Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi, avril 7 2014

Culture et pâture en Islande


Voyager est pour moi le plaisir de découvrir ce que je ne connais pas.
Parfois, je crois connaitre un peu le pays (via des livres ou des films) d'où des idées préconçues et des images d'exotisme.
D'autres fois, le hasard fait que j'atterris dans un pays que je n'arrive même pas à situer sur la planisphère. Ce qui, pour autant n'exclut pas totalement les idées préconçues, mais les minimise.

S'il m'est arrivée, il y a quelques années de partir à l'étranger en famille (bien trop rarement à mon goût), nous avions au minimum un livre-guide qui nous permettait de choisir ce que nous avions envie de voir en priorité.
Maintenant, ne maitrisant pas assez les langues étrangères et ayant un sens de l'orientation plus que défaillant, je ne pars plus qu'en voyage organisé. C'est donc un humain-guide qui choisit pour moi à partir d'un programme plus ou moins imposé.
Avec un chauvinisme que nous serions malvenus de critiquer, chaque pays s'empresse de présenter en premier ce qu'il trouve de plus admirable sur son territoire.

Ainsi, débarquant après des heures de vol en Chine, nous fûmes fortement incités à admirer le train à très grande vitesse (que je n'ai même pas eu le temps de photographier, voir ici), alors que s'il était un pays où j'attendais de l'exotisme c'était bien la Chine!
Conseil aux tours opérateurs chinois: si vous voulez que nous admirions la modernité de Shanghai, commencez par satisfaire nos attentes avec la Cité Interdite.

Pour l'Islande mes attentes étaient quasi nulles
Par contre, la  première visite m'a bien surprise (sinon un peu déçue de prime abord):





Quoi? vous ne voyez pas de quoi il s'agit: regardez en bas à gauche sur la prochaine photo:


Hé,oui! Des tomates en serre, grande fierté de l'ile!
Mais des tomates à la fructification écologique!


Pourquoi sont-elles si hautes et touffues alors que lorsque j'en plantais on me faisait éclaircir et raccourcir l'ensemble pour avoir de belles tomates? Il doit quand même y avoir un truc!


N'empêche que ceux qui ne sont pas partis en voyage organisé ne savent pas qu'il y a une serre à tomates en Islande!
Et je précise qu'ils font une très bonne soupe; vous la dégustez à une table sur laquelle est posé un pot de basilique et des ciseaux...A vous de la parfumer.

Par contre j'espérais voir des moutons; ce n'était pas la saison de transhumance et de surcroît je pense qu'ils sont plus au nord.
L'élevage des moutons pose par ailleurs un gros problème au pays; si leur élevage en liberté (un peu comme les cochons corses) fait leur réputation gastronomique, il empêche par contre la culture de légumes puisque les bêtes dévorent tout ce qui pousse sur le peu de terre cultivable existant.
Ce qui oblige le pays à importer tous ses fruits et légumes; et explique le plaisir des habitants à voir pousser des tomates, qui en réalité ont un goût très ordinaire.
Ce problème divise actuellement les islandais: faut-il parquer les moutons pour développer la culture ou ne rien changer pour continuer une tradition mondialement connue?

Comme quoi ce qui parait futile pour le touriste peut être une question primordiale pour l'autochtone. Il est juste dommage de commencer par cela alors que nous n'y sommes pas encore préparés.

lundi, mars 24 2014

Islande,littérature et cuisine


Dés que j'ai visité un pays, ou un bout de celui-ci, je me précipite dans une librairie, une bibliothèque ou quelques lieux où je puisse trouver des romans qui se passent dans ce pays.
D'avoir frôlé le sol, vu le ciel et ressenti l'atmosphère me permet de mieux entrer dans l'histoire. Et inversement le roman m'explique et me fait comprendre ce que j'ai vu.
Fan de polars, notamment de polars nordiques, j'avais bien entendu déjà lu quelques romans d'Arnaldur Indridason.
Sauf qu'en bonne française spécialiste zéro en géographie je situais l'Islande du côté de la Suède, la Norvège bref un des ces pays ou on est à tu et à toi.
Pour ceux aussi doués que moi l'Islande est une petite ile qui se situe loin, au nord ouest de l'Irlande.
C'est à dire, quand vous regardez une carte, en haut à gauche; si vous tourner le dos à la carte en haut à droite; et si vous faites les pieds au mur je ne sais pas si c'est en haut ou en bas car je n'y arrive pas...

Mais revenons à notre sujet: les gens du nord n'écrivent pas tous des polars.
Je viens de découvrir une romancière qui se nomme "Audour Ava Olafsdottir" et qui a écrit une première histoire, traduite en 2010: "Rosa Candida" que je n'ai pas lue mais qui fut un grand succès.
Par contre je viens de découvrir "l'embellie" de la même écrivaine, une sorte de road movie entre une femme et un enfant de 4 ans. Livre très agréable.
Même si son parcours ne correspond pas aux lieux visités, ce que j'ai découvert sur place me permet de visualiser ses descriptions. Ce qui est particulièrement important pour ce roman.

Cependant la principale surprise vient des 40 dernières pages, sorte de postface intitulée "Quarante-sept recettes de cuisine et une recette de tricot".
Chouette me dis-je!
Avant de partir je savais que la spécialité du pays était le mouton.
Bien entendu fiston s'était empressé de me demander de ramener du mouton fumé! J'ai beau eu faire le tour des quelques supérettes de Reykjavík je ne trouvais que de la viande fraiche ou des morceaux de poissons séchés (qui se mangent comme des ships m'a dit une vendeuse limite aimable; je dirais plutôt comme des bâtons de réglisse au goût de poisson [petit aparté dans l'aparté: l'Islande est le premier pays où on comprend mon anglais et où je comprends le leur])  
Bon finalement j'ai trouvé le mouton fumé au duty free de l’aéroport une fois dépensées toutes mes couronnes. Cela se présente sous forme de carré (contrairement au poisson de chez nous qui est plutôt rectangulaire).

Et les recettes? sur place je m'étais surtout régalée de délicieuses soupes.
J'avais même eu la chance de trouver au self du site de Geyser une soupe de mouton où les gens oubliaient de racler le fond ce qui fait que pour une somme dérisoire j'ai eu un délicieux plat de mouton aux légumes.
A ce propos de croyez pas les guides qui vous disent qu'un repas coute entre 20€ et 40€. Je n'ai jamais dépassé les 10€-12€. Quand on cherche c'est possible et même bon!
Mais pour en revenir aux recettes du livre je crois qu'on peut en éliminer quelques unes, comme les spaghettis à la carbonara, la gelée de groseille et même le hamburger maison qui n'est même pas fabriqué avec du mouton contrairement au pot au feu islandais...

Ici la recette du pot au feu la plus proche de celle du livre. Quoique ceci peut aussi être bon.
A la limite vous remplacez les viandes de nos recettes par mouton et agneau cela aura un air islandais. Pas trop de légumes car il n'en pousse pas beaucoup sur place.
Si j'y pense je vous parlerai de tomates et aussi de la guerre du mouton libre...

Assez déliré pour aujourd'hui et en attendant le prochain billet:

Bon appétit!

vendredi, mars 14 2014

Coup de gueule du jour: article 20 du JO du 13 mars 2014


A TITRE EXPÉRIMENTAL ???

"L'implantation, aux fins d'expérimentation, d'un décompteur de temps d'attente piéton est autorisée pour une durée maximale de deux ans sur le territoire de la commune de Strasbourg.
Les caractéristiques de la signalisation expérimentée, son implantation, ses modalités d'évaluation et les conditions de réalisation de l'expérimentation au regard de la sécurité de la circulation sont fixées conformément à l'annexe jointe à la présente décision."

Pourquoi tant de précautions alors que ceci existe depuis des années dans de nombreux pays?
En Chine, lors de mon voyage en 2009 j'ai même vu le décompte de temps pour les voitures en lieu et place du feu orange.

On n'hésite pas à installer partout des caméras de surveillance, encouragé par l’État qui accorde des subventions conséquentes; ce alors que leur efficacité est controversée.
Par contre, qu'un piéton puisse savoir si il a le temps ou non de traverser une route, semble poser problème à nos décideurs!
J'avoue ne pas comprendre!!!
Pour ma part cela devrait être obligatoire! Mais il est vrai que je fait partie des gens qui marchent en ville...

Pour ceux qui souhaitent lire le texte complet c'est ici (et pas trop long je vous rassure).

mardi, mars 11 2014

Islande: la pinothèque de Reykjavik


L'homme est peut être le plus intelligent des mammifères, tout au moins le croit-il.
Mais si, comme il est souvent signalé par des humoristes, son intelligence se situe en dessous de la ceinture, il a du souci à se faire!
(J'espère que vous avec remarqué que je n'ai pas écrit "homme" avec une majuscule, ce qui engloberait tous les êtres humains).

Voyez donc:

La baleine: 170cm et 70 kg.

