées à leur niveau par nos notes, malgré notre redoublement; par contre pour le reste nous étions au top.
Nous les côtoierons pendant 2 ans, il m'est difficile de distinguer dans mes souvenirs, ceux qui concernent une année ou l'autre : voilà pourquoi j'ai regroupé dans un même billet les deux années scolaires.

A classe exceptionnelle, profs exceptionnels.

Le plus extraordinaire à mes yeux fut un prof de math: Monsieur Grange; il m'enseigna les Maths 2 ans de suite.
Il était très âgé; souvent il faisait ses cours en chaussons. Il parait qu'il se shootait à l'éther; j'avais du mal à comprendre cette notion, car à cette époque la toxicomanie "de masse" n'existait pas encore;il est cependant vrai qu'il sentait toujours l'éther.
La seule fois où je l'ai vu en colère, fut un jour où nous lui avions caché son chapeau; nous n'avons plus jamais recommencé car nous avions de l'affection pour lui.
Lors de la "compote" ( = composition=contrôle) du premier trimestre de 1ère, les résultats furent désastreux pour la plupart des élèves; surtout les bons élèves.
Il nous dit qu'il ne comprenait pas pourquoi, car c'était un problème de mathélem (= terminale S)
Protestation des bons élèves;nous ne sommes qu'en première! Réponse: mathélem = mathémathiques élémentaires! Si en première vous n'êtes pas capables de faire des mathématiques élémentaires!
Les élèves: "mais Monsieur, au bac ( il y avait alors 2 bacs: le premier en première; le second en terminale) on ne nous demandera pas ça!" Réponse: "Qui peut le plus, peut le moins! qui peut le second bac, peut le premier" CQFD
Par contre, moi, je suis arrivée, ce jour là à le surprendre en obtenant une des meilleures note de la classe! Normal : ayant toujours peu travaillé mes leçons, je n'ai pas été psychologiquement déboussolée par ce problème qui pour moi, n'était pas plus opaque qu'un autre; je me suis donc débrouillée comme d'habitude, et de ce fait mieux que les autres!

Autre prof dont je garde un souvenir: Monsieur Woittiez qui enseignait l'Histoire et la Géographie.
Il avait enregistré pour la télévision, encore en noir et blanc et avec une seule chaine, des "émissions scolaires" qui passaient l'après midi 'et que je n'ai par conséquent jamais vues.
Il n'était pas toujours aimable.Mais ce prof de gauche, a essayé à travers l'enseignement de l'Histoire de nous donner une conscience politique; c'est ainsi qu'il nous a initiés doucement à la relation existant entre le présent et le passé, ce qui alors n'était pas courant.

Je pourrais encore vous citer de nombreux autres professeurs dont le souvenir reste vivace en moi; par exemple Madame Devoyon professeure agrégée en Latin-Français qu'elle enseignait.Mais aussi agrégée en Math pour le plaisir.

Est- ce le hasard si nous avions 2-3 enfants de professeurs dans notre classe ? et même celui du Surveillant Général (= Conseiller d'Education) qui habitait sur place...

J'arrête cette énumération qui pourrait vous paraitre fastidieuse; ces profs et ces élèves m'ont beaucoup apporté, mais ne m'ont pas empêché d'inventer de nouvelles bêtises, quand ce n'est pas eux qui m'entrainaient ( je parle de élèves bien entendu!)....sans trop de mal il est vrai.

Suite au prochain épisode.....

vendredi, juillet 4 2008

L'Education Nationale et Moi :1960-1961, seconde1(9)

Hé oui! me voilà en seconde! le choix s'est porté sur la section C ; qui alliait le littéraire ( latin/français) et le scientifique (math/physique/chimie) : en dehors du latin,ces matières bénéficiaient alors dans cette section de coefficient oscillant, si je me souviens bien, entre 5 à 8 au 1er bac ( que l'on passait alors en première). En seconde, nous sommes sensés être assez matures pour conceptualiser les enseignements des années précédentes, qui sont d'office considérés comme étant bien intégrés.

Ceux qui ont suivi le feuilleton de ma scolarité depuis le début (dans la catégorie "il était une fois") imaginent déjà le hiatus par rapport au second point...........

Mais la conceptualisation liée à ma maturité va vite révéler ma faille. Un signe avant-coureur aurait déjà pu être décelé en troisième avec la "trigonométrie", dont l'apprentissage nécessite un minimum de capacité d'abstraction, qualité indispensable pour conceptualiser. Or je n'ai jamais compris sur le fond la trigonométrie; mais comme toute bonne illettrée, j'ai su donner le change en apprenant par cœur les formules et en les appliquant comme dans un jeu, à coup d'essais successifs, jusqu'à ce que tout se déroule sans anicroche pour aboutir à la résolution du problème. En fait ces exercices m'ont même beaucoup amusée et détendue comme peut le faire à ce jour "spider solitaire" qui me lave le cerveau lorsque je rentre fatiguée du travail!

Mes quelques mois de vacances n'ont apparemment pas amélioré les choses!

Mes difficultés en seconde ont commencé en "Français" qui pourtant avait toujours été ma matière de prédilection : je n'ai pas fait la différence entre une rédaction et une dissertation jusqu'à ce qu'une jeune remplaçante me prenne sérieusement en main au second trimestre; c'est à dire qu'en fait j'inventais tout sans complexe et même la vie de l'auteur étudié. Ne parlons pas du plan! Il ne m'était même pas venu à l'idée que cela puisse exister. Il a suffit que cette jeune professeure me prenne deux ou trois fois à part à la fin du cours pour que tout rentre dans l'ordre. Mais il ne s'agissait ici ni d'abstraction ni réellement encore de conceptualisation, même si certains sujets commençaient à s'en approcher peu à peu......

Par contre la physique et la chimie m'ont posée plus de problèmes : la physique, je la comprends maintenant (peut être à tort) comme la mise en formules de phénomènes et d'actions réels. Or chez mes parents personne ne bricolait ; je ne connaissais pas le concret du travail manuel sur la matière...et comme l'abstrait en lui même m'était incompréhensible, tout ce que l'on m'apprenait en physique me semblait aussi mystérieux que la Religion qu'il fallait croire sans chercher à comprendre.

La chimie passait un peu mieux parce que il y avait les 2 petits bras du H qui se tendaient chacun vers un O pour faire H2O : je le visionnais bien, et du coup arrivais un peu à comprendre....tout du moins au début.

Aussi, il n'a pas été surprenant que, malgré le travail fourni et mes efforts, à la fin de l'année le verdict tombe: REDOUBLEMENT! Et veine! Joëlle aussi redoublait! Pour moi, la raison évoquée ne fut pas le manque de travail ni le manque de capacité mais "le manque de maturité". Le jugement m'a toujours paru juste même si j'étais une des plus vieilles de la classe étant née en janvier.

D'ailleurs lors des récréations je m'ennuyais avec les copines qui ne parlaient que "garçons" au point que j'irai, au moins jusqu'en terminale, jouer de temps en temps avec des plus jeunes.

Mon rythme est plus lent, ce que j'ai toujours considéré comme une chance dont je tire de plus en plus avantage, puisque la différence entre mon âge de naissance et mon âge vital s'accroit d'une manière exponentielle.

je suis née à 10 mois au lieu de 9mois = 1 mois d'écart

A plus de 60 ans on me donne facilement 10 ans de moins. CQFD!