Le cachalot

Et, et ? Mais oui l'homme


Il paraitrait que l'homme aurait la plus grande des primates: je n'ai pas vérifié...Sachez que trois messieurs ont fait don, par testament, de leur organe le plus précieux au musée. Celui-ci, qui a plus de 90 ans, est le premier.
Par contre je n'ai pas un zoom assez puissant pour photographier celle du cochon d'inde: rassurant...

Le musée est officiellement une "Phallothèque"; cependant la traduction française sur les différents cartels était "pinothèque".
Je soupçonne un facétieux visiteur français d'avoir un jour suggéré ce mot comme étant le bon terme à utiliser...
Le musée a été créé dans le petit village portuaire de Husavik avant de s'installer à Reykjavik  la capitale.

Je me suis demandée comment une telle idée avait pu passer dans l'esprit de quelqu'un? Je m'imaginais une soirée bien arrosée, durant laquelle la conversation avait viré au délire...
Que nenni, comme je l'ai découvert ici.

A vrai dire j'ai trouvé ce musée assez ennuyeux et n'ai pas admiré les 217 phallus trempant dans du formol.
Par contre tout au fond du musée 2 pièces exposant des exemplaires imaginaires appartenant au folklore islandais ou des objets d'art se rapportant au sujet m'ont plus amusée.

Lors de ma visite, ce jour là, nous n'étions que des femmes. Comme cela me faisait rire, j'ai demandé au gardien s'il en était toujours ainsi? Il m'a affirmé que non et qu'il y avait autant de personnes des deux sexes qui venaient.

Bref, ce musée me semble plus destiné aux phallologues, si tant est qu'une science phallologique existât...


lundi, mars 3 2014

Le vent se lève de Hayao Miyasaki


Rassurez vous je ne vais pas vous raconter le film, ni en faire une analyse.
Je vais juste vous donnez mes impressions en toute modestie et peut-être même un conseil: visionnez ce film sur grand écran.

Quand je vais au cinéma (assez souvent, carte UGC encourage; et ce même si il n'y a pas de cinémas UGC ou ayant en accord avec UGC dans mon département), je choisis le film par rapport à une histoire.
Je n'ai pas dépassé le stade de l'enfance et j'aime qu'on me raconte, qu'on me fasse rêver. J'aime sortir de ma vie pour en vivre une autre. Quelque soit le support: livre, ciné, théatre etc...

Or pour la première fois, lorsque ce film a commencé, j'ai été avalée par l'image. Une telle beauté de la peinture (faut-il préciser qu'il s'agit d'un dessin animé), que tout le reste est passé au second plan.
J'étais rentrée dans un musée où tout n'était que flamboyance; même les nuages noirs.

Pourtant l'histoire n'a pas démérité bien au contraire avec ce rêve d'enfant qui se réalise. Ambiance exaltante et mortifère.
Un paysage doux et la guerre sous jacente. Douceur et violence.
Des personnages suffisamment complexes avec cet héros tendre, sensible, terriblement égocentrique et par conséquent attachant.
Des questions de fond autour de la vie de la mort; des belles découvertes qui créent des calamités.

Mais pour que vous ne quittiez pas ce billet plus idiot que lorsque vous avez commencé à le lire, sachez que le titre de ce film a pour origine le poème de Paul Valéry: "Le cimetière marin".

                                    LE VENT SE LÈVE, IL FAUT TENTER DE VIVRE.


samedi, mars 1 2014

Moscou vue de la cathédrale du Christ st Sauveur

"Et voilà la surprise promise: il suffit de prendre au choix, l'ascenseur ou l'escalier, et 40 mètres plus haut nous découvrons Moscou"

Ceci est le billet commencé un soir début décembre quand j'étais enfin arrivée à accéder à  mon tableau de bord. Comme il était tard j'ai remis la suite au lendemain.
Et alors mon mot de passe fut à nouveau rejeté.
Pire: l'hébergeur de mon blog me dit que je n'existais pas.

Noël arrivant, je fus fort occupée par la préparation des cadeaux; puis par la fête elle même et la joie des réunions familiales.
Ensuite vint le temps de m'angoisser, puis de profiter, et ensuite de me reposer: papa Noël avait, pour moi, dans sa hotte, quelques jours en Islande.

Et me revoilà.

J'ai eu le temps de réfléchir... Je ne finirais pas ce billet: en haut de la cathédrale du Christ st Sauveur il y a un panorama de la ville de Moscou sur 360°.
Pourquoi je ne publierais rien de ce que j'avais prévu? Parce que le tri des photos est long à faire; les commentaires vont me demander un temps fou car, bien sur, j'ai perdu la feuille sur laquelle j'avais noté les prémices de ce que j'avais pensé écrire et montrer; et comme cela fait plus de deux ans et demi que j'ai effectué ce voyage, mon vieux cerveau a effectué un certain déstockage.

Et surtout parce que ce travail semi-scolaire m'ennuie profondément ce qui pour moi n'était pas l'objectif lors la création involontaire de ce blog.
De plus je suis prête à parier que voir Moscou de haut n'a jamais fait partie de vos rêve les plus fous. J'oserais même écrire que vous vous en fichez totalement.

Je vais toutefois clore ce séjour moscovite (faut toujours finir d'une manière ou une autre un travail commencé) en répondant à une question que j'ai entendu il y a peu: non les locataires du Kremlin ne roulent pas en Lada ou alors celle là s'est nettement améliorée depuis que j'ai laissée tomber la mienne:


La suite de ce blog? Des petits billets spontanés, plus fréquents; des coups de gueule; des coups de plaisir, des coups de n'importe quoi, des coups quoi...
Bref je reviens à mes fondamentaux: me faire plaisir, ce qui est le meilleur moyen de vous faire plaisir.
Pour l'érudition il y a wikipédia.

Enfin...si mon hébergeur le veut bien et se souvient que JELAIPA ELLE EST LA.

mardi, août 20 2013

Moscou: Cathédrale du Christ St Sauveur

Faire, défaire et refaire c'est toujours travailler!
Voici l'histoire de cette cathédrale...Oui je sais, j'avais dit que je ne ferais plus de recherches, et qu'il n'y aurait plus, sur ce site, que des photos avec des commentaires idiots.

Mais il faut reconnaitre que l'Histoire est parfois plus idiote que moi!

La construction de la cathédrale du Christ-Sauveur a démarré en 1839 à la place de l'ancien couvent de femmes St Aleg sur la colline Alexievski, face au Kremlin, et ne fut achevée qu'en 1883 c'est à dire 43 ans plus tard.
La décision fut prise par Alexandre 1er (1777-1825) pour remercier Dieu d'avoir délivré Moscou de la Grande Armée de Napoléon en 1812.
Son édification commença seulement sous le règne de Paul 1er, continua sous Alexandre II pour se terminer sous Alexandre III. Bel exemple de continuation.
Elle devint le centre de l'orthodoxie Russe à partir de 1917 grâce à l'installation du siège du Patriarcat en son sein.
Politique et religion étant souvent mêlées (et quoique puissent penser certains, cela ne concerne pas seulement l'Islam), la cathédrale fut entièrement rasée (plus précisément dynamitée)  en 1931 sur décision de Staline qui prévoyait de construire sur cet emplacement un grand palais; mais la guerre contraria ce projet.
En 1958 le grand trou fut utilisé pour construire une piscine (NDLR: il y a une certaine logique puisque le travail était à moitié fait...).
Dans les années 1990, le maire de Moscou, Iouri Loujkov, décida la reconstruction de la cathédrale d'après les plans d'origine.
La structure de base fut réalisée entre1994 et 1997, sachant qu'avant il fallut, cette fois-ci, combler le trou laissé pas la piscine Moskva ...Elle fut consacrée en 2000.

Allez, suivez moi:


Petit honneur à Alexandre II sous le règne duquel se termina la première mouture de cet édifice...

Monument érigé en 2005.

En souvenir de la piscine?

Mais revenons à notre sujet:


Petit zoom; je ne sais pas pourquoi je l'ai fait, mais cela vous montre mes capacités...


Capacités qui n'ont aucun lien avec la photo ci dessous:


Ceci dit nous attendons notre guide et on commence à s'ennuyer!



Et nous, on n'a même pas de graines à casser!

Alors ça vient?


Enfin la visite peut commencer.
Tout n'est pas photographiable, notamment le religieux.
Mais si la cathédrale a été reconstruite selon les anciens plans, il y a quelques modifications, dont le sous sol qui n'existait pas; manière intelligente de profiter un peu du trou...




Belle descente, n'est-il pas?
Où cela nous mène-t-il?

Vers une super salle de conférence de 1300 fauteuils

Quatre fois par an environ, les instances religieuses s'y réunissent.
Entre temps elle est louée pour des concerts.


Mais cela reste quand même un bâtiment religieux avec ses gourous ...