Mais lors de mes études, cela m'a posé de sérieux problèmes, car je n'arrivais pas à entrer dans les cases prévues par l'Education Nationale. J'ai eu la chance que les bancs des lycées étaient moins encombrés que maintenant et que par conséquent j'ai souvent été entourée de beaucoup d'indulgence. Et ce malgré mon désir récurrent de vouloir abandonner les études pour aller travailler........

Mais je ne regretterai jamais ce redoublement ! suite au prochain épisode où nous verrons pourquoi.......

dimanche, juin 29 2008

L'Education Nationale et Moi 1959-1960 (8)

Après de longues vacances (vous avez remarqué? J'espère que cette chronique vous a manqué!!!!), me voici enfin en Troisième.

Je vais retrouver en Français-Latin mon cher professeur, Monsieur Krittlé, Henry de son prénom.Au cours d'une Inspection, la personne de l'Education Nationale sera assise derrière moi.Très douée pour lire à l'envers (heu....bien qu'ayant moins d'entrainement cela me sert encore parfois!) j'ai découvert l' adresse de Monsieur K et qu'il était né un 2 décembre; il se demandera toujours comment nous l'avions appris, car à partir de ce jour Joëlle et moi lui enverrons régulièrement une carte d'anniversaire, et ce des années après qu'il ait quitté le lycée. C'est la seule incursion que nous nous permettrons dans sa vie privée, car nous le respections trop pour outrepasser nos droits.

Ayant vieillie, mes rédactions seront plus sages qu'en cinquième, et je ne serais donc plus la vedette de la classe. Par contre je vais découvrir à la fin de l'année que je fais partie de son "bêtisier"; en effet il avait noté les petites phrases qui l'avaient amusé (sans apparemment se souvenir de leur auteur), et comme nous étions "des grands", il s'est délecté un jour à nous les citer. C'est ainsi que pour un sujet de rédaction dont le thème était : " citez les animaux mal connus de vous" un élève avez noté : "citez les animaux mâles connus de vous"!

Je me suis reconnue; car ce qu'il ne savait pas c'est que ce sujet m'avait posé problème : pourquoi fallait-il parler seulement des mâles? Et puis comment reconnaissait-on un animal "mâle" ?

Hé! je vous rappelle que lorsque j'avais écrit cela je n'étais qu'en cinquième et que je n'avais vécu qu'en ville! et que de toute façon on ne parlait pas de "ces choses là" et que je ne suis pas certaine que j'en savais plus deux ans plus tard.......alors on ne se moque pas; d'autant que j'ai vraiment été embarrassée devant ma feuille! la seule solution que j'avais trouvée, avait été de ne décrire que les animaux dont le nom était au masculin! pas de girafe mais, va pour l'éléphant! Je n'étais pas nunuche au point de ne pas me rendre compte que ma solution n'était pas la bonne.Mais qu'avait donc en tête monsieur K. pour nous donner un tel sujet!

Le jour de l'énumération de ce bêtisier, j'étais à la fois contente d'être dans son cahier de souvenir mais en même temps mal à l'aise, car était-ce vraiment drôle?

Mais à part cette anecdote, et la présence de monsieur H.K je serais incapable de vous citer un seul des professeurs de cette année là.

Seule certitude, le retard accumulé rendait mon passage en seconde quasi impossible; malgré mes efforts car ma crise était passée et je m'étais remise à travailler (un peu...n'exagérons quand même pas!). En fait j'ai réellement commencé au dernier trimestre de l'année scolaire, lorsque j'ai vu tout le monde s'affoler à l'approche du BEPC ( Brevet d'Etudes du Premier Cycle du second degré ) l'ancêtre du Brevet des Collèges mais sans contrôle continu. Ceci fut une chance pour moi, car à la surprise générale, je fus reçue; et en plus avec mention!!! "seulement" Assez- Bien, mais vue l'état de mon livret scolaire, cela tenait du miracle!

Finalement en sixième et en troisième je suis reçue haut la main à deux examens malgré une scolarité problématique! mais la chance tournera et ce sera lorsque je rentrerai vraiment dans le rang (ou presque) que la réussite m'abandonnera. A n'y rien comprendre......

Devant ce résultat, les professeurs n'oseront pas me faire redoubler, et encore une fois je passerai contre toute logique en classe supérieure.Une chance ou pas?Cela dépend du point de vue où l'on se place.

A suivre donc.......

dimanche, juin 8 2008

L'Education Nationale et Moi (7)

D'après nos profs, la 5ième et la 4ième étaient les pires classes, celles qu'ils redoutaient, car nous étions,selon eux, à " l'âge bête ".....Ayant toujours un temps de retard, je ne suis pas certaine que ce fut là où je fus le pire, et je me rappelle d'une fille en 5ième......mais avant, il faut que je vous dise que la semaine dernière j'ai oublié un évènement très important : l'année de la cinquième, le lycée nous apprenait à nager en nous emmenant à la piscine de Pantin à quelques stations de train de Villemomble ;n'était-ce pas de l'avant garde ?

Pantin__piscine.jpg

Bien que cela ne se voit pas, cette piscine Olympique qui date des années 1930 est faite en briques rouges comme mon lycée (et même que j'ai importé et rapetissé la photo toute seule!!).

Mais pour en revenir à mon histoire, alors que nous partagions nos cabines de déshabillage à deux, une fille a fait tout un cinéma, disant qu'elle ne pouvait se déshabiller avec nous! Nous nous demandions pourquoi? elle a fini par nous dire que c'était parce que elle avait de seins plus gros que les notres !!!!!! Cela nous a beaucoup fait rire, car nous étions peut-être attardées par rapport à aujourd'hui, mais quand même pas à ce point!

Revenons donc à la quatrième où nous entamons la deuxième langue vivante et pour ceux qui le veulent, la deuxième langue morte (le grec ). Je ne crois pas que le grec ancien soit encore enseigné au lycée ?En tous cas surement pas au collège en quatrième; même de mon temps il n'y avait que 5 ou 6 élèves qui prenaient cette option sur une classe d'une trentaine.

Je me contentais de choisir l'anglais.mais pourquoi les profs d'anglais ont-ils cette fâcheuse tendance à être bizarres? entre celui qui pleurait quand il nous mettait une mauvaise note et finissait par rehausser la note de tous, et celui vieux célibataire qui regardait d'un air énamouré les filles les plus matures.......oui, je sais, ce n'est pas gentil de se moquer de braves types....

J'ai perdu mon prof de français préféré, Monsieur K. et ai hérité de monsieur B.

Celui ci n'avait pas grande imagination ni humour; mes notes commencèrent à s'en ressentir...Mais l'apogée fut atteint avec ce sujet : "imaginez que vous arrivez sur la lune.Décrivez de que vous voyez"

Super! "imaginez"....je n'ai vu que ce mot...et j'ai imaginé : des bonhommes en carottes, choux fleurs etc....

Verdict: Hors sujet...et bien entendu une note déplorable.Et bien sûr tous mes condisciples avaient "imaginé" des cratères et autres trucs absurdes!!J'étais furieuse mais ai très vite trouvé comment me venger.