J'aime les beaux paysages, donc je ne résiste pas:

Et si c'était mieux dans le noir:


Normalement le prochain billet terminera notre voyage moscovite et vous aurez du paysage (si j'arrive à faire des choix parmi mes photos); sinon au pire il y aura plusieurs billets, car cette cathédrale nous réserve encore des surprises...

samedi, juillet 27 2013

Moscou, jour ixs: musée Pouchkine

Ce blog devient de plus en plus intermittent.
En fait je me suis piégée: après l'épopée américaine, qui m'a tant passionnée, je n'ai pas réalisé que le séjour moscovite n'était qu'un voyage touristique traditionnel; tout ce que je vous montre ici se trouve dans n'importe quel guide.
Et me voilà en train de jouer les profs, moi qui n'ai jamais eu cette vocation.
Je crois bien qu'en agissant ainsi je m'ennuie encore plus que je ne vous ennuie, et perds toute spontanéité.

STOP!
Virage à 180°...

Fini de raconter l'Histoire, mes photos servant d'illustration.
Dorénavant mes photos seront les stars et je m'amuserai à les commenter au gré de ma fantaisie et surtout à l'aide de ma mémoire trouée.
A vous de vérifier ensuite sur l'internet si j'invente ou dis vrai. 

Le jour où nous avons visité le musée Pouchkine j'avais très peur car nous avions 2 musées d'Art au programme: le matin la Galerie Trétiakov et ses icônes; le musée des beaux-arts Pouchkine l'après midi. Je trouvais la journée un peu déséquilibrée et craignais l'ennui.
Je ne vous parlerai pas de la visite du matin car je n'en ai aucune photo, mais j'ai abordé  laborieusement, ici, le thème des icônes.
Après un repas frugal, fait de ce que nous avions prélevé sur les tables du buffet du petit déjeuner, nous voilà en partance vers le musée Pouchkine.

Pour ce nous devions traverser la moscova.


En Chine, fin 2009, j'avais découvert cette manie des "cadenas" sur la grande muraille. Depuis j'en ai découvert sur les ponts de Paris. Je ne sais pas quel pays a lancé cette idée? Mais à Moscou ils ont carrément fabriqué de faux arbres pour les accrocher:

Parait que cette journée était consacrée à l'art...

Nous finîmes par arriver dans la rue du musée. Au loin une queue sans fin. Je me sentais déjà défaillir à l'idée d'attendre sous ce soleil. Il faisait sacrément chaud et épuisée par avance, je n'ai pas pris de photos. Dommage car ce qui faisait se précipiter les russes en ce lieu était une expo sur Dior; et s'il s'agissait bien du musée Pouchkine, ce n'était qu'une annexe consacrée aux expositions temporaires.

Maintenant imaginez que vous visitiez le musée d'Orsay en privé, sans faire la queue pour entrer, sans bousculade:


Allant ainsi de salles en salles:


Derrière cette sculpture vous apercevez un Bernard BUFFET

Et au hasard (c'est à dire choisi parmi mes photos les moins ratées):

Le boulevard St Michel par Jean François RAFFAELLI

La danse d'été par BONNARD

Et un flamboyant MATISSE

UTRILLO, rue du Mont-Cenis à Montmartre


Et un DERAIN

Suivi d'un LHOTE


Un LURCAT en Afrique

Il serait dommage d'oublier PICASSO


Moins connu par moi, j'aime bien Amédée OZENFANT

Celui là vous l'avez reconnu: le douanier ROUSSEAU

Si vous aimez l'art populaire je vous conseille la "Halle St Pierre" à Paris;il y a souvent des expos sympas...

Bon on va finir par du lourd au sens propre: dans l'ordre une sculpture de BONDUELLE et une de RODIN:



Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Ce n'est qu'un petit aperçu des trésors de ce musée. Mais quel plaisir de pouvoir s'y promener détendue. De plus les gardiennes étaient plus agréables que les horribles matrones du Kremlin!

dimanche, juin 9 2013

Moscou, jour4: le Kremlin

Coucou... Nous revoici à Moscou; je peux vous dire qu'en mai 2011 il y faisait très chaud...
Et oui! C'était il y a deux ans et je réalise le retard pris dans mes narrations à force de paresser.
Il faudrait que ce blog s'écrive à la voix...Au risque que vous décrochiez, fatigués par un trop plein de lecture!

Alors Moscou jour 4?
Si le jour 3 fut chargé avec la visite du parc Kolomenskoï, la cathédrale St Basile (et ses icônes), sans oublier le cirque de Moscou et une (trop) longue soirée à contempler la place rouge la nuit (dont vous avez déjà vu des photos deci-delà); le jour 4 n'a rien à lui envier puisque outre le Kremlin, nous visiterons la cathédrale St Sauveur, puis passerons une soirée qui se voulait shopping rue Arbat pour finir dans un restaurant Ouzbek avant de prendre le métro.
Mais ces deux derniers points ont été regroupés dans le billet concernant la rue Arbat...

Le Kremlin mériterait à lui seul plusieurs billets.
Un proverbe russe dit: "au dessus de Moscou, il y a le Kremlin et au dessus du Kremlin il n'y a que le ciel".
Cette ancienne résidence des tsars russes comprend un ensemble de palais et de cathédrales dont les plus anciens datent du XIème siècle.
Il restera fermé au public jusqu'à la mort de Staline en 1955.
Aujourd'hui, le Kremlin est également la résidence du Président de la Fédération de Russie.
Mais aussi un état major pour les principales administrations de la Fédération de Russie et un espace de divertissement avec un immense centre culturel pour les plus grands spectacles du Pays.



En rouge vous avez l'enceinte avec des tours, dont chacune a un nom dont je vous fais grâce...
Nous sommes sur la place rouge et à gauche vous apercevez la cathédrale St Basile que vous connaissez maintenant très bien.
A droite le musée de l'histoire.
Toujours à l'extérieur, au milieu, le mausolée de Lénine juste devant la tour du sénat; et derrière cette tour, dans  l'enceinte, le sénat (avec mon super sens de l'orientation j'espère de pas vous induire en erreur!).

Nous avons commencé par visiter le palais des armures (n°13 tout à fait au fond): photos interdites et je n'aurais jamais osé enfreindre cette règle vu les gardiennes de l'ère stalinienne qui surveillaient ce musée: pour avoir osé poser notre postérieur sur une mini marche nous avons juste eu le temps de nous relever en vitesse sans pour autant éviter les invectives d'une grosse matrone furibarde! Effrayante!
Dommage car le musée est fort intéressant puisque n'y sont pas seulement exposées des armures, mais aussi des carrosses, des traineaux, des costumes etc...En fait il abrite les trésors amassés par les princes et les tsars au cours des siècles (lien)

Après la visite du musée nous nous sommes dirigés vers "la place des cathédrales" (sur le plan tous les bâtiments que vous voyez en blanc).
Les premières églises en pierre furent démolies dans les années 1471 et remplacées par un magnifique ensemble de cathédrales et d'églises.

Il est temps de passer aux photos:



Nous sommes donc devant la place des cathédrales: à gauche une vue latérale de la cathédrale de l'Annonciation; au milieu, derrière l'arbre, on entre-aperçoit la cathédrale de l'Assomption; et à droite la cathédrale de l'Archange-Michel. On ne la voit pas sur cette photo, mais dans un renfoncement, derrière la cathédrale de l'Annonciation, se trouve l'église de la Déposition-de-la-Robe-de-la-vierge; de même qu'à droite de la cathédrale de l'Assomption, un peu en arrière se cache l'église des Douze-Apôtres.
J'espère que vous n'êtes pas perdus: mais imaginez combien il me fut difficile ces derniers jours de m'y retrouver, deux ans après avoir pris toutes ces photos, tout en notant les explications de la guide et en essayant de manger le petit en cas préparé le matin; seul repas prévu avant le soir!

Quelques précisions? En voilà:

La cathédrale de l'Annonciation: Construite entre 1484 et 1489; elle fut reconstruite en 1547 à la suite d'un incendie.


L'architecture est typiquement russe.
La porte sur la première photo est due à Yvan le Terrible, qui après son quatrième mariage fut excommunié et ne pouvait donc plus assister aux offices; d'où cette porte grillagée lui permettant de suivre la cérémonie de l'extérieur.
A l'intérieur y sont exposées de nombreuses icônes de l'école Russe.

La cathédrale de l'Assomption:
le métropolite Pierre avait prophétisé: " Si Yvan fait bâtir une église en l'honneur de l'Assomption de la Vierge, la Russie rassemblera autour d'elle toutes les terres russes"; . A partir de 1470 Yvan eut alors le désir d'en faire un symbole de puissance et entreprit pour cela des travaux pour la rendre impressionnante.

Derrière, à droite, vous apercevez l'église des douze-apôtres.

La cathédrale de l'Archange-Saint-Michel:
construite en 1505-1508, ce fut la dernière grande cathédrale construite au Kremlin. Son architecture est inspirée de la renaissance italienne. On y trouve toutes les sépultures des tsars jusqu'à Pierre Le Grand.


L'église de la Déposition-de-la-Robe-de-la-Vierge:
construite en 1484-1485 elle devait constituer une opposition à l'influence italienne par un style spécifiquement russe.


Entre l'église de la Déposition-de-la-Robe-de-la-Vierge et La cathédrale de l'Archange-Saint-Michel  on découvre le clocher d'Ivan-le-Grand:
commencé en 1502, le troisième étage fut construit en 1600; il contient 21 cloches et il est le monument le plus haut de l'ancienne Russie; 81 mètres de haut et une vision à 30 km.