Le sujet suivant fut (en substance) : " racontez un conte de Noël".

Sa fille étant dans ma classe je savais qu'ils étaient très croyants; j'ai donc raconté, en guise de conte (jouez violons) : la Nativité!

Le résultat a dépassé mes espérances: j'ai eu une excellente note avec un" Très Bien " dans la marge.Et jusqu'à la fin de l'année j'ai toujours eu la moyenne car quelque fut le sujet j'y mettais toujours Dieu, ou Jésus ou un Saint quelconque et sans le savoir ai découvert que les meilleurs élèves étaient ceux qui savaient s'adapter.....

Cependant entre découvrir et faire il y a une différence et à la fin de l'année je me trouvais à nouveau avec 3 matières trop faibles;J'ai essayé d'attendrir la prof de math, dame âgée avec qui j'avais eu quelques leçons particulières (mais peu car elle n'a pas trouvé ce que je ne comprenais pas! en fait avec les années je crois que c'était la notion "d'hypothèse": comment pouvais-je faire en math, science que je croyais exacte, une hypothèse avant de résoudre le problème ?). En tous cas elle m'a dit qu'elle ne ferait rien, car elle avait toujours été juste avec moi et que j'avais les notes que je méritais.

Je suis donc allé voir Monsieur B. (mon latin posait toujours problème): et pour l'apitoyer, lui ai dit que si je redoublais, on me ferait arrêter mes études pour me faire faire de la couture!

Ce n'était qu'un semi-mensonge, car c'était toujours ce dont me menaçait ma mère, qui savait que j'avais horreur de la couture.

En effet, au lycée nous avions aussi des cours de couture obligatoires.Comment se passionner pour cette matière, alors qu'à l'âge ou l'on devient coquette on avait trouvé moyen, en cinquième de nous faire fabriquer une brassière de bébé (au lieu de nous expliquer comment on fabriquait les-dits bébés, ce que pour la plupart nous ne savions pas!).Et en quatrième nous devions réaliser un "béguin" brodé (coiffe pour enfants dont je n'ai trouvé aucune image) toujours pour bébés! Motivant!!!!

Monsieur B., peut-être par charité chrétienne eut pitié de moi, et fit que je puisse passer en troisième.

J'aurais presque oublié cette histoire, si ma mère allant voir les profs pour soeur4, n'avait pas eu la suprise d'entendre dire Monsieur B : " elle(soeur4) travaille mieux que son ainée;mais cela aurait quand même été dommage de faire arrêter à celle-ci ses études pour la couture"

J'ai eu à postériori quelques explications à fournir...........

dimanche, juin 1 2008

L'Education Nationale et Moi ( 6)

D'abord commençons par la photo du lycée " papillon" qu'une de mes nièces a retrouvé dans de vieux documents et que fiston a scanné et réduit à la bonne taille ( bin oui! C'est cela les grands auteurs : ils ont des assistants!).

Clem60.jpg

Le petit bâtiment sur la droite a longtemps était une école primaire que soeur4 a fréquenté au moins une année . Ne me demandez pas pourquoi j'ai du en 1955 intégrer une autre école à plus d'un kilomètre de la maison ; et le fait de savoir que j'aurais pu y rencontrer Daniel Picouly, ne me console pas, puisque garçons et filles étaient séparés....

Mais pour en revenir à la photo, cette annexe est devenu une extension du lycée.Ce qui ne suffira pas, puisque très vite les premiers pré-fabriqués feront leur apparition.Les élèves venaient au lycée d'assez loin et même de Seine et Marne ( Villemomble faisait encore partie du département de la Seine).Le bâtiment tel que vous le voyez , n'était pas plus grand : tout en longueur il comportait 3 étages.Les études "longues "étaient sélectives (cf chapitre 4 de ce feuilleton ).

J'arrive donc en cinquième avec de bonnes intentions : celle de ne jamais mériter le tableau d'honneur.L'adolescence aidant, cette intention se renforcera par la décision de ne plus apprendre mes leçons, puisque cela ne sert à rien car de toute façon tout est écrit dans les livres.J'ai seulement oublié qu'à chaque fin d'année mes livres étaient revendus pour racheter les suivants.Et il n'y avait pas d'internet pour me sauver les années suivantes quand les bases me manqueront: je suis née trop tôt!!!!!!

J'ai assisté cette semaine à une conférence de Philippe Jeammet, psychiatre,spécialiste de l'adolescence et auteur de nombreux ouvrages, qui disait qu'il était tout à fait normal (sinon sain) d'avoir 6 mois de décrochage scolaire à l'adolescence.Il ne fallait commencer à s'inquiéter qu'au bout de deux ans.Mon décrochage a duré près de 4 ans (jusqu'à ma seconde seconde).

En fait,l'envie de re-travailler m'a repris plus tôt ; mais mes lacunes étaient telles qu'il a fallu un redoublement et de bons professeurs pour re-émerger.Mes parents élevaient bien la voix à chaque bulletin scolaire : mais qu'est ce qu'une soirée de remontrances face à un trimestre de rigolade.J'ai toujours été pragmatique et le calcul était vite fait.

Mes parents se sont même habitués à mes heures de colle tous les jeudis matin ;en fait je ne sais pas, si mon père absent toute la semaine était au courant ? Quant à ma mère, elle était bien trop dépressive pour lutter contre sa fille si révoltée mais qui était la seule volontaire pour faire toutes les courses ( pardi;nous n'avions pas le droit de sortir! l'aubaine était trop inespérée pour moi...).

Ceci dit, il n'est pas certain que je serais encore collée maintenant, car neuf fois sur dix, c'était pour bavardage! Et pas n'importe lequel: un échange d'idée sur le cours avec Joëlle devenue entre temps mon Amie.

Situation tout à fait paradoxale : je me faisais toujours coller durant les cours qui m'intéressaient le plus; pendant les cours qui m'ennuyaient, je faisais mes devoirs pour les autres matières, ce qui ne dérangeait pas le prof qui n'attendait de nous qu'un silence religieux.

Que me reste-t-il alors de cette cinquième en dehors de ma "cancrerie" revendiquée ?

Un professeur différent des autres : Monsieur Henry Krittlé ( prononcer Kriklé), professeur de Français-latin qui avait exercé plusieurs années au lycée français de Londres.Il était très aimé de ses élèves,car était ce du à son expérience anglaise? Il était très attentif à chacun de nous.

Ainsi au lieu de fustiger mes défauts il les avait utilisés pour me mettre en valeur.Je ne suis pas certaine que sur le plan strictement scolaire,cela m'ait rendue service.Par contre cela a restauré ma confiance en moi; et ce n'est pas rien. Qu'a-t-il donc fait?

Le sujet de la première rédaction que nous avons eu à traiter était : "raconter un souvenir qui vous a marqué" ; personne ne s'était jusqu'à ce jour préoccupé de ce que j'avais pu ressentir de tous les chamboulements successifs de ma vie; je n'ai pas raconté un souvenir mais trois! et encore je me suis retenue! je ne me souviens que de 2 d'entre eux :

le premier était l'histoire des miettes dans mon lait en maternelle (vous vous rendez compte à quel point cela m'avait traumatisé pour que je le raconte partout!).