Durant la période communiste ont disparus: le monastère du Miracle et le monastère de l'Annonciation; l'église St-Constantin-et-Ste-Hélène.

Au pied du clocher d'Ivan-le-Grand se trouve la plus grosse cloche du monde: "la cloche Reine" fondue entre 1733 et 1735; elle pèse 202 tonnes, est haute de  6,14 mètres et son diamètre est de  6,60 mètres; son battant pèse 6 tonnes. Lorsque le Kremlin prit feu en 1737 on arrosa la cloche d'eau froide: résultat un "petit" morceau (de 11 tonnes) se détacha; il fait la joie des touristes.


Le canon ci dessous date du 16ième siècle. Il n'a jamais servi car étant donné la taille et le poids du boulet il avait toutes les chances d'exploser! Il servait juste à faire peur en cas d'attaque...


En sortant nous avons une petite vue sur l'arsenal:


L'arsenal fut commandité par Pierre le Grand et terminé en 1736.
L'armée de Napoléon le détruisit partiellement en 1812.
Ce nouveau bâtiment, de style néo-classique fut achevé en 1838 et servait à entreposer armes et munitions.
Environ 750 canons sont alignés dehors dont quelques uns pris aux troupes napoléoniennes.
Derrière la personne qui a pris cette photo (on se demande qui?) nous découvrons:

Le Palais des Congrès: seul édifice moderne au sein du Kremlin.



Il date des années 1960 et jusqu'aux années 1980 il servait au congrès du parti communiste.
Depuis il est transformé en salle de conférence et en salle de concert; d'après notre guide, les fauteuils sont très confortables mais l'acoustique laisse à désirer.
Voilà, nous avons fait le tour, puisque ce palais des congrès est érigé à l'endroit où se trouvait le 1er Palais des armures, début de ce billet...

dimanche, avril 21 2013

De la Walkyrie à Siedfried...

Bon! Je ne suis pas une mélomane aguerrie mais une curieuse invétérée...
Sachant cela papa Noël m'a offert 3 spectacles (ses aides me gâtent toujours beaucoup et à bon escient): un one man show  (Gaspard Proust) qui m'a aidée à finir l'année; une pièce de boulevard avec, entre autre, isabelle Mergault, que la neige m'aurait fait rater si le père Noël n'était pas repassé quelques jours plus tard; et la Walkyrie à l'opéra Bastille au mois de mars.
N'ayant jusque là assisté qu'à des opéras de Mozart, j'étais, pour le coup, plutôt anxieuse. Wagner c'est du "gros" et ce ne sont pas les quelques extraits entendus, et que j'avais aimés, qui suffisaient à me rassurer...
Encore moins lorsque j'ai découvert la veille au soir  que la séance durerait de 14h à 19h!
Mais à cœur vaillant rien d'impossible, et puis un cadeau ne se refuse pas.

J'en suis revenue enthousiasmée! Au passage, pour ceux qui seraient effrayés par 5 heures de spectacle: l'opéra ne dure qu'un peu plus de 3 heures; entrecoupé de 2 longs entre-actes.
Assister à un spectacle vivant, dans une salle à l'acoustique idéale, où l'orchestre mené par un des meilleurs chefs de sa génération (Philippe Jordan), ne couvre pas la voix des chanteurs; lesquels se sont montrés aussi  de merveilleux acteurs, suscite une émotion que j'ai rarement éprouvée aussi intensément.

Dés le lendemain matin, après avoir ouï au réveil  sur France-Inter un panégyrique sur ce chef d'orchestre, je me suis précipitée sur internet et ai réservé des places pour les épisodes 3 et 4 (soit "Siegfried" et "le crépuscule des Dieux"; sachant que j'avais raté le 1er épisode de cette tétralogie qu'est  "l'anneau du Niebelung" ).

Je pars donc le 7 avril, sans crainte et remplie d'enthousiasme vers la Bastille: en passant j'admire les derniers coureurs du marathon de Paris; les plus courageux, car ce n'est pas drôle d'être en queue;



Puis un petit tour sur le marché du Boulevard Richard Lenoir

Avant d'aller me régaler d'un croque-monsieur maison, dans une brasserie d'habitués du quartier.

Et me voici prête pour un après-midi de rêve:



Pour moi, Siegfried, c'était l'histoire d'un jeune homme qui pour venger ses parents morts, forgeait son épée et allait, comme le prince charmant, réveiller "la belle au bois dormant", c'est à dire Brünnnhilde , la Walkyrie, fille du Dieu Wotan, et demie sœur des Walkyries.

Dans l'épisode 2 son père l'avait endormie, en la protégeant derrière une barrière de feu.

Le premier acte de Siegfried est présenté, dans le livret à disposition, comme un spectacle se rapprochant de l'opéra comique!
Mais de là, à nous montrer Siegfried comme un ado pataud, en pleine crise d'adolescence, qui arrive à me faire prendre en pitié son père adoptif Mime, avant que je ne le découvre fourbe lors du deuxième acte, est peut-être excessif. Le metteur en scène va jusqu'à faire renverser par Siegfried un plat de pâtes sur la tête de Mime!  Aucune élégance non plus lorsqu'il forge l'épée...
L'interprète sera fortement applaudi pour sa performance de sale gosse. Mérité car il était tout à fait convainquant dans ce rôle.

Malheureusement, à mon avis, mal dirigé, il n'arrivera pas à en sortir pour devenir le "Prince charmant" attendu au troisième acte.
Dés l'épreuve du feu, qui aurait du et pu être un moment fort du spectacle (comme, par exemple, l'initiation lui permettant de passer du statut adolescent au statut adulte), j'ai été déçue.
Le metteur en scène par une ruse absurde, l'a installé dormant sous une couverture sur des marches, au delà des flammes... A deux pas de Brunnhilde.

De fait jusqu'au bout de cet opéra, Siegfried sera représenté comme un guignol et non un héros.
Seule la musique me consolera, ainsi que les voix des chanteurs (Siegfried compris).
Au point que pendant la fin du dernier acte j'ai fermé les yeux et me suis focalisée sur le son; voir cet ado en pantacourt et chaussettes rayées s'écrier "oh! une femme" d'un air surpris et niais, alors qu'il dormait à côté d'elle et était venu pour la délivrer; le voir hésiter entre amour et désir lubrique (à plat ventre sur une sorte de table!?!)... Tout cela était trop insupportable.

Ne plus bénéficier de la traduction du texte n'était pas gênant, dans la mesure où les phrases, tout au long du spectacle, furent affichées en retard ou soudain par deux: même moi, apte à la lecture rapide, n'avais pas le temps de les déchiffrer.

En temps que néophyte j'ai hésité à écrire ce billet. J'ai finalement osé car j'ai trouvé sur le net d'autres personnes semblant aussi surprises que moi.

Était-ce un signe?
Pour "la Walkyrie", avant le spectacles des gens cherchaient des places à acheter...
Pour "Siegfried" il y avait dehors, beaucoup de personnes qui cherchaient à revendre des places...

J'espère que le metteur en scène se sera ressaisi pour le "crépuscule des dieux" d'ici le mois de juin?
Car pire que ce que je vous ai décrit jusque là: lors de "la Walkyrie" nous avions des combattants nus qui se promenaient sur la scène.
Pour "Siegfried" ils étaient, bien que nus, peinturlurés en couleurs camouflages!
Oui, je confirme: il faut vraiment qu'il se ressaisisse...

samedi, mars 30 2013

Moscou: Icônes

Mais qu'est ce qui m'a prise de vous promettre un billet sur les Icônes alors que je n'ai pu en photographier aucune?
Non pas qu'il n'y ait rien à en dire: au contraire! Non seulement j'en ai vues beaucoup, mais depuis j'ai assisté à une série de conférence donnée par madame Elisabeth Yota dans le cadre de l'université inter-âge de la Sorbonne sur le thème de "l'art Byzantin"; ce qui n'est pas sans lien avec les icônes moscovites.

Le plus simple est de commencer par la définition du mot "Icône":

J'ai été très étonnée de ne pas trouver le mot "icône" dans le petit Littré en 3 tomes datant de 1967; on n'y peut lire que les définitions "d'iconoclaste", "iconographie" etc...où seul le mot "image" au sens large est employé.
Ce qui est tout à fait logique puisque l'origine grec du mot Icône (eikon) signifie justement "image".
Par contre pour le petit Larousse (édition 2004) il s'agit bien "d'une image sacrée dans les églises de rite chrétien oriental".
Le "grand atlas universalis des religions" (1988) précise: "qu'une peinture reste une icône à partir du moment où il y a un personnage saint, avec un nimbe et signé (...) Avant le 17ième,seuls les moines pouvaient créer des icônes".
(La nimbe est, dans l'iconographie, un cercle lumineux placé autour de la tête du Christ et des saints.)
Si par contre on sort de l'histoire religieuse pour rester dans l'histoire de l'art: l'icône est un objet portatif petit ou moyen sur lequel sont représentés des sujets sacrés; qu'il s'agisse de personnes, de scènes de vie, de la nativité etc...L'usage peut-être privé ou publique.