Le second je ne sais plus.

le troisième était l'histoire d'une paire de chaussettes que nous nous lancions avec soeur2 à travers un carreau cassé à la porte de notre chambre, quand en pensionnat à Châteaurenault nous dormions à l'internat de garçons.Et comme je ne savais pas trop expliquer que la porte était pleine, mais qu'au dessus il y avait une série de petits carreaux dont l'un manquait j'avais même fait un dessin pour illustrer mon récit.

Quand il a rendu les copies, le prof a dit qu'il avait beaucoup ri et a donc lu mon texte a toute la classe, qui elle aussi a ri et m'a félicitée.

Bien entendu à partir de là je n'ai eu de cesse de renouveler cet exploit; mes textes sont devenus de plus en plus délirants; mes camarades de classe demandaient toujours à ce qu'ils soient lus tout haut.Un jour, Monsieur Krittlé a même dit que je ne méritais pas la moyenne, mais qu'il me l'avait mise tellement il avait ri!J'étais très fière et j'ai adoré ce prof que je retrouverai en troisième.

Pour passer en classe supérieure, il ne fallait pas avoir plus de deux matières en dessous de la moyenne.

J'en avais trois, ce qui m'obligeait à passer un examen en septembre....Monsieur Krittlé a alors fait un deal (ce mot n'existait pas) passé un contrat avec moi : je travaillerai mon latin pendant les vacances d'été et je pourrai accéder à la classe supérieure.

C'est ainsi que durant tout l'été, je lui envoyais sur son lieu de vacances un devoir de latin ( en général une version), qu'il me renvoyait corrigé! Et ce sans se faire payer, même pas ses frais d'envoi! Connaissez vous beaucoup de profs comme celui là ?

Je ne pense pas que mes parents l'aient seulement remercié......

Et c'est ainsi que j'ai pu l'année suivante intégrer la quatrième.Mais je crains bien n'avoir pour autant pas fait de grands progrès en latin.......

dimanche, mai 18 2008

L'Education Nationale et Moi (5)

Les vacances sont terminées.Je quitte Strasbourg et mes grands parents, sans savoir que c'est la dernière fois que je vois mon grand-père.

Je rentre au lycée , sans angoisse particulière, malgré tous les changements que cela implique, car par rapport aux années précédentes ma vie a une certaine stabilité.

Le lycée Georges Clemenceau ( désolée je n'ai trouvé aucun site avec sa photo sur internet ;j'y remédierai, à l'occasion, ultérieurement ) est à 3 minutes de la maison (ma mère a vérifiée, car il était hors de question que je traine en rentrant.....).

Comme première langue l'allemand a été choisi pour moi, ce qui au regard de mon passé alsacien, ne peut que me rassurer ; d'autant que j'y retrouve Evelyne et Joëlle, qui si elles ne sont pas encore mes meilleures amies, sont cependant de bonnes copines que je connais.Ceci dit les débuts seront difficiles car je crois tout savoir et j'aurai du mal à accepter, qu'à part parler un dialecte, en fait je ne connais rien à l'allemand littéraire; que la grammaire est pour moi du chinois et finalement que si je brille dans les versions, les autres sont bien meilleurs que moi dans les thèmes.

Le changement de professeur et de salle toutes les heures (ou presque) me convient bien : j'ai du mal (déjà) à rester concentrée trop longtemps et j'aime bouger.Donc après une appropriation de lieux ces changements sont plutôt jouissifs.

De même que la mixité : je suis assez jeune pour ne pas en être troublée; et pour moi qui n'ai aucun frère, cette connaissance de l'autre sexe va m'éviter cette peur qui faisait que lorsque nous croisions des garçons avec soeur2 nous changions de trottoir.Même à l'adolescence je les verrai comme des copains et ne serai troublée qu'exceptionnellement par cette engeance particulière.......

Par contre le latin sera une découverte.Les premières déclinaison ( rosa et dominus ) m'amuseront.Mais cet enthousiasme s'évanouira assez vite.

J'aurai aussi des cours de dessin, de musique, de couture ( pour les filles sans choix possible), et 4 heures de gym par semaine ( dont 2 dites de "plein air" )

Mon lycée a, à l'extérieur la réputation d'être le "lycée papillon" en référence à une chanson de 1936 ; sous entendu un lycée pas sérieux.

Des règles existaient pourtant : on ne pouvait pas rentrer et sortir comme on voulait et quand il n'y avait pas cours, obligation d'aller en salle de permanence où il était interdit de parler; l'appel était fait avant chaque cours; il y avait de nombreux "pions" pour nous surveiller; au delà de 3 colles conseil de discipline et renvoi 3 jours.....etc...

Mais en fait, en dehors des tenues vestimentaires (interdiction formelle du pantalon sauf en hiver sous la jupe , interdiction stricte de tout maquillage) les autres règles étaient très inégalement suivies : c'est ainsi que je suis souvent sortie entre deux cours ( ma petite soeur4 connaitra, elle, aux alentours des années 68 la carte à montrer pour toute entrée et sortie!).

Les heures de perm seront avec certains surveillants des heures de soutien et d'échanges à voix basse la condition étant de ne pas déranger ceux qui avaient besoin de silence.

Cependant, était ce les années de Gaullisme, mais le règlement se durcira peu à peu: c'est ainsi que je me souviens, par exemple, qu'en sixième garçons et filles jouaient dans la même cour alors que plus tard nous n'avions plus le droit de nous mélanger.

Mais globalement j'ai appris dans ce lycée la liberté et la tolérance ;lorsque nous irons en fac, nous découvrirons que nous sommes les seuls à ne pas être dépaysés car dés le lycée, nous avons appris à travailler seuls ou à ne pas travailler; c'était de notre responsabilité.

En tous cas l'arrivée dans cet établissement m'a donné des ailes et j'ai décidé de travailler! Etait- ce parce que dés la sixième les professeurs nous serinaient que dorénavant nous faisions partie de l'élite, car tout le monde ne pouvait pas entrer au lycée, que je me suis sentie motivée, mais j'ai abordé cette année avec enthousiasme et volonté de bien faire.

Il y a bien eu ce prof de math qui m'a déchiré une page de mon cahier parce qu'elle n'était pas écrite proprement, alors que j'avais essayé de m'appliquer.....mais personne ne m'aidait à la maison! j'ai recommencé en m'appliquant encore plus, et ai été très déçue de la mauvaise note car pas encore assez bien !

J'ai persévéré ......A la fin du trimestre le proviseur passait alors dans toutes les classes pour apporter ses reproches ou félicitations à tous les élèves. Cette cérémonie cessera au changement de proviseur (l'année suivante? en tous cas je n'en ai pas d'autres souvenirs...)

Arrivé à mon nom : "mademoiselle X mérite le tableau d'honneur"

Jubilation! J'ai réussi! L'an dernier j'étais avant dernière! Cette année je mérite le tableau d'honneur! Victoire!

Mais le proviseur continua "comme nous estimons qu'elle peut mieux faire, nous ne lui donnerons pas cette fois ci"

Stupéfaction; j'ai travaillé toute seule; j'ai rattrapé mon retard! je le mérite et on ne me le donne pas! ce n'est pas juste!

Comme j'étais très timide je n'ai rien dit! je n'ai même pas pleuré....