Origine des icônes:

Les premières icônes dateraient du 4°siècle ce qui semble cohérent puisque c'est en l'an 325 que le premier concile oecuménique de Nicée, reconnaissait une responsabilité particulière à l'église de Rome dans la sauvegarde de la doctrine orthodoxe.
Mais aucune icône de cette période ne fut retrouvée. On sait que dés le 4°siècle l'église commence à s'inquiéter de l'idolatrie qui peuvent engendrer les représentations de Dieu. Le problème se pose alors pour l'image du Christ: est-il un Dieu ou une divinité? Il est interdit de représenter Dieu

A ses débuts l'église s'est reposée sur les anciennes croyances pour s'installer. C'est ainsi que l'image de Zeus a parfois inspiré le portrait du Christ sur les premières icônes. De même il n'a pas toujours été barbu tel que représenté depuis des siècles
Les premières icônes retrouvées datent du 6° siècle (soit 2 siècles après leur supposée invention) et font partie de la collection du monastère Sainte Catherine du mont  Sinaï comme ci-dessous "le Christ Pantocrator" qui serait la plus ancienne connue à ce jour:

Le Christ bénit de la main droite et indique la route à suivre, tenant son évangile dans la main gauche.

Un Christ plus emblématique est le Christ "Acheiropoietos" qui signifie "pas peint à la main". Selon la légende il aurait essuyé son visage avec un drap.
En cherchant sur le net j'en ai trouvé plusieurs représentations différentes:

dont celle ci qui daterait des années 1100 et se trouve dans la galerie Tetriakov à Moscou

Ce qui nous permet de revenir en Russie et son Histoire religieuse

En 553 le deuxième concile œcuménique des églises orientales, dit concile de Constantinople, fut un concile de rupture avec l'église romaine. Je vous passe les détails, mais pour faire reconnaitre sa primauté Constantinople se désigna comme "Nouvelle Rome".
En 987-988 le prince Vladimir fit adhérer au Christianisme un nouvel Etat  créé sur les bords du Dniepr avec comme capital Kiev et dont le nom était Rous'
Sautons maintenant encore quelques siècles: les églises orientales étaient régies par une "Pentarchie" (c'est à dire 5 patriarches) dans l'ordre: Rome,  Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem. 
Rome  étant de fait exclu en tant que siège des églises orientales, on en est venu à reconnaitre comme élément de la pentarchie le patriarcat de "Moscou et toutes les Russies" institué en 1589. (j'ai beaucoup résumé...)

Et donc pour en venir à notre sujet, la vénération des Icônes est pour les orthodoxes un dogme de la foi.  et on en trouve dans toutes les églises.
Les premières apparaissent en 988, dés l'adhésion au christianisme.
Une des plus anciennes et des plus célèbres est "la Vierge de Vladimir" maintenant exposée dans la galerie Tetriakov:

La vierge de Vladimir est une Vierge Eleoussa ou de la tendresse: le visage de la mère est proche de celui de l'enfant. Jésus est sur le bras droit et le pied gauche de l'enfant est retourné.(pour plus d'explications cliquer sur le lien)

L'âge d'or des icônes russes se situe au moment de l'unification de l'Etat russe (aux 15° et 16° siècle) où l'école de Moscou devient une des plus prestigieuse grâce à 3 peintres: Théophane le Grec (moine  formé au mont Athos et à Constantinople), Andreï Roublev son élève et Dionissi un laïc d'origine noble.
Chaque icône se doit d'être différente.

Au 17°siècle l'art occidental influence l'iconographie et l'uniformise peu à peu.

Avant de vous mettre des liens vers 2 sites  sur lesquels vous découvrirez des icône russes, quelques clés de lecture découvertes dans le guide vert édition 2010 et résumés ici:

Les visages: sont basanés(rappel de la terre) et sont de face sauf ceux qui ne sont pas des saints et qui sont de profil.
Le corps est allongé
Les fonds dorés symbolisent le rayonnement terrestres des saints représentés.
Rouge et pourpre sont les symboles de la divinité
Vert et bleu le symbole de tout ce qui est terrestre

Et voici 3 liens

Quelques images de l'intérieur de la cathédrale St Basile ici

Une expo datant de 2010 sur "la sainte Russie à l'honneur au Louvre"
Qui n'est qu'un petit morceau de ce site pour ceux qui veulent en savoir encore plus:vous n'avez plus qu'à naviguer...

En tous cas aucune promesse pour le prochain billet: j'ai trop ramé pour celui là et sans chocolat je serais toujours devant ma page blanche à me demander par où commencer.

Pour ceux qui veulent faire des commentaires (hélas trop peu nombreux) je filtre mais vérifie tous les jours. De préférence évitez les pseudos ressemblant à une pub anglophone (n'est ce pas jeveupa...) car j'en reçois plus de 50 par jour et je ne voudrais pas rater votre prose si rare...

mercredi, mars 13 2013

Moscou, jour3: cathédrale Basile-le-Bienheureux extérieure

Cette cathédrale, fut construite sur ordre d'Ivan le Terrible, entre 1552 et 1561 pour commémorer sa victoire définitive sur les tartars, par la prise de la ville de Kazan, le jour de la fête orthodoxe de l'Intercession de la Vierge.
Fête qui aurait été instituée en 1164 par le Prince Andreï Bogolioubski. Comme la plupart des célébrations religieuses créées, elle coïncidait avec des fêtes païennes comme ici la fin des travaux des champs; par conséquent elle était très prisée par le peuple.

La nouvelle église est officiellement baptisée "Cathédrale de l'Intercession-de-la-Vierge"; mais elle est généralement désignée sous le nom de Saint-Basile-le-Bienheureux en souvenir d'un ascète, simple d'esprit, dont les restes sont enterrés à l'intérieur. Elle comprend 9 chapelles, la dernière ayant été construite pour Basile le Bienheureux. 

(Basile le Bienheureux
ou Vassili (connu aussi comme saint Basile, Basile le fol en Christ ou Basile le Béni, en russe Васи́лий Блаже́нный) est un saint de l'Église orthodoxe russe né de parents serfs en 1469 à Elokhovo, près de Moscou. On situe son trépas en 1551, ou le 2 août 1552 ou en 1557, à Moscou. Il fut canonisé vers 1580. Il est fêté le 2 août.)Source Wikipédia

La légende dit qu'Ivan le Terrible fut si émerveillé par la beauté de l'édifice qu'il fit crever les yeux de son auteur pour que l'artiste ne put plus jamais reproduire un tel chef d'oeuvre...

Mais place aux photos:



En 1583 les dômes d'origine en forme de casque, furent, à la suite d'un incendie, remplacés par des bulbes striés ou à facette. Ce n'est en 1670 que les dômes ont été peints de multiples couleurs. Auparavant l'église était rouge et blanche avec des dômes dorés.
Le dôme bleu et blanc est celui de la chapelle St Cyprien, fêté le 2 octobre, le lendemain de l'assaut final.


Le plus haut clocher coiffé d'un chatior éclaire la chapelle centrale de l'Intercession, par ses vitraux.


Quelques gros plans:



Et la photo à ne pas prendre:


Vive la fée électricité...

La nuit on est sauvé!





Et pour ceux qui veulent plus de précision, c'est ici!

Les photos étaient interdites à l'intérieur de l'église, mais je vous dirais 2 mots sur le musée d'Art Historique et les icônes la prochaine fois (avec quelques liens et peut-être 1 ou 2 photos...)

dimanche, mars 3 2013

Que devient Philibert?


Petit intermède après un long silence. Je ne sais pas résister aux sollicitudes de la vie réelle et de mieux en mieux installée dans ma retraite les appels de l'extérieur ne manquent pas.
Sans oublier la famille qui est et sera toujours ma priorité: apprendre à maitriser mon nouveau smartphone en envoyant des photos; tout lâcher pour répondre en direct sur skipe et même plancher sur des textes manuscrits, en allemand gothique, pour soutenir des recherches généalogiques...Merci à mes enfants qui m'évitent les inscriptions aux "remue-méninges" pour vieux: ils s'en chargent eux mêmes et je suis assez masochiste pour aimer cela!

Vous souvenez vous de ma rubrique: "Philbert et l'art décalé" (cf catégorie ci dessus ou en bas à gauche) ?
Et bien Philibert est aussi en retraite depuis quelques mois.
Je ne sais pas pour lui, mais quand je suis partie en retraite j'ai ressenti à la fois de la joie et de l'angoisse.
On a beau en rêver pendant des années, quand elle arrive on sait que l'on quitte un monde et surtout des gens qu'on reverra très peu malgré nos promesses réciproques.
En même temps finies les contraintes, le réveil qui sonne: la vie s'ouvre devant nous. On va pouvoir faire tout ce que nous n'avons pas pu faire jusque là.
Oui mais oups! Par quoi commencer à part remettre un peu d'ordre dans la maison ce qui n'a rien d'affriolant?

Pour en revenir à Philibert, en tant qu'artiste il n'a pas pu échapper à certains questionnements: comme vous l'avez remarqué sur les billets précédents il est passé de la peinture-collage à la sculpture (comme le chat). En fait déjà en 2004:




En 2011 il peint sur l'immeuble du centre culturel:



Cette hiver il s'est lancé dans des mini cartes (8cmX8cm) qu'il vendait par mini paquet; quelques exemples:







Parmi les dernières photos (et je suppose oeuvres les plus récentes) reçues?




Et maintenant, que nous prépare-t-il? 

(ceci dit,si quelqu'un veut l'exposer, il est preneur...)




Sinon ne perdez pas espoir: sur ce blog bientôt (?) la cathédrale Saint Basile le Bienheureux; cela fait plusieurs semaines que j'ai choisi les photos! Alors hein...

Quant aux chercheurs de fautes d'orthographe et/ou de grammaire: Grand Fiston étant reparti de par le monde, vous allez, à nouveau, pouvoir vous en donner à coeur joie!

mercredi, janvier 16 2013

Moscou, jour3: Le cirque Nikouline


Titrer "jour3" alors que cela fait presque 3 mois que je n'ai rien écrit sur Moscou ce n'est pas très sérieux. Mais mieux vaut tard que jamais d'autant que je ne suis que partiellement responsable de ce décalage: longue panne France Télécom, puis thalasso, puis fêtes familiales etc...
Et cætera? S'il est difficile de reprendre le fil d'un travail interrompu, cela le fut d'autant plus que l'après midi de ce troisième jour fut chargé: après la visite facultative du parc Kolenskoïa le matin, nous sommes passés à l'hôtel (excentré) vers midi chercher ceux qui n'avaient pas désiré profiter de l'option supplémentaire. De là nous sommes partis nous restaurer en ville.
Etaient prévus ensuite un spectacle de cirque, puis la visite de la Cathédrale Saint Basile et son musée, et pour finir la Place Rouge by night. Si l'activité fut dense, par contre peu de photos à vous présenter car interdites au cirque ainsi qu'au musée. Quant à celles de nuit, elles sont relativement nombreuses (2 heures à tourner en rond sur la Place Rouge...) mais peu intéressantes et ratées pour beaucoup car j'ai profité de ce long temps libre pour tester mon appareil photo: avec ou sans flash, automatique ou pas... Ceci dit il me semble vous en avoir déjà inclues quelques unes dans les billets précédents et vais surement continuer à les utiliser selon mon inspiration pour les prochains billets.

Ayant dans l'idée de vous présenter l'après-midi en sa totalité dans un seul billet, puisque peu d'illustrations, je me suis trouvée bloquée devant ma page blanche; heureusement, les chocolats digérés et le champagne cuvé me voici à nouveau les idées claires.

Aujourd'hui nous allons donc nous contenter du cirque!
Qui ne connait pas le "cirque de Moscou"? Sauf qu'il n'y a pas qu'un cirque...

En 1702 le tsar Pierre 1er fait construire un théâtre sur la Place Rouge où se produisent des acteurs et des clowns.

Depuis 1992, par décision gouvernementale, le cirque d'Etat est déclaré "Héritage Culturel" comme le théâtre Bolchoï.
Aujourd'hui Rosgoscirk, bureau officiel du cirque d'état de Russie, gère depuis Moscou 50 cirques stables et 15 chapiteaux, ce qui représente environ 3000 artistes et 15 spectacles à travers le monde.

Traditionnellement les artistes du cirque sont des enfants de la balle élevés dans la profession des parents. Il existe donc de nombreuses dynasties.
Mais en 1926 fut créée la première école du monde formant aux différents métiers du cirque.
Depuis elle est devenue "Ecole d'Etat du Cirque et des Variétés" qui délivre un diplôme d'état donnant le droit de se produire sous le label de "Cirque de Moscou".

Le Cirque Nikouline de Moscou:

Il fut fondé le 20 octobre 1880 par Albert Salamonski sur le boulevard Tsvetnoy.
C'est le premier cirque en dur de Russie.
Durant la seconde guerre mondiale il continua à proposer des spectacles.
Puis il fut démonté en 1985.



Reconstruit, il renait en 1989 sous la direction de Youri Nikouline, l'un des clowns les plus talentueux du cirque russe et grand acteur de cinéma.

Statue devant le cirque, représentant Monsieur Youri Nikouline descendant de voiture

Il le dirigera jusqu'à sa mort en 1997

Monument funéraire de Youri Nikouline veillé par son chien au cimetière du monastère Novodievitchi à deux pas du Kremlin.

Depuis son décès la direction a été reprise par son fils, Maxime Nikouline.
C'est dans ce cirque, qui dispose d'une salle de 2000 places et est reconnu comme l'un des plus novateurs, que nous avons pu nous régaler d'un excellent spectacle, précédé à l'entrée par une distribution de bonbons et même de médicaments (une pommade à frotter sur les pectoraux des bébés aux bronches encombrées...)!

Bon, à défaut de photos, un petit lien trouvé sur le net lors d'une prestation du cirque Nikouline à Bordeaux.

lundi, décembre 17 2012

Emigrés ou Emigrés?


Afin de vous faire patienter, le temps de mon voyage-retour à Moscou, un petit (tout petit) tour en Bretagne en guise de hors d'oeuvre...

Juste le temps de poser une question: pensez vous que le peuple érigera une stèle comme celle, ci-dessous, à tous les émigrés fiscaux qui débarqueront dans quelques années,sur nos plages, nos tarmacs et nos gares pour délivrer les pauvres contribuables du joug fiscal subi?
Joug que d'ailleurs ils "contribuent" (j'aime les ambiguïtés de la langue française) à alourdir en partant...Même si d'autres en restant ne se débrouillent pas mal non plus malgré leurs cris d’orfraie!


(Pour ceux qui auront du mal à lire l'inscription: "A l'aube du 27 juin 1795 les régiments d'émigrés foulent le sable des plages de Carnac").

A noter
: je n'y suis pour rien si c'est un menhir! D'autant que la photo a été prise bien avant "l'AFFAIRE" du siècle...

A vous de répondre! Et en connaissance de cause puisque l'histoire de ces émigrés là est ici.

lundi, octobre 22 2012

Moscou, jour3: domaine de Kolomenskoïe


Chose promise, chose due: mais entre les vacances, les pannes avec donc les travaux à organiser et les arrêts intempestifs de la liaison internet (comme par exemple dimanche de 14h à environ 18h), je peux écrire sans complexes que le retard de mon feuilleton moscovite a peu à voir avec ma paresse...

Aujourd'hui sortie facultative au "domaine Kolomenskoïe"; je ne regrette pas d'y avoir participé.  Sans guide, sans présentation préalable et livrés à nous même, la découverte de ce lieu fut une heureuse surprise. Et méritait plus que cette visite furtive.

La première mention du village de Kolomenskoïe date de 1339 (testament d'Ivan Kalita). C'est alors un village qui appartenait déjà à la Russie. Je vous fais grâce des différents épisodes; il suffit juste de savoir que, d'Ivan le Terrible à Catherine II, ce lieu, situé à 10 kms de Moscou, dans un méandre de la Moscova, a servi de résidence aux tsars. Aujourd'hui il fait partie de la ville de Moscou et il est possible de s'y rendre en métro (et si j'en crois mon guide vert, aussi en bateau mouche le WE).



Lorsqu'on sort de la station Kolomenskoïa, on entre dans le domaine par la"porte du St Sauveur" en bas à gauche du plan ci dessus:



Cette porte date du 17° siècle.

Les dignitaires,eux, venaient par la Moscova et entraient par "les portes du devant" dites aussi "de l'horloge", construites en 1662 et de l'autre côté du parc (le grand bâtiment au centre de la carte):


Vous pouvez remarquer deux portes de taille différentes ainsi que le veut la tradition en Russie: une pour les voitures et une pour les piétons. Le clocher est relié à une horloge et (quelle chance d'écrire un blog!) je découvre aujourd'hui que cette porte abrite aussi un "remarquable musée"...

Lorsque l'on arrive par la porte de St Sauveur, la première église que nous pouvons apercevoir est sur notre gauche
"l'Eglise Notre Dame de Kazan":


Cette église a été achevé en 1650 pour le tsar Alexis et est un des premiers exemple du style baroque. Ce que mes photos ne mettent pas en valeur sont les bulbes bleus étoilés surmontés d'une croix:

Elle est à nouveau ouverte au culte

En continuant notre chemin et en passant sous la porte du devant (je vous rappelle que nous ne savions rien de ce lieu et que nous avancions au hasard!) nous arrivons face à une tour: le clocher, unique vestige de "l'Eglise St Georges" construite aux alentours de 1550:


Une tour cylindrique est très rare en Russie. Encore plus rare: le sanctuaire qui occupe le rez de chaussée de la tour!