Mais je me suis jurée que PLUS JAMAIS JE NE LE MERITERAI !!!!!

Et j'ai tenu ma promesse.L'année a continué et ma vie hors l'école, a de nouveau pris de l'importance.

Mon grand père est décédé le 18 janvier 1957.L'on m'avait caché sa maladie, comme on m'avait caché son "attaque" 2-3 ans auparavant.Je l'avais retrouvé pouvant à peine marcher; et c'est mon égoïsme enfantin et son amour pour moi qui avaient alors permis sa rééducation : "encore un peu grand père! encore!" en fait je voulais aller au parc où nous avions nos habitudes.Grand mère m'avait bien dit qu'il ne fallait pas aller loin.....mais nous sommes arrivés à mon parc préféré.Il s'est assis se demandant s'il pourrait rentrer.Il a pu! et nous sommes retournés ensemble au parc.Et il a remarché même si je me suis fait un peu gronder.

Cette fois ci je ne pourrai rien pour lui.Mais , alors que j'assisterai à son enterrement accompagnée de ma soeur ainée ( ma mère restant à la maison pour s'occuper de soeur4) je ne réaliserai sa disparition qu'au grandes vacances quand je serai seule avec grand mère....

Le 26 mai je ferai ma communion solennelle avec l'aumonerie du lycée : lycée publique oblige, elle n'était pas dans l'enceinte du lycée, mais il y avait des accords pour pouvoir la fréquenter à certains moments.

Entre autre, il y a eu une autorisation d'absence d'une semaine pour faire une "retraite". N'ayant plus le désir d'être béatifiée, le côté religieux m'est largement passé au dessus de la tête , et les moments d'isolement pour méditer m'ont remplie d'ennui profond car, de toute façon, je ne comprenais pas le sens du mot "méditation".

Heureusement qu'il y avait la vie en groupe et mon grand apprentissage de cette semaine là ( au fait! semaine ou 3 jours?) a été lié à la découverte de la profession du père d'une "collègue" : "otorhinolaryngologiste" ;J'ai appris le mot et la profession : au moins je n'ai pas perdu mon temps....

L'année est finie ! et grâce à la bêtise d'un conseil de classe qui espérait me stimuler au lieu de me donner ce que je méritais je vais connaitre mes années d'apprentissages les plus jubilatoires et les plus décontractées.

jeudi, mai 15 2008

L'Education Nationale et Moi (4)

Après une échappée dans le privé, le retour à l'Education Nationale.

Nous voilà à Villemomble, ville où je resterais de nombreuses années.Maman devient mère au foyer.papa travaille à l'extérieur.Cliché de la famille classique.Seule année où les 4 soeurs seront réunies : la première ira au lycée,la seconde au cours complémentaire, la troisième (moi) à l'école primaire et la quatrième en maternelle.

Dans ce temps là, le système scolaire voulait qu'à la fin de la 7ième l'on choisisse entre études longues et études courtes.

Si l'on (comme maintenant, je suppose que le "on" était varié et rarement l'élève...) optait pour les études courtes l'élève allait au "cours complémentaire" qui s'arrêtait à la troisième.

Pour les études longues l'élève passait un "examen d'entrée en sixième" pour intégrer le lycée éventuellement jusqu'à l'obtention des deux bacs ( hé oui il y en avaient deux; et contrairement à ce que pourraient penser les mauvais esprits pas un pour l'aller et l'autre pour le retour; mais seulement l'occasion de redoubler deux fois...).

Les volontaires pouvaient passer en 5ième le "certificat d'études" et en troisième le " brevet élémentaire".

Après la troisième quelques uns intégraient "l'Ecole Normale", devenaient instituteurs avec un engagement à servir quelques années, car leurs études étaient payées par la Nation.

En 6ième, en dehors des options langues vivantes l'on devenait "classique" ou "moderne" selon que l'on choisissait ou non le latin en matière enseignée supplémentaire.

En 4ième, outre une seconde langue vivante, l'on pouvait rajouter le grec ancien au latin.

Si mes parents nous ont dirigées vers les études longues, c'est grâce ( j'ai longtemps pensé "à cause") ma soeur ainée qui a eu l'idée saugrenue d'être excellente élève; par conséquent à la fin du primaire les instits ont supplié mes parents de la laisser continuer.

Et comme père et mère ne voulaient pas faire d'injustice, ce fut études obligatoires pour tous.

Sauf qu'il s'est avéré que soeur2 avait un gros problème d'orthographe, et qu'à ce moment là l'on ne parlait pas de dyslexie, ni d'orthophonie.

De ce fait elle ne put faire des études longues et même son CAP fut un problème pour elle,alors qu'elle n'était pas plus bête que nous, bien au contraire...

Mais revenons à moi.Pour l'instant je suis toujours en 7ième à l'école primaire.

Je n'ai aucun souvenir extraordinaire de cette année ; Au cours du premier trimestre deux filles sont venues nous rejoindre car elles avaient vite dépassé le niveau de la 8ième qui aurait due être leur classe pour l'année.Ces filles vont devenir très importantes pour moi : il s'agit d'Evelyne B. et de Joëlle M. qui seront mes meilleurs amies pendant longtemps.

Joëlle et moi, nous éloignerons peu à peu au quotidien d'Evelyne, élève trop sage pour nous, tout en lui gardant notre affection (et ce sera réciproque).

Quant à Joëlle seule notre vie d'adultes nous séparera et cela fait des années que je la recherche......

Quant à moi, je n'étais pas une élève précoce. Etaient-ce mes changements de vie successifs, mais à la fin de l'année j'étais avant dernière de ma classe.

Ce qui ne m'a pas empêchée de me présenter à l'examen d'entrée en sixième (pour les bon élèves le contrôle continue c'est bien; mais pour les cancres qui ne rentrent pas dans les "petites cases" un examen c'est mieux....)

Nous étions six à nous présenter ; arrivée devant le lycée, je vois la maman d'Evelyne vérifier une dernière fois si dans sa trousse sa fille avait bien tout ce qu'il fallait.

Etonnement de ma part : j'étais venue les mains vides et n'avaient même pas de trousse.Cette maman s'est alors précipitée à l'épicerie-librairie du coin et m'a vite achetée ce qu'il me fallait.Je ne me souviens plus si mes parents l'ont su et l'on remerciée ;en tous cas : Merci Madame je vous dois beaucoup .......

En fait mon père était toujours absent et ma mère n'étant pas faite pour être mère au foyer est devenue dépressive, s'est mise à boire et ne s'habillait que le Week-end.Elle faisait ce qu'elle pouvait pour s'occuper de nous , nous faisait à manger ,mais pour ce qui était de l'école nous nous débrouillions toutes seules.

Ma soeur ainée demandera vite à repartir à Montpellier chez ma grand mère paternelle; mais ne pleurez pas sur mon sort , car j'ai toujours eu une innocence et une inconscience qui m'ont permis de vivre ma vie dans la bonne humeur en m'adaptant aux évènements....

L'examen d'entrée en sixième fut tellement difficile, qu'un second fut organisé.

Pour ma part je fus reçue dés la première édition; mais l'avais-je vraiment mérité, car figurez vous que j'avais un peu triché!