Derrière nous apercevons en blanc "la tour du faucon" construite en 1627 et qui après avoir abrité les oiseaux du tsar, fut équipée d'un système de pompage et utilisée comme château d'eau du palais.
Avec le toit vert, il pourrait s'agir du réfectoire du palais qui sur le plan apparait devant le clocher, la tour étant située plus à droite (affaire de perspective; ne m'en demandez pas plus, j'ai toujours eu des problèmes avec la géométrie de l'espace...).

Et nous arrivons enfin à "l'Eglise de l'Ascension" élevée en 1532 par Vassili III pour célébrer la naissance de son fils Ivan (futur "le terrible") et inscrite au patrimoine de l'UNESCO en 1994 comme monument historique:




Vous pouvez remarquer la tour à chatior (n'ai trouvé nulle part la définition de ce mot???) en pierre...

Et une petite vue d'ensemble avant de continuer notre périple:


Sur cette photo on remarque vraiment à quel point "l'Eglise de l'Ascension" est grandiose

Le domaine étant très boisé et la chaleur importante nous avons pris de petits chemins de traverses et sommes passés devant la "brasserie d'hydromel" (à gauche presque devant les "portes de devant")

Certains de ces arbres ont près de 600 ans...


Belle vue sur Moscou et la moscova...
Ce que nous ne savions pas c'est qu'en descendant un petit chemin plus bas nous aurions trouvé l'Eglise St Jean Baptiste construite sous Ivan le Terrible en 1547 pour célébrer son accession au trône...Mais en lisant le guide je crois bien que nous avons raté beaucoup de choses...
Il est temps de remonter vers notre point de ralliement; et ce fut un retour joyeux car quelques surprises nous attendaient encore  sur le chemin du retour!

Des sépultures?


Apparemment oui...Mais qui est enterré ici? Je n'ai pas trouvé...

Mais nous voici arrivés à" l'Isba de Pierre le Grand":


Ce cottage fut construit sur l'ile de Markhove lors de son voyage à Arkhangelsk pour superviser la construction de la forteresse de Novodvinsk situé sur le rivage opposé de l'ile
En 1710 il a beaucoup souffert de la glace et fut donc transporté dans la forteresse.
En 1761 un incendie le détruisit partiellement; il fut restauré.
En 1810 un abri en bois fut construit pour le protéger.
En 1877 on le transporta à Arkhangelsk et finalement
En 1934 il fut remonté à kolomenskoïa par des charpentiers russes et hollandais...

Comment pourrait-on la nommer: l'isba voyageuse? la valisisbask? la malisbask?
Et puis comme un lieu tel que celui là ne pouvait pas ne pas avoir de légende je vous ai trouvé une petite histoire: "l'icône rouge"

Finie la pause matinale: l'après midi va se continuer avec la cathédrale Ste Basile, une séance de cirque et la Place Rouge by night: les 2 premières avec photos interdites à l'intérieur et la dernière avec photos quelconques: donc surprise pour moi comme pour vous sur ce que je vais pouvoir vous raconter et montrer la prochaine fois!

dimanche, septembre 23 2012

Le festival "Visa pour l'image" à Perpignan


Pour la troisième année consécutive je suis partie début septembre du côté de Perpignan afin de visiter les différentes expositions composant "visa pour l'image".
Il s'agit d'un festival international de photojournalisme, où des photos-reporters nous présentent un évènement en plusieurs images et le moins de mots possibles.
Cette année nous en sommes à la 24ième édition et je regrette les 21 que je n'ai pas vues...

Ce sont souvent des images très dures, de guerres, de révoltes, de misères. Au hasard je dirais qu'un reportage sur dix est reposant...Et encore, n'ayant pas fait de statistiques précises je crains que mon optimisme naturel me joue des tours!

Mais j'ai trouvé pire dans Télérama en la personne de Luc Desbenoit qui sous-titre son article:
"virage à 180 degrés pour cette édition qui mise sur des images ultra léchées, belles et douces (...)"
Et que trouve-t-il pour illustrer son article: la photo d'une gamine de 11 ans obligée d'épouser un homme de 40 ans en Afghanistan; photo issue du reportage de Stéphanie Sinclair: "ces petites filles que l'on marie"...souvent dès leur 5 ans!
Il est vrai qu'il n'y a pas de sang comme dans le reportage d'Erika Larsen nous présentant "ces gens qui marchent avec les rennes", qui est apaisant même si de temps en temps on doit tuer un renne pour vivre...

Pour être juste cet article est publié dans la rubrique "art"...
Serait-ce l'ambiguïté du photo-reportage? Je connais des personnes de la région de Perpignan qui ne veulent plus visiter ce festival qui leur remue trop les tripes. Pour ma part je suis passée très vite devant certaines images de guerre; mais en même temps j'ai beaucoup appris.

Cependant, on ne se refait pas: je me suis surtout intéressée aux faits sociaux:

Les prisons: 2 reportages lors de l'exposition 2011

Valério Bispuri: "Voyages dans les prisons d'Amérique du sud" qui traite de la violence et de la surpopulation qui règne en ces lieux.
Fernando Moleres: "incarcération des jeunes en Afrique", où des gamins sont emprisonnés avec des adultes. Surpopulation, problèmes d'hygiène, harcèlement sexuel, manque de soins...

J'attends qu'un reporter sud-américain ou africain viennent faire un photo-reportage dans nos prisons...

La psychiatrie:

En 2011, Lu Nan nous présentait "Etat des services de psychiatrie chinois". Lu Nan avait pris ces photos entre 1989 et 1990, visitant 38 hôpitaux situés dans 10 provinces. On y voyait des malades enchainés, mal nourris et qui n'avaient des médicaments que si leurs familles pouvaient les payer...
En 2012, Robin Hammond expose "condamnés-La santé mentale dans les pays africains en conflit", où les hôpitaux se transforment en prisons et où les handicapés mentaux sont stigmatisés car considérés comme possédés. Ils sont attachés à leur lit, quand ils en ont un; sinon à un grillage et comme seul soin, des prêtres qui viennent les exorciser.

Il faut reconnaitre que chez nous les malades mentaux sont mieux traités: hospitalisés, parfois d'office, on les "stabilise" avec des médicament et ils peuvent rentrer chez eux...Même lorsqu'ils sont SDF, qu'ils n'ont pas de famille et que par conséquent ils oublient de renouveler leur traitement. S'ils ne meurent pas dans la rue ils commettent des délits, lors d'une phase de délire. Mais, manque de chance les experts psychiatres les examinent presque toujours lors de leur phase de lucidité...Et ils se retrouvent en prison au milieu des caïds...

Expulsion: un reportage en 2012

Sebastian Liste: "Urban Quilombo" ; ce reportage se déroule au Brésil, à Salvador de Bahia pour être précise. En 2003 des familles qui vivaient dans les rues dangereuses de cette ville ont occupé une chocolaterie désaffectée, en ruine. Petit à petit plusieurs douzaines de familles y vivaient et avaient créé un lieu de vie. Un microcosme où elles arrivaient à gérer, avec le soutien de la communauté, les problèmes de drogues, de prostitution et de violence...
Ces familles viennent d'être expulsées, sont dispersées; la scolarité des enfants est remise en cause...

Cela ne vous rappelle rien? Cherchez bien...

Bon, pas de photos sur ce billet! Pour le prochain je reprends mon visa pour Moscou, où vous aurez des photos soft (hélas pas vraiment artistiques) car je ne suis pas reporter et ne fait que du tourisme de masse....

mardi, août 14 2012

Bonjour Philibert et merci pour le "chat"


Et maintenant il fait aussi de la sculpture.
Cela fait un petit moment que je profite de cette oeuvre et je saisis l'occasion de ce billet (tardif), pour vous remercier de ce cadeau qui m'a fait bien plaisir.

Hé oui! j'ai égaré votre adresse mel...Voilà ma seule excuse!

Je vous présente "Sacha Chat":


D'un peu plus près:


Dans quelle matière est sculpté cet animal?



Un indice: que les instits en prennent de la graine...

dimanche, août 12 2012

Delphine de Vigan: "Rien ne s'oppose à la nuit"/ VS réseau sociaux


Voici un livre presque choisi par défaut: il me semblait en avoir entendu parler favorablement; donc, adhérente "France Loisirs" depuis le début des années 1970 pourquoi ne pas choisir celui là comme livre trimestriel...Depuis m'est revenu qu'il a été le vainqueur, catégorie roman, du prix 2012 des lectrices de "Elle".
Il est de bon ton ,en ce moment, de considérer avec beaucoup de mépris cet hebdomadaire. Et si je suis d'accord depuis quelques mois pour trouver que les articles n'ont plus la même qualité qu'auparavant, au point de songer à ne pas renouveler mon abonnement, moi qui le lis depuis mon adolescence; j'ai, par contre, rarement été déçue  à la lecture du livre gagnant ce prix (contrairement aux prix Goncourt, Fémina ou autres). De plus j'adore les livres et les sagas familiales.

L'histoire telle qu'elle est décrite en 4ième de couverture commence ainsi: "Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts et le retentissement du désastre."
Diantre!
Mais ce n'est pas tout: "aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence."
Je dois avouer que j'ai trouvé ceci un peu obscure, et me suis plongée dedans sceptique, ayant pris, à mes côtés  comme roue de secours une BD en ce jour où je me sentais un peu fatiguée.

L'HISTOIRE

Elle commence par la découverte de la mère décédée; très vite on comprends qu'elle s'est suicidée.
Au bout de quelques pages je vérifie sur la couverture qu'il s'agit bien d'un roman car Delphine semble raconter l'histoire de sa famille.
Il est bien indiqué "roman" sous le titre.

La première partie remonte à l'enfance et à la jeunesse de cette mère.
Mais bien que Delphine n'apparaisse pas dans cette partie, je suis certaine maintenant qu'elle parle de sa famille. Elle précise même combien il lui fut difficile de trouver certains éléments et comment elle a du enquêter avec persévérance pour recueillir un maximum d'informations.

Dans la deuxième et la troisième partie le "je" prend toute sa place et on ressent avec elle toutes les difficultés à vivre la folie de sa mère bipolaire. Les doutes, l'envie de fuir, l'envie de protéger, l'amour, la haine, la honte, l'angoisse jusqu'au moment où tout craque...Puis s'apaise, l'espoir...

L’ÉCRITURE

Si l'histoire de cette famille est prenante, ce livre est cependant beaucoup plus.
Pourquoi l'avoir publié comme roman et non comme biographie, ou auto-biographie?
Par honnêteté: elle n'a pas connu sa mère enfant; ce qu'on lui a dit l'a été par des personnes qui ne pouvaient pas être neutres.
De plus jusqu'où a-t-on le droit d'écrire sur d'autres personnes elles aussi impliquées? Ainsi du père, dont elle dit que chez lui elle a connu d'autre violences, différentes; et plus tard on apprend que la seconde femme de ce père s'est suicidée; sans autres précisions.
Pourtant ces éléments pourraient expliquer certains comportements de sa mère...
Elle a aussi demandé à ses oncles, tantes et à sa soeur si elles l'autorisaient à écrire ce livre.
Voilà pourquoi pour elle ce n'était qu'un roman, non seulement parce qu'elle ne savait pas tout; mais surtout parce que pour protéger les autres, et par respect, elle n'avait pas le droit de dire tout ce qu'elle savait.

Et maintenant pourquoi dans mon titre je parle des réseaux sociaux
?

Parce que lorsque je vois les précautions prises par l'auteure de ce livre j'ai toute de suite pensé à la facilité avec laquelle nous pouvions communiquer sur nos états d'âmes, au vu et au sus de tous.
Que ce soit sur les blogs, sur Facebook, ou sur Twitter la plupart des personnes que je lis, évitent de citer nommément ou de mettre des photos, des gens dont ils parlent.
Mais il m'est arrivé d'être gênée. Notamment par des blogs ouverts à tous, sur lesquels des parents fiers de leur progéniture, les exposent aux regards, sans protection.
Même si c'est de plus en plus rare cela arrive encore.
Je trouve que Delphine de Vigan nous donne à tous une belle leçon de respect de l'autre.

Sinon, cela faisait des années que je n'avais pas lu d'une traite, en une journée, un roman. J'en ai même oublié de manger le plat que j'avais mis à chauffer au micro-onde. C'est dire à quel point cette histoire m'a prise aux tripes.


dimanche, juillet 29 2012

Moscou jour2: église St Louis des Français & jardin d'Alexandre


Je ne comprends pas pourquoi, lorsqu'on fait un voyage en groupe, qu'il soit impossible que nous rentriions à l'hôtel en fin d'après midi? Parfois c'est pour des raisons de restaurant en centre ville, loin de notre hôtel...
Mais ce jour là, le temps passé au jardin Alexandre n'était pas indispensable, car hormis, justement ce jour là, il était obligatoirement et sans détour sur notre trajet.
D'ailleurs une partie des photos publiées sur ce billet ont été prises à un autre moment...La seule raison était sa situation à proximité de l'église St Louis; visite, elle, encore moins indispensable.
Ce qui ne va pas m'empêcher, avec ma logique imperturbable, de vous en parler! Et pas pour ne rien dire...

L'église St Louis des français:

Suite à un accord conclu avec la France le 31 décembre 1786, une liberté totale de confession est accordée aux sujets français en Russie.
Au lendemain de la prise de la Bastille, le vice-consul de France à Moscou obtient la permission de bâtir une église à Moscou.
Catherine II crée par décret "la paroisse de Saint-Louis-des-Français" et l'autorisation de construire est accordée le 5 décembre 1789 sur un terrain situé en plein coeur de la ville, dans le faubourg allemand.
Mais il faut trouver des fonds; son édification ne débutera qu'en 1830.
En attendant les offices sont célébrées dans la maison du vice-consul.
Le 24 novembre 1835 elle est consacrée par le vice-doyen  de Moscou (vice-consul/vice-doyen: que de vices pour une église......Qui ose me traiter de mécréante?) en présence de toutes "les autorités de la ville"...
L'église a plus ou moins bien survécu durant toute la période soviétique ainsi que vous pouvez, si cela vous fait plaisir,  le lire ici.
Depuis 1991 elle est à nouveau à la disposition de la paroisse française.

Pour nous y rendre nous sommes passés à l'arrière des locaux du KGB:




L'église n'a rien de particulièrement flamboyant.
Lorsque nous avons demandé l'objectif de notre visite on nous a répondu que c'était pour rencontrer des français qui seraient heureux de voir des compatriotes! Ils ont bien caché leur joie! Trop occupés à préparer la cérémonie de la Communion avec leurs enfants?
J'en garde un souvenir profond.......d'ennui!

Nous sommes entrés par le côté:



Vue de l'intérieur:


Et la seule photo que j'ai prise; c'est vous dire quel enthousiasme m'habitait:




Je n'ai même pas photographié le petit parc attenant à l'église où la plupart de nous attendait le top du départ assis sur un banc. Mais la joie est revenue en allant au:

Jardin d'Alexandre:

Comme vous l'avez deviné ce jardin porte le nom du Tsar Alexandre 1er qui présida à la restauration de la ville après les guerres Napoléonienne et l'incendie de Moscou en 1812.
Auparavant le Kremlin était difficile d'accès car entouré d'eau: on combla les fossés et on enferma la rivière Neglinka ( qui se jette dans la Moscova) dans une pipe souterraine. A sa place, dessinés par l'architecte Ossip Bove, furent construits les jardins du Kremlin. Ce fut après la mort d'Alexandre 1er en 1856 et l'intronisation d'Alexandre II qu'ils changèrent de nom.

Ce jardin est un lieu de promenade:






C'est aussi un lieu de fraicheur, avec des jets d'eau, des fontaines; les sculptures des fontaines, notamment la dernière, représentent des personnages de contes populaires:




Sur la photo ci dessus, ce que vous voyez en rouge au fond à droite, est un mini centre commercial.
C'est en buvant un verre en ce lieu que nous avons appris qu'on n'avait pas le droit d'accoler plus de 2 petites tables entre elles! Le gars prenait une grosse voix en nous montrant une pancarte écrite en cyrillique; nous ne comprenions pas pourquoi il était de plus en plus fâché quand nos yeux passaient de la pancarte à lui en ayant l'air de plus en plus ahuris...Finalement quelqu'un est venu à notre secours et nous a appris qu'il était formellement interdit de grouper plusieurs tables. Je ne sais pas si c'est seulement un règlement interne à ce centre commercial ou si c'est une loi Russe?  Je penche plutôt pour la 1ère version car à part 2-3 commerçants sympathiques l'ambiance n'était pas hyper cool. Mais il faut savoir que le soir il y a souvent de gros problèmes dans ce lieu, avec des groupes de jeunes ivres. Les bouteilles de vodka sont d'ailleurs sous clés dans la moyenne surface.



Un peu plus loin nous avons découvert une sorte de grotte; les autochtones glissent des pièces dans les interstices en faisant des voeux; si c'est de richesse, les touristes vous disent merci car c'est eux qui gagnent le pactole:




Le lendemain en arrivant au jardin nous tomberons sur la relève de la garde de la tombe du soldat inconnu: n'ayant qu'un petit appareil photo sans zoom de grande envergure et n'ayant pas le temps de m'approcher mes photos ne sont pas extraordinaires:






Mais ne reculant devant rien je vous ai trouvé, ici, une petite vidéo croquignolette, où vous verrez mieux que moi sur place.

Et puisque nous sommes dans le bon coin, voici 2 parmi les 10 stèles honorant 10 Villes-Héros sur 13, promues par l'ex Union Soviétique en hommage à la bravoure de leurs habitants pendant la seconde guerre mondiale! Je vous laisse lire par vous même le nom de ces villes:



Voilà, c'est tout pour aujourd'hui...

Demain sera un autre jour que nous commencerons par une promenade facultative au parc Kolomenskoïe: vous avez de la chance! Je me suis réveillée en pleine forme et malgré une nocturne prévue ai décidé de vadrouiller dès potron-minet...

- page 1 de 20