En effet en Français, le texte parlait d'une histoire de bille coincée dans un trou (en tous cas je ne me souviens que de ce passage là.....)

Et à la dernière question, l'on nous demanda de dessiner la bille coincée dans le trou.

Or pour moi (allez savoir pourquoi? ) ce trou ne pouvez être que rond.

Comment dessiner une bille ronde coincée dans un trou rond pour que l'on voit à la fois la bille et le trou?

Je n'y arrivais pas, et j'ai donc levée la tête désespérée, me disant que ce devait-être un piège, que les autres non plus ne devaient pas y arriver.....Que nenni!!! Ils avaient tous la tête baissée.mais qu'est ce qu'ils pouvaient bien faire ? et alors que vis-je ?

Mon voisin avait dessiné UN TROU CARRE ...j'ai trouvé cela génial et.....Oh Honte....j'ai copié et fait un trou carré..

Et depuis, je me demande toujours si ma réussite à cet examen était mérité ?

Extrait de " Les doigts pleins d'encre" de Doisneau et Cavana (édition "France Loisirs")

dimanche, mai 4 2008

L'Education Nationale et Moi (3)

Ma 8 ième ne devrait pas apparaitre dans cette série...

En effet, j'ai quitté l'Education Nationale pendant un an !

Mes parents ont abandonné l'épicerie-buvette dont ils étaient les gérants.Avec l'aide financière de mes grands parents maternels, ils vont acheter un pavillon à Villemomble (banlieue est de Paris).

Mon père va enfin se stabiliser dans un métier qui lui permettra de bouger : représentant de commerce; il travaillera d'abord en région parisienne puis au fur et à mesure qu'il montera en grade il sillonnera la France (Corse comprise) !

Pour nous éviter des changements d'école en cours d'année, soeur n°1 restera à Montpellier chez ma grand mère paternelle, soeur n°2 et moi (n°3) irons chez les bonnes soeurs religieuses à Châteaurenault (Indre et Loire) où exerce comme enseignante ma Dominicaine de tante paternelle (Soeur Thérèse du Calvaire ).

Durant cette année là nous ne retournerons chez nos parents qu'aux vacances de Noël et de Pâques.

Traitreusement, ce sera ma petite soeur ( n°4) qui ira à Strasbourg! Mais seulement pendant un trimestre ce qui limitera ma féroce jalousie, car j'ai toujours du mal à admettre que mes grands parents maternels soient aussi ceux de mes soeurs.

De l'enseignement de cette école privée, je n'ai aucun souvenir! Est ce signe que tout c'est bien passé ? Ou seulement que tous les autres évènements de cette année de pensionnat ont occulté la banalité d'un enseignement qui en fait ne se distinguait du publique, que par des prières de ci-de là ?

En tous cas, je me souviens vaguement de la visite des lieux, et de la présentation de ma tante que je ne connaissais pas, pendant les vacances d'été.

Mon premier jour là bas reste par contre plus vivace dans mon esprit.

Dés le premier repas, nous étions encore en vacances et nous étions les premières élèves à être déjà arrivées, on m'a servit en désert du fromage blanc.Or, même aujourd'hui, je suis encore incapable d'avaler ce mets! J'ai donc refusé de le manger et me suis retrouvée à table jusque vers 16 heures (malgré les tentatives faites par ma soeur pour m'aider) avant que l'on me permette de me lever de table.

Victoire ? Pas encore, car au repas du soir je me suis retrouvée devant mon assiette de fromage blanc comme seul repas!

Je n'ai pas cédé et..........ai été exemptée de ce produit pendant toute l'année!

Je passerais sur quelques autres souvenirs comme la toilette en commun devant une sorte d'abreuvoir affublé de robinets où nous nous lavions en choeur,en évitant de montrer notre corps (cocasse, la toilette en gardant la chemise de nuit !), la toilette "intime" nécessitant que nous allions à tour de rôle dans les WC avec notre gant de toilette mouillé!

Je ne sais pas pourquoi, mais très vite, ma soeur et moi sommes allées dormir dans un pensionnat de garçons quelques rues plus loin ; rassurez vous, nous n'avons jamais vu la queue le minois d'un seul!

Une à deux fois par trimestre nous (toujours ma soeur et moi) allions passer l'après midi chez les châtelains du coin où après des jeux champêtres avec leurs filles, un goûter pantagruélique et délicieux nous attendait.

En fait la grande affaire de cette année là, fut pour moi mon Baptème Catholique.

Ma mère était Protestante non pratiquante; mon père Catholique de temps en temps pratiquant.

Au départ, nous les trois ainées avons été baptisées dans la religion Protestante; moi en urgence à quelques semaines car mourante!

Je ne sais toujours pas si j'ai été sauvée in extrémis par le Baptème ou l'abcès de fixation qui n'a pris que dans les 5 dernières minutes à vivre accordées par le médecin, en tous cas tant pis pour vous je suis là!

Mais pour en revenir au baptème : mes deux soeurs ainées avaient vite été re-baptisées catholiques lors de leurs divers séjours dans ma famille paternelle.A soeur n° 4 ma mère a donc décidé que ce serait plus simple de la baptiser toute suite dans la religion de mon père.

J'étais la seule rescapée du Protestantisme; en plus la seule n'ayant jamais été au catéchisme; ce qui par contre ne m'avait pas empêché d'accompagner mon père et mes soeurs à la messe du dimanche à Montrouge.

Mes parents avaient l'esprit très ouvert.....

Vous pensez bien que le clan paternel n'allait pas laisser passer l'occasion de mon séjour en pensionnat religieux et allait remédier à cette anomalie familiale!

C'est la Mère Supérieure qui m'a prise sous son aile --de cornette-- pour me catéchèser! Et se prendre très vite d'affection pour cette petite fille vive, primesautière ( plus tard l'on dira insolente!) et naïve; affection réciproque, car c'était une vieille dame ( à mes yeux) qui me rappelait un peu la tendresse de ma grand mère.

Je n'ai aucun souvenir du baptème lui même! Par contre je me souviens avoir dit dans le courant de l'année, en sortant de l'église après un office quelconque ( le dimanche il y en avait le matin, l'après midi...) à la religieuse qui m'accompagnait que "je ne comprenais pas pourquoi? mais à chaque fois que j'étais dans l'église, j'avais, au bout d'un moment, une folle envie de dormir. Cela était surement du à l'odeur de l'encens ?"

Dis, pourquoi,Ma Soeur, tu ne réponds pas et tu fais cette tête ?

Cette année là, j'ai aussi eu soudain une vocation!

Je voulais être sainte ( ou plus précisément béatifiée...). Il y avait , en effet, au pensionnat, une fille descendante ( je suppose en voie non directe!) d'une béatifiée.Et voilà que toutes les Bonnes Soeurs religieuses étaient en extase devant elles!.Pourquoi, alors qu'elle n'y était pour rien?

Je décidais, par conséquent, que moi je ferais mieux! puisque la Sainte, ce serait MOI !

Mais j'ai vite abandonné cette idée, car comme lecture nous étions fortement encouragées à lire de petits fascicules illustrés narrant la vie des Saints.

Grâce à cette lecture "saine" j'ai découvert des histoires d'horreurs, je dirais même gores via les illustrations : pour être béatifiés les premiers saints devaient apparemment être écartelés, transpercés, bouffés par des lions, décapités violemment etc....etc....

A coté de cela la Comtesse de Ségur, c'était du gnangnan

Bref, puisque il me faut conclure ce long billet, hors sujet, j'ai vécu cette année là ,une année édifiante et riche, que je n'ai retrouvée qu'en marge de l' Education Nationale lors de mes frasques adolescentes.

Mais au prochain billet, je vais essayer de rentrer, à nouveau, dans le rang!

dimanche, avril 27 2008

L'Education Nationale et Moi (2)

Le Choc! ce n'est pas possible ! Je dois quitter Strasbourg pour Montrouge où mes parents tiennent une épicerie-buvette !

Mais Pourquoi ?

- l'école où tu dois aller est trop loin pour que grand père et moi t'y accompagnions.

-Mais je suis grande, j'irais toute seule!

-non; en plus tu sais que l'hiver il fait trop froid..

-Mais non! j'ai l'habitude !

Rien à faire! j'avais pourtant dit à grand mère, quelques mois auparavant lorsqu'elle me déconseillait de devenir "doctoresse" parce que les horaires seraient trop lourds pour élever mes enfants, que je les lui confierai car je trouvais qu'elle faisait très bien cela....Et voilà qu'elle m'abandonne à des parents que je connais très peu.....

Et voilà pourquoi, involontairement je le concède, l'Education Nationale a gâché bouleversé ma vie.

D'autant qu'en arrivant à Montrouge (au sud de Paris) la situation sera pire que ce que je m'imaginais : je suis la troisième de 4 filles, ce qui fait que je perds en même temps mon statut de fille unique et de benjamine; je ne suis plus la petite merveille du monde, la merveille des merveilles.Et ce même si soeur n°1 partira dans un an à Montpellier chez ma grand mère paternelle et que soeur n°2 ne reviendra que dans 2 ans de Tunisie où elle vivait avec une tante paternelle....

Par contre l'année de CP n'a pas trop mal commencé.J'arrivais avec un fffôôrt hââkceent Hâââlssassien, et l'institutrice, afin que l'on ne se moque pas de moi avait eu l'intelligence de me présenter positivement à la classe,expliquant d'où je venais, et qu'en fait je connaissais une langue que les autres ne connaissaient pas.

Les troubles qui vont suivre ne sont donc pas liés à l'école. Mais membres de l'Education Nationale ne vous réjouissez pas trop vite, les années suivantes ne disculperont pas toujours l'Institution l

J'ai très vite appris à lire et je me souviens de ma première victoire : un article de France-soir (et oui en 1951 ce journal existait déjà ).Même qu'il s'agissait d'un crime.

Apprendre à lire a été la meilleure aventure qui me soit arrivée.J'ai toujours aimé les livres.Bien que mes grands parents n'en lisaient pas, j'avais 2 livres que j'ai regardé et encore regardé; dont le premier "babar" que j'ai adoré même si la mort de sa maman me bouleversait.

A Montrouge,il y avait les livres de ma soeur ainée,et j'ai dévoré tous ses Comtesse de Ségur.Je n'ai que modérement aimé " le Général Dourakine" trop violent à mon goût ;"les petites filles modèles m'ont agacées"; Par contre j'ai lu et relu "Les malheurs de Sophie"........

Bien que nous n'ayons pas été élevées ensemble mes soeurs et moi partageons cette appétance littéraire (ce terme étant à prendre dans son sens le plus large et le plus ouvert!)

Grâce à la lecture, j'ai oublié bien des tourments et dés cette année là. Car à la maison ce n'était pas pareil; je voyais très peu mes parents qui ouvraient l'épicerie de 7 H du matin à environ 13H et de 15-16H à environ 20H. Sinon ils avaient le dimanche après midi de libre; ils faisaient alors les comptes et la sieste et le lundi.Nous n'avions pas le droit de mettre les pieds à l'épicerie (sauf pour la bise au moment de partir à l'école); c'était une " bonne à tout faire" (Lulu) qui s'occupait de nous.Une chance elle était très gentille; c'était une brave fille de la campagne.La pauvre: nous la faisions souvent enrager.Mais nous l'aimions bien.

Le lundi quand est arrivé le printemps mes parents partaient toute la journée se promener et parfois pique-niquer avec ma petite soeur.

Et comme par hasard, le lundi j'avais de forte fièvre (pour de vrai.....)Une fois l'école m'a même accusée d'avoir mordu quelqu'un, ce dont je ne me souviens pas mais avec 39à 40 d° de température tout est possible! J'ai été hospitalisée une semaine pour tout un tas d'examens (même une douloureuse ponction lombaire) mais ces fièvres du lundi sont restées inexpliquées ( ah bon ?) et à tout hasard j'ai eu une série de piqures qui m'ont guéries. A moins que ce ne soit le fait que je ne sois plus retournée à l'école les derniers mois de l'année et que du coup le grand air des promenades du lundi m'ait été bénéfique.....Va savoir!!!!!!

Malgré cela je n'ai pas redoublé et les deux années suivantes furent moins perturbées : je me suis habituée et de plus mes grands parents sont venus faire de (courts) séjours chez nous, de même que j'ai passé toutes mes grandes vacances à Strasbourg.

Très peu de souvenirs de la scolarité mais quelques uns quand même:

En CE1 nous avons commencé à écrire dans un cahier à grands carreaux : la consigne était qu'il ne fallait pas sortir du dit carreau ;ce n'est pas facile lorsqu'il y a un mot de plus de 4 lettres à écrire! Et me voilà en train de le noter en rond dans l'espace indiqué! Ouf! soulagement lorsque la maitresse ma dit que c'etait seulement vers le haut que la lettre n'avait pas le droit de dépasser, mais qu'à gauche ou a droite pas de problème....

Quelque difficultés ont aussi commencé à apparaitre lors des dictées : confusion entre les p et le b et entre les t et les d.

Diagnostic : cela est du à l'alsacien.Mais pourquoi la confusion entre les m et les n .Et pourquoi ces confusions persisteront-elles très tard?

La dyslexie n'était pas décelée dans ce temps là......

Et les maitresses ?dans l'ensemble attentives.l'on s'étonnera même que j'arrive à courir sans tomber tellement mes jambes paraitront s'emmêler ; ce qui fera dire bien plus tard à une collègue psychomotricienne que j'étais "débile psychomotrice" .On a les débilités que l'on peut!!!!

Tout baigne donc à l'Education Nationale ? Non...dans ces années là j'y ai connu une maitresse sadique (je ne me souviens plus dans quelle classe, et il ne me semble pas l'avoir subie longtemps.

Mais un jour elle a grondée une petite fille parce qu'elle arrivait sale à l'école. Et comme cela continuait jour après jour, elle l'a mise debout sur le bureau et lui a soulevé sa robe ; elle n'avait pas de culotte; rire de la classe ; je suis fière de n'avoir pas eu envie de rire.

Ensuite elle lui a donnée des claque sur les fesses avec la main mouillée car " avec une main mouillée cela fait plus mal"

Mais c'est la seule personne que j'ai connue aussi perverse

Et pour finir sur une image plus apaisante la seule photo de classe que j'ai trouvée de cette période là :

dimanche, avril 20 2008

L'Education Nationale et Moi (1)

Depuis le temps que je déambule à travers les blogs de profs cela devait arriver!

Déjà la lecture du dernier livre de monsieur Pennac m'avait titillée.

Mais comment, moi, petite fille intelligente et curieuse, ai-je pu devenir cancre ?Quel part de responsabilité a l'école ? Ou mon environnement familial et social ? De nombreuses études ont été réalisées sur ce sujet. Mon témoignage ne permettra pas de répondre à cette question car le sujet est trop vaste et trop complexe pour y apporter une réponse universelle.

Mais les souvenirs que je vous rapporterai sont ceux qui m'ont le plus marqués;Rien qu'en y pensant je ressens encore la colère, la joie,l'amertume, le plaisir vécus à ce moment là.Je me tromperai surement dans les dates ,dans les détails de certains évènements ,mais pas dans l'évènement lui même qui a suscité les sentiments que j'éprouve encore à son souvenir.

Première école : la maternelle.Banal me direz vous, est ce si certain que cela à la fin des années quarante?

Je vivais alors chez mes grands parents maternels à Strasbourg . Hé oui! Je suis à moitié Alsacienne l'autre moitié étant à dominante Catalane.

Je n'ai pas de souvenirs traumatisants de rentrée scolaire,car pendant l'été,ma grand mère m'avait montré l'école et parlé de la directrice qui était une vieille dame (à mes yeux en tous cas ) qui vivait avec son frère.Je crois même qu'elle m'avait présentée.

Au milieu de la cour il y avait un gros arbre .J'aimerais que ce soit un marronnier pour me dire que je n'ai pas rêvé les parties de jetée de marrons qui devaient surement être interdites?

En tous cas ,un premier traumatisme est lié à cet arbre : un jour où nous étions en récréation un orage a éclaté et nous nous étions abrités de la pluie sous celui-ci.L'institutrice s'est précipitée vers nous, nous faisant vite sortir de là; Elle nous a alors expliqué tout ce que la foudre pouvait nous faire, si nous restions sous cet arbre.......Nous avons eu très peur et Je n'ai jamais oublié cette leçon!

Comme je n'ai pas oublié la colère qu'a suscité en moi un sentiment d'injustice intense!

Tous les matins nous avions droit à une collation avec du lait ( bien avant que Mendès France rende obligatoire le verre de lait en 1954 ) avec quelque chose à manger qui faisait des miettes.Ce détail est important!

En effet, mon voisin de pupitre (qui était comme un frère pour moi car nous habitions le même immeuble et ma grand mère avait pris en sympathie sa mère, rejetée par beaucoup,car "fille mère" ) m'avait mis des miettes dans mon lait; ce qui me donnait des hauts le coeur. Nous nous disputâmes et j'ai du crier très fort.La maitresse demanda ce qui s'était passé.Je le lui dis.Mon voisin nia.Et c'est moi qui me suis faite gronder car que ce soit vrai ou pas je n'avais pas à crier.Et j'ai même failli me faire punir car je protestais.

Rien que de l'écrire je suis encore révoltée et en colère par tant d'injustice! Dur apprentissage de la vie et j'aurais beau subir d'autres injustices, celle ci prédominera toujours.

Mais c'est aussi à l'école maternelle que j'ai vraiment appris le français.Avec mes grands parents je parlais l'alsacien; J'avais bien quelques notions de français, ne serait-ce que parce que j'avais passé 6 mois "en France " (et oui c'est comme cela que mes grands parents ,nés pendant que l'Alsace était Allemande, disait) vers mes 2-3 ans après un accident cardiaque de mon grand père.

Et c'est ce bilinguisme maitrisée qui fit que lorsque mon père vint un jour me chercher je ne compris pas qu'il me demandât de lui parler en français sous prétexte qu'il ne comprenait pas l'alsacien! Moi je comprenais bien ce qu'il me disait en français alors que je lui parlais en alsacien.Pourquoi pas lui ?

La socialisation apportée par l'école maternelle a dépassé le cadre même de l'école.Je m'y suis fait des copains et copines de l'ensemble d'immeubles voisin.Et j'avais le droit d'aller jouer avec eux, de faire d'autres expériences.J'ai alors pu goûter au sirop de la rue ,qui est une autre université.

Je crois avoir fréquenté l'école maternelle 2 années durant; mais ce fut trop court .

L'éducation Nationale n'a pas été directement responsable de la fin de ce bonheur mais indirectement sans aucun doute!

dimanche, février 24 2008

Le lit partagé

Dans son dernier billet zoridae raconte quelques anecdotes du temps où elle partageait sa chambre avec sa petite soeur.

Cela m'a rappelé des souvenirs : nous sommes une soeurerie de 4 filles;Je suis la numéro 3 et j'ai longtemps partagé avec soeur numéro 2 de trois ans mon ainée , non seulement la chambre ,mais aussi le même lit.

Autant dire qu'avant de dormir il y avait quelques échanges souvent ludiques entre nous.

Notre jeu préféré ,initié par ma soeur (c'était quand même,elle, l'ainée!!!) s'appelait " les deux soeurs" (admirez l'originalité!) .Pour ce jeu nous avions chacune un accessoire indispensable : une mini cape à capuchon de poupée ,que nous mettions sur notre tête et qui figurait des cheveux longs indispensables dans ce que nous imaginions être notre vie d'adulte. Le jeu commençait toujours par un "dring ,dring " représentant le réveil matin qui nous faisait virtuellement lever pour vivre une nouvelle journée de travail ,mais aussi de rencontre amoureuse .Rassurez vous ! Tout cela était très chaste car nous étions encore dans les années cinquante où même l'idée d'embrasser un garçon était beaucoup trop osée ;D'autant que nous n'avions pas de frère ,fréquentions une école où garçons et filles étaient séparés et avions un père pas très présent à la maison......Mais je m'éloigne de mon sujet d'autant plus facilement que je n'ai guère plus de souvenirs que le "Dring dring " du début ou alors de vagues réminiscences d'hôtesse de l'air qui prenait l'avion et ??.

Mais parfois l'humeur n'était pas au jeu mais au conflit ; nous trouvions alors un cordon ,une ficelle ou un bout de laine pour séparer le lit en deux ; Le marquage de cette frontière ne faisait qu'envenimer les choses : trop d'un côté ,trop de l'autre , pas droite , un doigt de pied qui dépassait ....Bref nous avons vite appris que "frontière = guerre sans merci ".

Nous avons grandi ,mais toujours partagé le lit .C'est là que ma soeur ,qui passant un CAP avait des cours d'anatomie , m'a appris ,livre de sciences à l'appui comment était fabriquée une fille.Merci à elle qui m'a évitée bien des angoisses.

Merci aussi à sa patience , car en grandissant ,figurez vous que j'avais HORREUR de me lever la première.Aussi ,lorsque mes cours commençaient plus tôt que les siens ,je me bougeais suffisamment dans le lit pour qu'elle ouvre un oeil ; moment que j'attendais avec impatience pour entamer la conversation ; Et je me souviens plusieurs fois lui avoir dit d'un ton péremptoire " il faudrait que TU te lèves , sinon JE vais être en retard "....... et gentiment elle le faisait....alors ,qu'elle , avait le temps...